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LES PRINCES PROTESTANTS SONT INVITÉS AU CONCILE

d'élection, n'eût pas reçu l'Evangile de la main des hommes mais par la révélation directe, selon son propre témoignage, c'est la révélation aussi qui lui dit d'aller à Jérusalem comparer son évangile avec celui de l'Apôtre Pierre, « afin de ne point courir inutilement, ou de n'être point dépassé ». Gommendone suppliait les princes de se souvenir que, depuis les Apôtres, tous les anciens Pères et les plus illustres docteurs s'étaient toujours tournés vers l'Eglise romaine comme vers la maîtresse et la dispensatrice de la vérité, et que c'était d'elle que la nation allemande avait reçu la foi. Au nom de celte Mère de tous les peuples chrétiens, il les conjuraitde se souvenir des paroles du Sauveur : « Combien de fois j'ai voulu rassembler tes fils comme la poule rassemble ses poussins sous son aile) Et tu ne l'as pas voulu 1 ! »

Les princes ne jugèrent pas nécessaire de répondre. Pourtant, dans le recez de Naumbourçr, ils décidèrent qu'un certain nombre de théologiens et de conseillers se réuniraient à Erfurt pour délibérer plus à loisir sur la question du Concile. Leur grand désir était d'empêcher les prélats allemands de s'y rendre. A Vienne, on avait informé Commendone que les évêques, dont les vassaux penchaient pour la plupart vers le Protestantisme, n'oseraient jamais se rendre à Trente si les membres d'Empire protestants persistaient dans leur abstention. A Naum bourg, les secrétaires des princes ne cessaient de lui répéter que pas un seul de leurs seigneurs, pas un seul évêque allemand ne paraîtrait au Concile 2.

Pendant que Delfino partait pour la Haute-Allemagne, Commendone se rendit à Berlin, chez l'Electeur Joachim de Brandebourg qui n'avait pas assisté en personne à la conférence de Naumbourg, et qui l'accueillit avec la plus grande cordialité. En présence de ses conseillers et théologiens, il reçut respectueusement la bulle et le bref du Pape, loua les loyales intentions, la paternelle bonté dePioIV et promit d'agir auprès des princes protestants, ses collègues, dans le sensde lu paix, tout en déclarant qu'il ne lui serait pas possible de se prononcer pour le Concile si ces princes le rejetaient, et qu'en tout cas les théologiens de la Confession d'Augsbourg devaient avoir voix délibérative au Concile, Commendone lui ayant demandé « ce qu'il faudrait répondre aux autres sectes qui certainement ne manqueraient pas de réclamer le même droit, l'Electeur s'écria : « Il est clair qu'il faut le refuser à tous les sectaires, car ils ne sont pas, comme nous, en possession de la parole de Dieu. »Commendone objecta que

1 Reimann, Sendung, pp. 2i7-248. Yoy. aussi pp. 273 et suiv. * Rkimakn, Sendung, pp. 243-250.

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