DIÈTE ÉLECTIVE DE
donna à ses ambassadeurs de plus amples instructions, quant à la manière dont ils auraient à se comporter pendant la Diète. Il leur enjoignit en premier lieu de réclamer l'érection d'une régence d'Empire, chargée de contrôler les actes du nouvoau pouvoir; l'abolition de l'antique formule donnant à l'Empereur le titre de protecteur et de patron de l'Eglise romaine; la retenue au profit do l'Etat des sommes onvoyées à Rome pour les annales et le pallium. Il leur recommanda de plus de chercher à obtenir des Electeurs une déclaration officielle établissant que non seulement les palatins, mais avec eux leurs coreligionnaires étrangère, zwingliens et calvinistes, suisses, français, anglais, écossais, polonais, picards ou autres seraient compris à l'avenir dans la paix de religion *.
Mais Louis et les conseillers palatins chargés de représenter Frédéric à Ratisbonne rencontrèrent peu d'accueil chez les Electeurs luthériens de Saxe et de Brandebourg. « On redoute extrêmement l'esprit calviniste, » écrivait un conseiller de l'archevêque de Mayence, « et ceux du Brandebourg ne se montrent pas moins violents que les Saxons contre une secte qui menace de tout bouleverser dans l'Empire -. » Auguste de Saxe se plaignit au comte Louis que, par le second mariage de Guillaume d'Orange, la cour de Heidelberg eût voulu faire affront à la maison de Saxe; et que, dans l'union de Jean-Casimir avec sa tille, on n'eût vu qu'un moyen de soulever ses sujets contre lui. Il reprocha aux princes palatins d'avoir, par leurs expéditions en France et en Hollande, excité contre l'Allemagne les ressentiments de l'Empereur et des rois de France et d'Espagne 3. « Presque tout le monde nous témoigne du mépris et de l'aversion, » écrivait le grand sénéchal palatin Louis de Sayn Wittgenstein; « un peu plus, on nous chasserait de la synagogue comme des samaritains. »
Les Electeurs de Saxe et du Brandebourg ne virent aucun motif pour changer l'ancienne formule de l'élection ; mais, avec le Palatinat, ils demandèrent que la Déclaration supplémentaire que Ferdinand avait accordée aux Protestants à la Diète d'Augsbourg de 1555, relativement au libre exercice de la Confession d'Augsbourg dans les territoires ecclésiastiques, fût « incorporée » à cette formule, et que le nouveau roi s'engageât à la respecter. Mais les princes spirituels refusèrent de reconnaître la légalité de ce document, et soutinrent même que jamais il n'avait été approuvé
* Kluckhohn, Briefe, t. II, pp. 862-868, v. Bezold, t. I, pp. 189.
* * Tiré d'un protocole de Mavence et de quelques lettres relatives à l'élection de 1575.
* Lettre de Louis, 12 octobre 1575, Kluckhohn, Btiefef t. II, p.878. Sfuckfmifbg, Sammlung von ungedruckten und raren Schriften, t. III, p. 8.