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PERSÉCUTION DES FLAC1MENS EN SAXE

Les théologiens de Wittemberg finirent par persuader à Auguste, peu instruit des choses de la foi et sans opinion personnelle sur les questions dogmatiques que, lorsque leurs adversaires les accusaient de s'écarter de la doctrino de Luther, ils mentaient effrontément, et qu'ils étaient égarés par la plus basse jalousie. Cédant à leurs instances, l'Electeur convoqua un synode à Dresde ; là, dans une confession de foi connue depuis sous le nom d'Accord de Dresde, la doctrine de Wittemberg fut do nouveau promulguée 4. Ursinus, professeur de Heidelberg, avec lequel plusieurs étudiants de 1 Université entretenaient une correspondance active, écrivait en août 1572 à Bullinger : « L'Electeur ne comprend absolument rien à ces sortes de questions; mais il a promis de se prononcer en faveur de V Accord et de ne persécuter personne sous prétexte de Zwinglianisme ou de Calvinisme, comme ils disent. Il s'est montré satisfait de ce que nous* paraissions nous entendre assez bien avec ses théologiens 2. »

Le 3 mars 1573, mourut le duc Jean-Guillaume. Au commencement de son règne, dans un testament qui avait reçu la sanction de l'Empereur, il avait confié la tutelle de ses enfants à l'Electeur de Saxe; mais plus tard, annulant ce testament, il en avait fait un autre en faveur du comte palatin Louis et du duc Albert de Prusse, qu'il avait tous deux suppliés de ne rien changer à la religion du pays. Auguste, sans se préoccuper du second testament, prit possession de la régence aussitôt apivs la mort de Guillaume, et commença par expulser de l'Elcctorat Hessus et Wigand. En même temps, il ordonna une enquête religieuse; sous peine de renvoi, les prédicants furent invités à déclarer par écrit qu'il* acceptaient le Corpus doclrinœ de Mélanchlhon et l' Accord de Dresde; qu'ils reconnaissaient la Confession d'Augsbourg, l'édition modifiée aussi bien que celle qui no l'était pas, et détestaient du fond du cœur la secte séditieuse de Flacius. En l'espace de quelques semaines, neuf surintendants et cent deux prédicants furent destitués. Comme on n'avait personne pour les remplacer, on fut obligé de donner les emplois vacants aux jeunes boursiers de l'Université 3.

Parmi les proscrits se trouvait Gaspard Melissander. Soupçonné d'attachement pour la dectrine do Flacius, il reçut l'ordre de quitter la Saxe. Pour obtenir sa grâce, la duchesse Suzanne, veuve du duc Jean-Guillaume, se jeta aux genoux de l'Electeur4; mais il fut

1 Camnicii, Kampf, pp. 75-87.

* Heppe, Gesch. des deutschen Protestantismus, t. II, Doc, p. 138. » Löscher, Hist. Motuum, t. III, pp. 156 et suiv. Galetti, Gesch. Thüringens, t. V, p. 22*. Gillet, t. I, p. 434.

4 Anton, |>|>. ütt-üU.

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