ÉTAT GÉNÉRAL DE L'EMPIRE
1er mai 1568, « les prévôts, juges et archers s'armeront pour repousser et chasser les oppresseurs de notre bon* peuple. » « Ceux qu'on aura pu saisir, » porte un édit postérieur, « seront envoyés aux galères ou à la potence *. »
Les plaintes sur l'exploitation du pauvre peuple, sur la décadence du commerce et de l'industrie, sur les honteux trafics des gros marchands étaient générales: « Tout le monde est ici dans une étrange pénurie d'argent, «écrit Georges Ilsung, gouverneur deSouabe; « toutes les affaires restent stagnantes, aucun commerçant n'ose traiter avec un autre et ne peut obtenir d'argent de personne, tout cela au grand dommage, non seulement de l'intérêt public en Allemagne, mais encore de toute la Chrétienté. » « Comme les marchands qui transportent les bonnes monnaies hors de chez nous sont pourtant à la fin obligés de les faire revenir entre leurs mains à l'aide de chèques, les chèques se multiplient, et les marchands qui ne, veulent pas se charger la conscience ne peuvent rentrer dans l'argent qu'ils ont gagné à l'étranger pour les divers articles de leur commerce sans perdre sur chaque chèque 6 7 ou 8 pour cent. » Georges Ilsung, que l'Empereur avait chargé d'effectuer en Souabe un prêt de 400.000 florins « contre de sûres et loyales garanties », écrivait d'Augsbourg, en décembre 1509, qu'il lui avait été impossible, malgré tous ses efforts, de trouver nulle part à emprunter. « J'ai appris », écrivait-il, « que beaucoup de gros commerçants de ce pays, en dépit des ordonnances financières et des lois de l'Empire, ont envoyé à Venise et de là en Turquie plus de 500.000 florins en quatre mois à 172 pour 100 d'intérêt. » « Par la faute de l'autorité, les choses en sont venues à un tel point que non seulement ici on n'a point d'argent courant, mais que nulle part on ne peut obtenir de chèques. » D'après des rapports dignes de foi, il y avait alors à Gonstantinople et à Alexandrie plus de thalers et de florins que dans l'Empire romain tout entier : a De sorte que le Turc ne nous fait plus la guerre avec son argent, mais avec le nôtre, qui lui a été livré sans vergogne pour un gain criminel 2. »
« Ce qui est affreux à dire, » écrivait de Rome au duc de Bavière le cardinal Otto Truchsess le Ü9 janvier 1569, « c'est que nous devons nous attendre à de graves désordres dans l'Empire, d'autant
« Westkkrieder, Beiträge.t. VIII, pp. 298-300.
1 Reichstags handlangen de anno 1570, t. I, pp. 329-531. Archives de Francfort.