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NÉGOCIATIONS AVEC LES ÉVÊQUES AU SUJET DU CONCILE

tous les hérétiques s'imaginaient la comprendre aussi bien que lui, et que c'était pour prévenir des confusions semblables que Dieu avait institué sur la terre une autorité infaillible. Joachim garda le silence. Le lendemain, il reprit l'entretien en disant : « Les sectes ne sauraient, en bonne justice, demander voix délibérative au Concile; car, sans nous arrêter à prouver qu'elles sont fausses, aucune d'elles n'est en opposition directe avec l'autorité de l'Eglise romaine comme les Confession istes, qui ne veulent autre chose que la suppression des abus et la restauration de la pureté primitive de l'Evangile. » « Mais toutes les sectes en disent autant! » répliqua Commendone; « si pour obtenir droit de vote, il ne s'agissait que de porter plainte devant le Saint-Siège et que s'opposer à lui, la chose serait fort aisée! » A la fin d'un long entretien, Joachim s'écria : « En vérité, vous m'avez donné beaucoup à réfléchir ! » Il promit de faire tous ses efforts pour décider les princes à envoyer au Concile des hommes de bonne volonté, animés d'intentions pacifiques *. Effectivement il s'efforça, mais en vain, de convaincre les princes qu'il ne convenait point de repousser le Concile avec tant d'arrogance et de mépris, et que leurs adversaires pourraient croire ou qu'ils l'avaient rejeté sans motif, ou qu'ils redoutaient ses jugements 2. »

Les nonces ^réussirent si peu à persuader les évêques de leur devoir que Commendone mandait à Rome : « Je ne crois pas qu'un seul d'entre eux ait sérieusement l'intention de venir. Les princes hérétiques mettent tout en œuvre pour los en empêcher, afin de diminuer et d'affaiblir le plus possible l'autorité et le prestige du Concile 3. »

Les évêques craignaient qu'en leur absence leurs états ne restassent exposés aux attentats des Protestants, on que leurs sujets no fussent excités à la révolte. L'Empereur expliqua au Pape qu'il leur serait en effet difficile de s'éloigner si les Princes persistaient à refuser ses avances, et il le pria d'indiquer lui-même le moyen de les mettre à l'abri de toute agression *.

« Tout notre espoir est en Dieu, » écrivait le cardinal Otto, « cet espoir seul nous permet d'attendre un grand bien du Concile dont dépend le salut de l'Église et de la foi chrétienne dans notre patrie déchirée et désolée. Mais pourquoi perdrions-nous courage? Pourquoi n'espérerions-nous pas, nous aussi, contre toute espérance, à

1 Reima:*?»-, Sendung, pp, 251-259.

* Droysex, Preussische Politik, 2b, p. 287. 3 Reimaxx, Sendung, pp. 260 et suiv.

* Bucholtz, t. VIII, p. 412.

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