‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 242 sur 315 · CAN1S1US SUR LA POLEMIQUE · texte numérisé non relu

CAN1S1US SUR LA POLEMIQUE

chrétienne, a maintenant assez appris de son père te CUien, le cruel persécutetirdela doctrinechrétienne et de Jésus-Christ Notre Seigneur pour ourdir de sanglants complots contro tous les Evangéliquos1. » Le théologien Jean Wigand disait dès 1556 : « Les Jésuites sont d'exécrables et de perfides persécuteurs de Notre Seigneur Jésus- Christ, et cependant ils s'intitulent Jésuites. C'est ainsi qu'autrefois, parmi les seigneurs romains, l'un s'appelait Germanicus, l'autre Âsiaticus, le troisième Africanus, non qu'ils eussent été les bienfaiteurs de ces peuples, mais au contraire parce qu'ils leur avaient fait beaucoup de mal, les pillant et les dépouillant sans scrupule. » « Ces moines se flattent de tromper les pauvres chrétiens par des artifices et des sophismes, et veulent les conduire au feu éternel de l'enfer. Que celui qui en a envie les suive, que celui qui désire véritablement son salut fuie leurs tours de passe- passe diabolique, et craigne filets et chasseurs 2! »

Six ans après, le théologien Martin Chemnitz, dans un livre latin bientôt traduit en allemand par le prédicant Jean Zanger^et intitulé Du nouvel ordre des Jèsuitss, use d'invectives grossières. « Les scélérats qui se font appeler Jésuites par une présomption singulière et criminelle, ne font aucun cas de la Sainte Ecriture qui est l'uniquo règle donnée par le Christ; non seulement ils en font le thème de leurs frivoles plaisanteries, mais ils la blasphèment, ils l'insultent, ils la criblent de sarcasmes. Les bons chrétiens n'ont- ils pas raison do se plaindre lorsqu'ils voient cette engeance nouvelle et anti-chrétienne des ennemis de Jésus souiller de sa bave et de ses excréments fétides la sainte parole de Dieu, seule capable de nous justifier? A mon sens, les Jésuites sont des renégats, des infâmes, des parjures, des maudits, d'abominables coquins dont l'Allemagne fera bien de se défier. Dans l'ardeur avec laquelle les Jésuites défendaient « l'idolâtrie de la messe », Chemnitz flairait « l'odeur fétide de l'excrémentdu diable 3». Ils n'ont garde de renoncer au précieux trésor que la messe leur rapporte! » « Ils savent, » s'écriait-il, «le bon revenu qu'elle leur procure! » Ils trouvent avantageux de vendre continuellement leurs prières pour les vivants et pour les morts. Les dons des fidèles remplissent les cuisines et les caves, les cotfres et les bahuts de ces célibataires paresseux et désœuvrés, de ces porcs engraissés, au gros cou, à la grosse panse, que le diable veut trouver bien gras avant de les égorger dans son infernale cuisine. » « Us aiment aussi beaucoup le dogme du Purgatoire, qui garnit si bien leur gardemanger et leur cellier. Aussi sont-ils bien en colère lorsqu'ils voient

1 Christliche Lehre von Rew und Busse (Eislcbeo, 1561), p. 19. * Verlegung des Catechismi der Jhesuilen, N8-6, N«.

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