‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 518 sur 573 · SCIENCES PROPHETIQUES — KEPLER SUR L'ASTROLOGIE · texte numérisé non relu

SCIENCES PROPHETIQUES — KEPLER SUR L'ASTROLOGIE

sainte Écriture, dussent encore rester ignore's par un motif de prudence '.

D'autres « amis du peuple allemand » se montraient moins réservés. Le mathématicien de Zurich, Conrad Holzhalbius, écrivait en 1618 : « Nous vivons, depuis Tavènement du saint Évangile, dans un monde extraordinairement favorisé, dans une atmosphère de miracles; Dieu a révélé quantité de secrets aux mathématiciens, physiciens, philosophes et autres docteurs de la pure religion réformée sur l'art de prophétiser et de prédire l'avenir; de sorte que les chrétiens intelligents peuvent maintenant pénétrer l'avenir et tout ce qui nous est réservé par la permission de Dieu, pourvu qu'ils achètent et lisent attentivement les petits traités qui se multiplient et se propagent dans nos pays allemands. Presque tout, dans ce monde, est devenu miracle, et l'un des plus grands est sans aucun doute la claire prédiction de l'avenir. Donc, achetez et lisez-. »

L'astrologie, plus en honneur qu'elle ne l'avait jamais été, passait pour un moyen sûr de scruter l'avenir, et les savants les plus illustres lui rendaient hommage. Les princes et les villes avaient leurs astrologues attitrés, souvent grassement rétribués. « Cette astrologie, « écrivait Jean Kepler, « est une fdle bien folle! Mais, Seigneur Dieu ! comment sa mère, la très sage astronomie, pourrait-elle vivre sans cette extravagante? Le monde est encore beaucoup plus fou qu'elle, et tellement fou que. pour permettre à sa vénérable mère de subsister, la fdle folle parvient à duper, à entortiller les hommes par ses mensonges et ses balivernes. La vraie science rapporte si peu à qui s'y adonne que la mère mourrait certainement de faim, si la fille ne lui apportait son salaire ^ » L'illustre Kepler lui-même était obligé, pour vivre, de publier des calendriers indiquant pour l'année suivante les variations de la température, prédisant les événements politiques, « le tout solidement basé sur des calculs astrologiques. » Il tirait aussi Ihoroscope des grands personnages. L'empereur Rodolphe II le fit venir à sa cour, voulant l'avoir toujours auprès de lui*. David Fabricius, savant astronome de la Frise occidentale, célèbre pour ses

' Himmlische (jeheime Magia, f. B, 2, c.

* Seconde lettre circulaire sur la science merveilleuse de Jean Faulhaber, etc., 1618, préface.

^WoLF, Astronomie, p. 82-83.

"* Id.. ibid., p. 284-286. « Il organisait sa vie et réglait son temps d'après les règles astrologiques, selon la position des astres, et se dirigeait entièrement d'après cette science. C'était elle encore qui lui révélait la valeur de ses découvertes. Toutefois, le peu de sûreté et de consistance de cette prétendue science s'imposait malgré tout à son esprit, et l'on a trouvé dans ses écrits et dans ses papiers intimes des expressions comme celle-ci : — En vérité, avec toute ma' science astrologique, je ne sais rien avec assez de certitude pour pouvoir prédire à coup sûr un seul fait positif avec quelque assurance. »

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