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PERSÉCUTIONS DES FLACINIENS DANS LE COMTÉ DE MANSFELD

inflexible, et la duchesse elle-même fut invitée à quitter immédiatement le château de Weimar, « si elle ne voulait périr de faim et de soif ainsi que ses enfants, car défense avait été faite à tous les habitants do leur faire parvenir le moindrealiment». On l'obligea à signer le Corpus de Mélanchthon, exigeant d'elle la promesse qu'elle ne recevrait jamais la Gène sans l'autorisation de l'Electeur. On n'eut aucun égard à la lettre impériale lui reconnaissant le droit de conserver toujours dans ses possessions des pasteurs et des maîtres d'école de sa religion, l'Electeur ayant décidé que la régence ne tolérerait aucune secte, de peur que, par la faute des Flaciniens, l'unité de foi ne fût de nouveau compromise. Ces rigueurs mirent en émoi toute la ville de Weimar. Hessus et Wigand rapportent que le diable apparut plusieurs fois dans les églises aux côtés du prédicant électoral Mirus ; qu'il avait une figure horrible, et que plusieurs personnes eurent le temps d'en faire un portrait qui fut gravé par la suite *.

« Flacius est maintenant le bouc émissaire de tous les chrétiens, » disaient ses partisans opprimés. En Thuringe en Saxe, mais surtout dans le comté de Mansfeld, on combattait pour et contre Flacius, non seulement dans les livres et dans les chaires, mais dans les hôtelleries, sur les places du marché, où souvent les disputes dégénéraient en rixes sanglantes. Les écoliers eux-mêmes se mêlaient à ces scènes de désordre. 11 n'y avait presque plus de familles tranquilles et unies. Hessus et Wigand attaquaient les Flaciniens avec la dernière violence. Tous deux tiraient de la doctrine de Flacius sur le péché originel les conséquences les plus extravagantes, de sorte qu'une bonne partie du peuple finit par se persuader que ce serait faire œuvre pie que de s'armer un jour de pioches et de piques pour délivrer le pays de l'engeance satanique des Flaciniens pour se partager ensuite ses dépouilles, « J'ai expliqué plus de six fois la doctrine de Flacius, » disait Hessus en chaire. « Le diable a créé l'homme, le diable est le potier des hommes. » Wigand disait à son tour: « D'après la doctrine de Flacius, le péché originel est un animal intelligent qui rit, parle, coud, travaille, lit, écrit, prêche, baptise, distribue la communion; car la substance de l'homme fait toutes ces choses ; or, puisque le Christ a revêtu la substance de l'homme, Flacius, par conséquent, enseigne que le Christ a été souillé par le péché originel 2. » Plusieurs prédicants d'Eisleben ei d'autres villes accusaient Flacius et son ami Spangenbcrg, doyen de Mansfeld, d'avoir soutenu que Satan avait créé l'homme, et

« Wilkkns, pp. 189-192.

* PmxiEn, Flacius, t. II. pp. 318, 352-333.

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