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DÉLIBÉRATIONS SUR LE CALVINISME PALATIN

lœs Electeurs de Brandebourg et de Saxe ue suivirent pas le conseil de Christophe, bien que Maximilien les en eût priés. Le roi romain se borna à recommander aux Confession istes de veiller attentivement «à ce que le poison calviniste ou zwinglien ne pénétrât point dans leurs étals, de peur que la paix de religion que l'Empereur, malgré le refus des Evangéliqucs d'accepter le Concile, avait promis de respecter loyalement, ne fût déchirée parleurfaute,«ce qui pourrait attirer les plus grands malheurssur la patrie bien-aimée1». Peu de temps après, Maximilien, à Göppingen, déclara à Christophe que si, à la saint Jean de Tannée suivante, les membres d'Empire protestants n'étaient pas encore parvenus à s'unir, il pourrait bien songer à les mettre à la raison En avril et en juin 1563, Ferdinand et son fils supplièrent encore une fois l'Electeur palatin d'abjurer le Calvinisme3. Frédéric ne prit même pas la peine de leur répondre. Aussi lorsque Christophe et Wolfgang de Deux- Ponts prièrent le roi l'année suivante d'envoyer « un message particulier » à Frédéric, Maximilien refusa, et se plaignit amèrement do l'Electeur apostat, dont ni lui ni son père n'avaient jamais pu rien obtenir. « Il ajouta qu'il allait réfléchir au moyen qu'il conviendrait de prendre pour punir un si injurieux silence sans sortir de la légalité ni de la modération et sans compromettre la paix publique. » Il félicita ensuite les deux princes des mesures qu'ils disaient vouloir prendre pour préserver leurs territoires du « poison palatin», et promit « de s'employer auprès de Ferdinand pour qu'il les aidât dans un dessein si louable, jusqu'au moment où l'hérésie calviniste serait enfin définitivement retranchée par les efforts réunis de tous les membres d'Empire 4 ».

Frédéric semblait fort peu redouter une semblable solution.

Après la mort de Ferdinand (25 juillet 1554), lorsque Maximilien eut pris en main le gouvernement, Frédéric, paraissant avoir oublié le célèbre Catéchisme, se présenta au nouveau souverain comme membre de la Confession d'Augsbourg, et prétendit même lui donner des conseils sur les devoirs que lui imposait la plus haute magistrature de la Chrétienté. Le premier et le plus important de ces devoirs, c'était, selon lui, la propagation de la vraie religion chrétienne, dont les articles infaillibles étaient exposés dans la Confession ; c'était encore l'anéantissement de l'Eglise Catholique ou, pour se servir de ses paroles, « la ruine de l'idolâtrie et de la superstition ». L'Electeur exhorta Maximilien à ne se laisser détourner de

1 * Eine Mainzer Anfseicnnung vom 2j November 1 56 3

* Hkppe, Gesch. des Protestantismus, (. II, p. 24. Kugler, t. II, p. 436.

3 Ki.uckiiohn, Briefe, t. I, pp. 398-399, 419-422.

4 Kugler, l. II, p. 455.

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