‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 240 sur 315 · COMMENCEMENT DK LA POLEMIQUE PROTESTANTE CONTRE LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DK LA POLEMIQUE PROTESTANTE CONTRE LES JÉSUITES

mon bonheur d'y avoir été admis ; car j'ai été jugé digne de souffrir beaucoup d'injures pour le nom de Jésus et d'être faussement accusé par les ennemis déclarés de sa sainte Eglise. Si seulement je pouvais sauver leurs âmes, fût-ce au prix de mon sang, je considérerais vraiment la mort comme ungain, et je leur prouverais ainsi, selon le commandement du Seigneur, la sincérité de mon amour2. »

11 pensait que le meilleur moyen de ramener les Protestants, c'était la douceur et la mansuétude chrétiennes 4.

« En Allemagne, » dit-il dans l'une de ses instructions, « un nombre infini de chrétiens égarés se trompent sans 'entêtement, sans amertume; ils se trompent conformément aux défauts et aux qualités ordinaires à leur race; ils sont pour la plupart remplis d'honneur, mais rudes, tenaces, attachés à ce qui leur a été enseigné dans les écoles, dans les églises, dans les écrits des hérétiques; car ils ont été élevés et nourris dans l'hérésie luthérienne 2. » « En nous bornant à exposer simplement la doctrine catholique, nous obtiendrons de bien plus grands et meilleurs résultats que par les discussions et la polémique. » En 1538, à la demande du duc Albert, il donna, pendant le carême, une mission populaire à Staubing où le Protestantisme avait fait de rapides progrès à la suite des prédications de quelques prêtres apostats. Pas uneseule fois, il ne prononça le nom de Luther, et ne parla pas davantage de ses disciples. Il se borna à prêcher la Passion de Jésus-Christ, et sa parole porta des fruits abondants. Le gouverneur de la ville écrivait au chancelier de Bavière : « Canisius est très instruit et très éloquent. En chaire, il fait preuve d'une singulière et très louable modération 3.» Le Père écrivait à Ignace : « Puissent ceux des nôtres qui viennent à Prague pour y fonder un collège être animés d'une sainte patience et d'un grand zèle! Puissent-ils se décider non à briller dans les disputes, mais à supporter leurs frères et à les édifier, plus encore parleurs actes que par leurs paroles, afin « qu'après avoir semé dans les larmes ils moissonnent dans la joie, et reviennent enfin portant des gerbes dans leurs mains 4 ».

Toute polémique rude et amère « lui fut toujours profondément antipathique ».

« Si jamais je compose un livre*, » écrivait-il à Lainez, «j'espère

* » Testamentam Canisii; voy. plus haut, p. 27, note 4.

1 Lettre à Hosius, légat du Concile, Augsbourg, 16 mars 1562, Ctpruhus, Tabularium, p. 222.

3 Mémoire pour Claudius Aquaviva. Voy. plus haut, p. 27, note 4.

♦ Riess, pp. 242-244,

» Lettre datée de Vienne, 14 octobre 1584. Voy. Riess, pp. 130-131.

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