LA QUESTION DU CÉLIBAT DBS PRETRES AU CONCILE
rent l'opinion, dans un mémoire adressé à Ferdinand, qu'eu égard aux nombreux et déplorables scandales qui désolaient l'Église et au besoin urgent deprêtres, le Concile serait sans doute bien inspiré en supprimant le célibat à certaines conditions1. Mais l'archevêque de Cologne s'éleva contre une pareille coudescendanco, et dit à l'Empereur : « Jamais on n'a entendu dire dans PEgliso de Dieu qu'un chrétien ayant reçu les ordres ait été autorisé à prendre femme I » Les adversaires du mariage soutenaient que les scandales dont on se plaignait prouvaient aussi peu contre le célibat que l'adultère, dont les progrès épouvantaient tout Je monde, prouvait quelque chose contre le mariage; que non seulement les lois humaines, mais les lois divines étaient tous les jours plus honteusement transgressées, parce que la dépravation allait toujours en grandissant parmi le peuple, mais qu'à leur sens il ne s'en suivait, en aucune façon, que ces lois saintes dussent être abolies. Ils dirent encore que les prêtres mariés n'avaient pas la confiance des fidèles ; que les fonctions de juge au sacrement de pénitence exigent le célibat; que permettre à ceux qui avaient pris femme, malgré leur serment et malgré les lois de l'Eglise, de regarder désormais leurs concubines comme leurs légitimes épouses, c'était récompenser le vice; qu'il valait bien mieux appliquer aux coupables les peines portées par le droit canon contre leur crime, afin qu'il ne semblât point qu'il leur eût été avantageux de pécher. « D'ailleurs, o ajouta l'archevêque de Maycnce, a l'immoralité existe non seulement daus le clergé catholique, mais aussi chez les prédicants engagés dans de prétendus mariages. Si l'on abandonne le célibat, il s'en suivra une totale transformation de l'état ecclésiastique et la dilapidation des biens de l'Eglise. » Les conseillers de l'Empereur, les trois Electeurs ecclésiastiques, l'archevêque de Salzbourg et le duc de Bavière, s'étant réunis à Vienne au mois d'août 1563, convinrent « que, pour la question du célibat on ne s'en remettrait pas au Concile, mais au Pape seul, et qu'on lui représenterait qu'aux prêtres qui avaient déjà reçu les ordres on ne devait pas permettre de prendre femme, puisque cela no s'était jamais vu dans l'Église depuis les temps apostoliques; mais qu'eu égard à l'extrême pénurie de clercs, il serait peut-être opportun d'admettre aux fonctions ecclésiastiques de fervents chrétiens mariés, mais seulement dans les paroisses, afin que le premier honneur, les prélatures,
» Voy. Schmidt, Neuere Gesch., t. IV, pp. 42-47. Nauséa, en 1943, avait déjà propose à Paul III de supprimer le caractère obligatoire du célibat des prêtres. Voy. Met&ner, Fr. Nausen, pp. 78-80.