‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 176 sur 315 · FRANÇAIS LT MAR VL'DEURS SUR LK SOL ALLEMAND · texte numérisé non relu

FRANÇAIS LT MAR VL'DEURS SUR LK SOL ALLEMAND

l'électoral palatin et de Veldenz. Georges Hans de Veldenz, écrivant au margrave Charles de Bade, lui raconte les dévastations affreuses des troupes françaises et la cruauté dont les habitants, même les femmes et les enfants ont été victimes. « Toute la population se sauve, » écrit-il, « le même jour, les corps de dix-huit enfants out été trouvés mutilés dans les chemins; à tout moment on découvre dans la forêt de nouveaux cadavres; un grand nombre d'habitants ont été massacrés. Beaucoup ont eu les pieds rôtis dans un brasier jusqu'à ce qu'ils aient consenti à livrer tout ce qu'ils pos sédaient. » « Dans une si grande détresse, nous avons envoyé nos délégués au duc d'Aumale,etil nous a fort consolé, en nous assurant qu'il ne nous serait fait aucun mal. Mais il n'est pas maître de ses soldats, qui depuis longtemps n'ont pas touché leur solde, do sorte qu'il en est réduit à feindre d'ignorer ce qui se passe. On prétend aussi qu'ordre a été donné aux chefs de traiter noire pays comme les Allemands ont traité jadis celui de France et qu'on les a autorisés à emmener avec eux tout le butin qu'ils pourraient faire. Cet ordre a été ponctuellement obéi. D'un seul village, ils ont emmené 80 chevaux, 600 pièces de bétail et tout ce qu'ils ont pu trouver. Après quoi, le villagea élélivréaux flammes; en beaucoup d'autres lieux ils ont agi à peu près de même » Un espion français l'ait prisonnier avoua qu'il avait été question à la cour de France de conquérir l'Empire avec l'aide de l'Espagne, mais que Philippe II s'était opposé avec fermeté à un projet qui eût étendu jusqu'au delà du Rhin la puissance française, et que le duc d'Albe, tout en mettant son armée à la disposition de Charles IX, lui avait interdit de rien entreprendre contre le Saint-Empire 2.

De tous côtés Maximilien recevait les plus lamentables renseignements sur l'état général de l'Empire, sur les forfaits des troupes de passage et des lansquenets licenciés errant çà et là dans les campagnes, prenant leurs quartiers chez les paysans, dans les bourgs, dans les petites villes ouvertes, et se livrant aux plus grossiers excès. « Des vagabonds, des mendiants, des bohémiens, des bateleurs et semblable engeance » allaient avec eux de compagnie. Ces hordes vraiment sauvages ne se contentaient pas de piller, de massacrer et de voler : elles détruisaient les récoltes encore sur pied en y mettant le feu. En Bavière, par exemple, « cette engeance d'enfer » s'était tellement accrue que le duc Albert ordonna à plusieurs reprises une chasse générale contre « les maudits ». « Le quinzième jour de chaque mois, » porte une ordonnance ducale datée du

1 Kluckhohn, Briefe, t. H, pp. 293-296. * v. Bezold, t. I, pp. 82-53.

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