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PROJETS AMBITIEUX DES PRINCES PALATINS

par serment à « combattre l'Antéchrist et sa bande impie ». Jean- Frédéric s'intitulait fièrement « le protecteur et le défenseur de l'Evangile ».II continuait à refuser aux Catholiques toute tolérance,et contraignait ses sujets luthériens du Haut-Palatinat à embrasser la religion de Calvin. A l'époque de l'expédition française, il avait été question de marcher contre le Haut-Palatinat, et le théologien Ursinus s'était émerveillé que des gens assez hardis pour porter la guerre en France n'eussent pas le courage d'interdire à leurs propres sujets tout prédicant ennemi de la vérité, c'est-à-dire luthérien

Le comte palatin Lonis, gouverneur du Haut-Palatinat et fils de l'Electeur, avait horreur des principes calvinistes de son père, et s'était exprimé de telle façon à ce sujet que Frédéric, en 1575, déclarait qu'il avait été plus rudement traité par son propre fils que par les Confessionistes delà Diète d'Augsbourgen 1566*. Mais toutes les fois que les Catholiques étaient en question, le père et lefilss'accordaientà merveille. Ni l'un ni l'autre n'admettaient qu'il pût jamais être permis à un protestant de revenir à l'ancienne foi, tous deux étaient d'avis que l'Empereur et les membres d'Empire catholiques étaient obligés de « donner pleine et entière liberté aux croyances nouvelles de se propager ». Lorsque Maximilien prescrivit pour le mois de mai 1575, d'abord à Francfort, ensuite à Ratisbonne, la Diète- Elective, Frédéric prit l'avis de son fils quant aux conditions qu'il conviendrait de poser au prétendant. Le Mémoire rédigé par Louis en cette circonstance demande non seulement la suppression de la Réserve ecclésiastique, mais encore « la correction, explication et extension » de la paix de religion pour les laïques ; le droit pour toutes les villes, communeset seigneuries des territoires catholiques (qu'elles se rattachassent directement ou non à l'Empire), de pratiquer la religion protestante.et la suppression « du serment tyrannique qui, depuis le Concile, asservit plus que jamais la conscience des évéques».« Toutes les vieilles abominations et idolâtries papistes,» dit encore ce Mémoire, « viennent d'être fortifiées par les vils flatteurs et les esclaves du Pape. Le Concile a approuvé le pernicieux et funeste institut des Jésuites. Or, les faits font assez connaître ce que cette nouvelle plaie de sauterelles et de scorpions spirituels, prédite par l'Apocalypse, a fait de ravages parmi nous en l'espace de p3u d'années. Ses complots, ses intrigues sont connus de tout le monde 3. » Frédéric approuva de tout point les idées de son fils, et

' Kluckhohh, Friedrich der Fromme, pp. 393-391. * Kluckhohs, Brieje, t. Il, p. 874.

»Klucmohh, Briefe, t. II, pp.804-8H.

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