‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 519 sur 573 · CALENDRIERS. EXPLICATIONS DES SONGES · texte numérisé non relu

CALENDRIERS. EXPLICATIONS DES SONGES

découvertes sur les taches du soleil, cultivait également lastrologie '. Les chimères astrologiques pénétraient dans toutes les demeures ; les calendriers, les livres de planètes tenaient une place importante dans la lecture populaire. Princes, seigneurs, bourgeois, paysans croyaient se mettre à labri des revers de la fortune, des accidents, des maladies, de la mort, en observant attentivement les astres, en obéissant à une foule de prescriptions et de pratiques superstitieuses -.

Les songes étaient aussi considérés comme des présages certains de bonheur ou de malheur, et quantité de petits livres en donnaient la clef. Le livre intitulé : Instruction léridique et infaillible sur les songes et visions par lesquels l'homme est averti des événements qui se préparent, mérite une mention spéciale. Ce livre, pubHé par Gualterus Rutf, parut en 1551'. On y trouve, sur les songes, toutes les explications désirables. Quelqu'un rève-t-il qu'il a une dent dor'? C'est un

' Voy. W'oi.F, p. 317. Le franciscain Jean Nas s'élève avec force contre les extravagances astrologiques et contre les diseurs de bonne aventure dans son Pliilognexiitf: Praclica Practicarum. d. I. eingeaisse Vorsaguntj atifj'vil zuki'mftitjer Jar, darinu mon aUerleij Friyd luid Leijdt ausden seltsamen Aspecleti Kurz nndhistig beschrieben list, Ingolstadt, 1571. Voy. Schöpf, p. 34. Après lui, Jean Fischart combattit les astrologues et les devins. Dans l'ouvrage intitulé : Aller Prcictic Grossmultcr, il dit (voy. .Sciieible, Das Kloster, t. VIII, p. 5oÛ) ; « Le Seigneur avait fait les étoiles belles et bonnes; ils en ont fait des agents d'assassinats, de tortures, d'émeutes. Les péchés que nous fait commettre notre malice innée, ils l'attribuent au.\ constellations. » « Ils mêlent à la sainteté de la religion, à l'intime de la conscience, à la puissance divine du miracle, l'influence des étoiles. Ils disent : Quiconque prie Dieu, tandis que la lune est sous l'inllueuce de la queue du dragon, sera exaucé. En vérité ce.s gens n'adorenl-ils pas la lune, les étoiles et le firmament? » Ilippolyte Guariuoni s'élève aussi contre « les prophètes de mensonge, les tireurs d'horoscopes, ceux qui prétendent lire l'avenir dans la main, ou qui guérissent les blessures en prononçant des paroles magiques ». « Sois franc, divin prophète, avoue avec moi que ni le ciel ni les astres n'ont le pouvoir d'abréger ou de prolonger ta vie. Puisque aucune constellation n'est aussi noble, aussi puissante, aussi libre que ton âme de se mouvoir par un elTort de sa volonté, comment les étoiles pomTaient-elles diriger les destinées d'un être doué de raison? Les philosophes païens, qui ne jugeaient des choses qu'à la lumière de la raison naturelle, avaient reconnu cotte vérité et pensaient que le firmament était mû par les anges et les esprits célestes. D'où il te sera très aisé de conclure que ce sont les anges qui dirigent le firmament, et non le firmament qui conuaande aux anges, aux esprits et aux âmes. » Voy. A, Pichleu, dans le feuilleton de la Presse, de Vienne (lo mars 1884).

* Pour plus de détails, voy. Schindler, p. 84, ^10, 235. Le changement de calendrier devint pour les libraires une source de profits. Voy. Kh^chchoff, Beitrage, t. II, p. 14-10. Thomas Erast se plaint qu'à la cour du comte de Ilenneberg il ne lui ait pas été permis do saigner une seule fois, ni de prescrire aucun remède avant d'avoir consulté le calendrier (Sprengei,, t. III, p. 411). Pendantles foires de Pâques et d'automne, SigismondFeyerabend, libraire de Francfort, vendit aux paysans environ quatre cents ouvrages d'astrologie et plus de cinq cent vingt secrets astrologiques. Voy. le registre du libraire dansP.\LLMANN.p. loO-lOO.

' Wahrhafftige, gewisse und unbetrügliclie Untereveisung. wie alle Trùum, Erscheinungen und nächtliclien Gesicht... natürlich und recht erklärt und ausgelegt werdeti sollen als dann solches ron den alten Philosophis und Weissagern der Heiden... luahrhafftig und gewiss erfunden ist. etc., Strasbourg, loSl.

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