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LA QUESTION DU CÉLIBAT DES PRÊTRES AU CONCILE

d'énergie, ft Presque lous les prêtres d'Allemagne, » dit-il, « sont mariés ou vivent en concubinage, et cet état de choses choque si fort le peuple qu'il a pris en haine le sacerdoce et les prêtres, les docteurs et la doctrine et qu'il aime mieux adhérer à n'importe quelle secte que revenir à l'Eglise. Quelques évêques, il est vrai, ont cherché à remédier au mal, mais la plupart restent dans l'indifférence et l'apathie. Les anciennes lois ecclésiastiques ne peuvent plus être maintenues dans toute leur rigueur; beaucoup de doctes personnages, très au fait des affaires d'Allemagne *, voient dans l'esprit du temps l'effet d'une puissance occulte qui pousse non seulement les gens de mœurs légères, mais les bons catholiques à renoncer plutôt aux bénéfices et à se marier, qu'à accepter un emploi ecclésiastique à condition de garder le célibat pour faire partie d'un corps aussi corrompu que l'est le clergé catholique. De là vient qu'un très petit nombre de gens instruits se présente pour recevoir les saints ordres ; de là l'effroyable ignorance du clergé, la force de l'hérésie et l'impuissance de l'Eglise à la combattre. On ne peut obvier au défaut de prêtres vraiment capables et instruits, on ne peut espérer le renouvellement moral du clergé que si, conformément à l'usage de l'antique Eglise, on admet les clercs mariés aux ordres majeurs, et on autorise les prêtres qui ont déjà pris femme à les conserver, comme la Sainte Ecriture le leur permet. Dieu n'a jamais exigé le célibat des prêtres; l'histoire atteste que des chrétiens mariés ont été admis à la prêtrise, bien plus, qu'ils ont quelquefois exercé les fonctions épiscopales 2. »

L'orateur rappelait aussi le constant usage de l'Église grecque. Cependant celte Église elle-même n'a jamais admis en principe le mariage des prêtres. Depuis le synode de Constantinople (692), elle a toujours enseigné que les chrétiens mariés peuvent recevoir les ordres et vivre ensuite dans l'état du mariage, pourvu qu'ils n'aient point contracté de secondes noces et n'aient pas épousé de veuve ou de personne de mauvaises mœurs. Quant au prêtre qui se présente aux ordres majeurs étant encore célibataire, elle lui interdit le mariage; elle défend au prêtre marié de contracter une seconde union; enfin, elle exige que le prêtre marié élevé à l'épiscopat envoie sa femme dans un couvent 3.

En Allemagne, Frédéric Nauséa, évêquo de Vienne, Jules Pllug, évêquede Naumbourg, Michel Helding, évêque de Mersebourg, émi-

1 ... a esse nunc in Germania sreculum quandam occultam natura? vim. »

* Raynald, ad a. 1562, n* 52.

3 Hefele, Concilienf/esch, t. III, pp. 331-333.

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