‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 150 sur 315 · DÉLIBÉRATIONS SUH LE CALVINISME PALATIN · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS SUH LE CALVINISME PALATIN

ces tâches sacrées ni par le Pape ni par le démon. Il s'étonna que depuis longtemps les empereurs n'eussent pas fait servir leur puissance et l'autorité de leur nom à ladestruction de l'abominable impiété et idolâtrie romaine : « Bien des gens, » dit-il, « conseilleront sans doute à l'Empereur d'user de douceur et d'indulgence, mais il agira sagement en fermant l'oreille à ces pernicieux conseils. L'Evangile défend de servir deux maîtres ; la vérité n'a rien de commun avec le mensonge; la lumière chasse les ténèbres. Dieu veut voir aboli tout ce qui est contraire à sa loi. Quant à l'apaisement des querelles théologiques, l'Empereur n'a qu'une chose à faire : convoquer un concile, le présider en personne, et effacer des constitutions de l'Empire tout ce qui met obstacle au royaume de Dieu *. »

L'abolition de la Réserve ecclésiastique semblait à Frédéric le meilleur moyen d'affranchir définitivement l'Empire « de l'abomination et de l'idolâtrie papistes ». Il écrivait le 22 août 1564 à Auguste de Saxe, que « les troisElecteurs laïques et les princes du Saint-Empire devaient réfléchir sérieusement aux voies et moyens » par lesquels, aidés du jeune Empereur, ils pourraient s'en délivrer à jamais, pour la propagation et le triomphe de la véritable religion chrétienne 2. »

Sans se préoccuper en rien de l'Empereur ou de l'Empire, Frédéric continuait ses attentats, aussi bien contre les Catholiques, leurs fondations, écoles, propriétés que contre les Luthériens. Aussi son plus jeune frère lui-même, le comte palatin Georges, désiraitil que la doctrine de l'Electeur fût soumise à l'examen des autres princes protestants. Wolfgang de Deux-Ponts était de son avis. « De cette manière, » écrivait-il à Christophe de Wurtemberg, « la secte maudite et ceux qui l'ont embrassée seront condamnés, et nous autres, qui l'avons en horreur, en serons pour toujours délivrés, devant Dieu et devant les hommes. L'autorité laïque doit faire son office et comprendre son devoir. Il ne faut pas hésiter à exclure de la paix de religion tout membre d'Empire coupable d'avoir donné son adhésion à la secte abominable de Calvin 3. »

Le 24 août 1585, le duc Christophe invita une fois encore tous les princes protestants à s'unir à lui pour la défense de la vraie religion. « Le Zwinglianisme, » écrivait-il, « fait d'effrayants progrès en divers pays et cherche secrètement et perfidement à s'insinuer partout. L'expérience n'a que trop montré quel venin subtil, quels abominables blasphèmes sont cachés dans cette hérésie détestable, et il est à craindre que ce monstre n'engendre de nouvelles abominations, puisque ceux d'Heidelberg ont eu l'audace d'écrire récem-

« Struvb, j>p. 143-149.

* Kluckmohn, Briefe, t. 1, pp. 520, 529-330. 3 Kugler, t. Il, p. 4Ȕi.

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