LIVRES DE PLANTES ET D'ANIMAUX
ramier sur un homme endormi, il avouera pendant son sommeil tout ce qu'il a fait de mal, et répondra à toutes les questions qu'on lui adressera. Si l'on mange le cœur dune belette alors que ce cœur est encore palpitant, celui qui s'en est nourri lira facilement dans l'avenir. L'œil droit d'un loup attaché dans la manche du bras droit préserve de tout accident, etc., etc. '.
Les livres vantant et expliquant les propriétés des miroirs magiques, « indispensables pour voir et scruter les choses cachées, » avaient parfois leurs graves dangers-. Ces miroirs en or, en argent, en cuivre, ou tout autre métal, étaient publiquement vendus; chacun d'eux avait sa vertu propre. « Dans les miroirs d'or, » avait enseigné Paraeelse, « on voit apparaître les larrons, ceux qui nous veulent du mal, etc. ; on peut y suivre aussi les préliminaires d'une guerre, l'ordonnance d'une bataille, d'un siège, et en général tout ce que les hommes font, accomplissent ou sont sur le point d'accomplir. Dans les miroirs d'argent, on voit clairement tout ce que nos ennemis trament contre nous; on entend leurs discours, on suit toutes leurs démarches, tout ce qui s'est dit et tout ce qui a été résolu dans les conseils les plus secrets; mais on n'y peut rien apprendre sur les événements futurs. Dans les miroirs de cuivre, on prend connaissance de tout ce qui est écrit dans les lettres cachetées, de tout ce qui est enfoui dans les profondeurs de la terre; on y voit aussi ce que les valeurs recèlent, en sorte que ce qui avait disparu se retrouve ^
Des « étudiants ambulants » vendaient dans les villes et dans les campagnes quantité de petits livrets, brochures ou parchemins renfermant des recettes magiques, des talismans infaillibles pour préserver des embûches du démon, des sortilèges, des maléfices, de l'incendie ou de tout autre accident *. Les talismans étaient très en
' Albertus Magnus, etc., et Ein neicer Albertus Maf/nus... par Q. Apolli.xarem (Francfort-s.-M., sans date), feuille 11 et suiv., p. 23-31. Voy. Messmemorial, t. VI et IX. Michel Härder, pendant la foire du carnaval de 1569,vendit cent trente-cinq exemplaires de V Albertus Ma(jnus,e\. Sigismond Feyerabend, pendant les foires de carnaval et d'automne de 1568, deux cents exemplaires (Voy. Pallmann, p. 156). Ce livre est au nombre des ouvrages populaires qu'on réimprimait tous les ans.
- Etliche cltymische und verborgene Mittel, etc., préface.
^ Schindler, p. 233.
'' Les « étudiants ambulants », si longtemps considérés comme un fléau pour le pays, firent leur apparition dès le milieu du siècle, comme bouilleui-s d'or, évocateurs de démons et sorciers, et se multiplièrent de plus en plus. « En 1544, » dit Erusius (Annal. Suev., t. III, xi, p. 6oû-6b4), « on vit paraître enAUcmagne des libertins impies et dépravés, des étudiants aux mœurs grossières qui prétendaient sortir de la montagne de Vénus, y avoir appris des secrets merveilleux. Ils persuadaient aux simples qu'ils savaient lire dans le passé, le présent et l'avenir, qu'ils étalent en état de retrouver les choses perdues et de préserver des sortilèges. Ils marmottaient entre leurs dents des paroles bizarres, inintelligibles, ils étaient l'objet d'une grande vénération; les femmes surtout se