CANIS1US SUR LA POLÉMIQUE
les eufants eux-mêmes rire maintenant de Tépou vantail qu'ils avaient inventé, et le tourner en dérision. » « Je veux donner un exemple de la logique de ces pourceaux : Quand ils disent : je me confie dans le Seigneur, cela veut dire en leur grossier langage de jésuite : Je ne crois pas que ce que Dieu a dit et promis soit vrai. » Ailleurs l'injure est encore plus ignoble : « D'autres poltrons ou patrons, devais-je dire, de la femme sodomite de Rome, traitent les choses avec plus de discrétion, car ils fout tout leur possible pour cacher les abominations de la cour du Pape, ou du moins, pour les dissimuler, au lieu que les Jésuites ont dépouillé toute pudeur. Aussi la prostituée de IJabylone a-t-elle eu desuftisants motifs de devenir enceinte de ces serpents modernes ! 0 le bel et tendre enfant, issu d'un tel mariage! Obel enfant! ta forme, ta couleur, ta taille te font ressembler trait pour trait à ta mère, à ta mère venue de l'enfer! Mais tu la surpasses encore par tes prostitutions, par ton impudence, comme l'Apocalypse de saint Jean l'avait annoncé au monde au chapitre XVII1. »
Après que cet écrit eut été publié en latin et en allemand, Canisius, malgré son horreur pour toute polémique, crut de son devoir de répondre, à cause du crédit dont jouissait Chemnitz dans toute l'Allemagne protestante. « J'admire et je comprends, » écrivait-il en 1563 à Lainez, « la règle sage et prudente qui nous interdit de disputer avec les hérétiques. Mais d'autre part la charité nous presse de venir en aide aux faibles ; je pense que nous leur devons compte de notre foi et qu'il est à propos que nous prenions la parole, non pour attaquer et blesser à notre tour, mais pour exposer simplement l'orthodoxie de notre doctrine. Sans cela, comme la chose est déjà arrivée, beaucoup s'imagineront que les calomnies répandues sur notre compte sont autant de vérités 2. »
Plus se propageaient les livres et les pamphlets contre l'Eglise, plus Ganisius trouvait urgent d'exposer et de défendre la doctrine et les préceptes catholiques. Aussi souhaitait-il vivement que des écrivains instruits et éclairés, pleins de modération, ennemis de toute amertume et guidés par un zèle sincère pour la cause sacrée de la religion, entreprissent cette défense. A plusieurs reprises, il insista auprès du Général de son ordre pour qu'il fit choix, parmi les Pères
1 Vom newen Orden (1562), préface, f. A*, D>-«, E7, 1«, P7, S7.
* 1 Lettre datée d'Insprück, 8 mai loti3 (voy. plus haut, p. 27, note 4). Il écrivait le 31 mai qu'il était en train de traiter avec un ami de la Compagnie, qui se proposait, aidé de quelques religieux de son ordre, d'écrire une réfutation en allemand de Chemnitz. Cet ami n'était autre que Jean Albert Wimpinensis, professeur à Ingolstadt, qui, en 1563, publia, en effet, un Mémoire sur la Compagnie de Jésus contre Chemnitz et Zanger.
de laCompagoie, de quelques hommes éclairés, capables de fonder en Allemagne une sorte de collège d'écrivains ayant pour vocation spéciale la défense de l'Eglise.
« Je ne crois pas, » écrivait-il à François Borgia, « que les nôtres puissent rien faire de plus utile et de meilleur pour le bien général de l'Église. Quelques livres religieux, tout récemment publiés, ont produit ici une vive impression et donné aux Catholiques opprimés une consolation singulière, à une époque où les écrits des hérétiques sont partout répandus et ne sont point réfutés *. » « Je souhaite vivement, » écrivait-il encore au général Aquaviva, « que des hommes de science, choisis parmi nous, s'occupent de défendre, non seulement de vive voix mais aussi par la plume, la vérité catholique, et qu'ayant égard aux exigences de leur temps et à l'angoisse présente de l'Église ils mettent un saint empressement à publier les résultats de leurs études. Je ne doute pas que de semblables travaux, fruits de l'obéissance et de l'amour du prochain, ne soient tout aussi méritoires que la conversion des sauvages3. » Canisius devait précéder ses frères dans cette voie et leur prêcher d'exemple 3.
Canisius regardait comme un des buts principaux de son apostolat la fondation de collèges destinés à devenir non seulement des centres d'action pour son ordre, des noviciats pour les jeunes clercs de la Compagnie, mais encore des maisons d'éducation, où l'instruction serait gratuite et où pourrait se former, en même temps que les clercs, la jeunesse de toutes les classes;
Le premier de tous les collèges de ce genre s'ouvrit â Cologne, où les mœurs chrétiennes étaient tombées dans le plus triste abaissement à la suite de la tempête révolutionnaire. Les professeurs de théologie de l'Université se plaignaient amèrement du triste abandon des études. Les bons professeurs faisaient défaut, les prébendes étaient données par les proviseurs « à des personnes ignorantes, et qui parfois ne savaient même pas lire ». Dans les autres facultés, les choses n'étaient pas plus satisfaisantes; la faculté de médecine comptait à peine douze élèves. Les étudiants menaient une vie dis-
* 1 Lettre à François Borçias, Dillinçen, 8 septembre 1370; lettre à Eberhard Mercurien, Augsbourg, 5 mai 1571, et Insprück, 1" septembre 1574, voy. plus haut, p 27, note 4.
* Sacchlnus, pp. 361-362.
3 Nous reviendrons plus tard sur ce sujet.
solue ; au collège des Trois-Rois, les titulaires causaient de tels scandales que le Conseil se vit forcé de congédier à la fois tous les élèves et de fermer provisoirement la maison. Après que Ferdinand eut demandé au conseil de Cologne «dans l'intérétde.la doctrine chrétienne, de la discipline et de l'union i, décharger les Jésuites d'annoncer la parole divine et d'élever la jeunesse (1555), le collège des Trois-Rois fut confié, pour deux ans, au jésuite Jean de Reid, fils d'un bourgmestre de Cologne et vingt religieux furent désignés pour seconder son zèle. « Jean de Reidt, » dit Hermann de Weinsberg dans ses mémoires, «aurait pu devenir un grand dignitaire de l'Eglise, et pourtant il mène une vie humble et simple, prêche beaucoup et instruit le jeunesse. Il est éloquent, instruit, et donne en tout l'exemple *. » La peste s'étant déclarée dans la ville, les Jésuites gagnèrent le cœur de la population par leur courageux dévouement2. Dès 155*8, leur gymnase comptait cinq cents élèves environ, dont soixante internes 3. Les Pères donnaient aussi des cours de théologie, d'astronomie et de mathématiques4. « C'est grâce à eux, à eux seuls, « écrivait le nonce Commendoneen 1561, « que l'étude de la théologie a pu se maintenir à Cologne. Comme éducateurs de la jeunesse, comme prédicateurs et directeurs des âmes et par leur conduite irréprochable, les Jésuites rendent assurément les pluséminents services et leurs collèges sont devenus les plus solides remparts de la religion catholique en Allemagne5. »
En 1560 l'archevêquede Trêves appela les Jésuites dans sa ville et bientôt les chaires de l'Université leur furent confiées. En 1561, ils étaient invités à s'établir à Maycnce, et peu de temps après, à Wurzbourg. « Comme la Compagnie de Jésus compte des membres distingués et très savants, » lit-on dans le protocole du chapitre de la cathédrale de Wurzbourg (11 mai 1561), « il a été regardé comme très utile de demander au prédicateur de la cathédrale d'Augsbourg, le docteur Petro Canisio, s'il ne pourrait pas envoyer ici l'un de ses religieux. Notre grâcieux seigneur de Wurzbourg lui a donc fait écrire. » Le prince-évêque Frédéric de Wilsberg priait Canisius, le 3 mai, de lui donner un prédicateur pour la cathédrale. 11 était, lui écrivait-il, très occupé de la pensée d'ériger daus sa ville un collège de la Compagnie de Jésus, célèbre par ses vertus et sa science 6.
1 Ennen, t. IV, pp. 665-673.
« Ennen, t. IV, pp. 696-700.
3 Reiffenuerg, p. 39.
« Ekmen, t. IV, pp. 707-708.
* PootAsn. Epist., t. III, pp. 307-308.
• Wegeue, Universität Wurtbtxrg, t. I, p. 109, note; t. II, p. 34.
La première fois qu'à la prière de chapitre de la cathédrale Canisius prêcha à Augsbourg, cinquante personnes àpeinc entouraient sa chaire *; mais le nombre do ses auditeurs s'accrut bien vite. II parlait avec une telle ardeur, une si grande éloquence, que sa renommée s'étendit bientôt au loin, comme le rapporte le médecin protestant Henri Pantaléon. « Chez les Allemands comme chez les étrangers, » dit-il, « le nom de Canisius est connu et aimé2 ». Pendant le carême, le Père prêchait tous les jours 3. Il écrivait le jour de la Toussaint 1561 : « Nous avons eu aujourd'hui la grande consolation de voir beaucoup de chrétiens se presser autour de la table sainte. La parole de Dieu croît ici à l'ombre de la patience, aussi la Compagnie de Jésus est elle l'objet de beaucoup de calomnies. Puissionsnous être dignes de la croix que le Seigneur nous envoie4! » « A Augsbourg, » écrivait-il à Lainez vers la fin de cette même année, « les indulgences du jubilé ont porté beaucoup de fruits, de sorto que maintenant nous avons énormément à faire. Le nombre des conversions est extraordinaire, et il y a foule autour des confessionuaux 5. »
Partout où Canisius prêchait, il remportait de semblables succès, et il y a peu de grandes églises catholiques où sa parolen'ait retenti, Vienne, Prague, Ratisbonne, Worms, Cologne, Strasbourg, Osnabrück et Wurzbourg furent tour à tour évangélisées par l'apôtre de l'Allemagne °.
Mais la Bavièreet l'Autriche restaient l'objet de sa particulière sollicitude. « Tout dépend de leur fidélité, » écrivait-il. i Si ces deux pays, les plus importants sinon les seuls états où le Catholicisme subsiste encore, tombent au pouvoir des hérétiques, c'en est fait de l'Eglise d'Allemagne 7. »
Le duc Albert vénérait les Jésuites. Il les regardait comme les plus e xcellents prédicateurs, les plus admirables instituteurs de la jeunesse, les modèles de la vie sacerdotale et il leur avait donné toute sa confiance, même à l'époque où il espérait encore faire cesser les discordes religieuses « en temporisant, et aussi en concédant un peu ». fl écrivait à Ignace le 25 juillet 1551 : « Canisius professe la théologie à Ingolstadt avec un très grand succès. Aussi allons-nous
1 Riess, p. 276.
* Prosopographia heroam, etc. (Basilesc, 1566;, pars III, p. 501.
» Lettre à Hosius, 16 mars 1562; Cyprianus, Tabularium, p. 223.
* Lettre à Salméron, Augsbourg, 1" novembre 1561. Voy. plus haut, p. 27, note 4. * * Lettre à Lainez. 20 décembre loül. Voy. la lettre à Hosius, 29 décembre 1361, dans Riess, pp. 293-294.
* Riess, pp. 112-115, 134, 184, 207. 231, 235, 304, 349, 361. 'Lettre à Otto d'Augsbourg, 17 janvier 1556. Riess, pp. 179-181.
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10 nommer vico-cuancelier de l'Université1. » Le Père accepta temporairement le travail, maisnon les revenus ni les insignes2 de cette charge, aussi les annales do l'Université le comblent-elles d'éloges3.
11 s'efforça de remettre en usage parmi les étudiants la réception fréquente des sacrements; tous les dimanches, il réunissait ses élèves autour de lui, et leur faisait une homélie en latin, leur enseignant à s'exprimer dans celte langue aveclacilité et élégance. Une fois par semaine il faisait le catéchisme, il prêchait dans les paroisses. On rapporte à sa louange, et ce fait est intéressant au point de vue des mœurs chrétiennes de cette époque, <que lorsqu'il parlait, ses auditeurs restaient jusqu'au bout du sermon, et même jusqu'à la fin de la messe, au lieu do s'enfuir au milieu de l'instruction ou aussitôt après l'élévation, comme la plupart avaient coutume dele faire auparavant. On revint même, à Ingolstadt, à la pratique du jeûne4.
« Depuis bien des années, depuis qu'on était en possession de la liberté catholique et évangélique, on n'était plus habitué à voir des personnages aussi singuliers que les Jésuites; aussi faisaient-ils sensation. Même parmi les Catholiques, ceux qui criaient volontiers à l'exagération convenaient que les pauvres et les malades les comblaient de bénédictions-, que des filles de mauvaise vie se convertissaient, que des sommes dérobées étaient restituées, que beaucoup de ménages autrefois désunis vivaient maintenant on bonne intelligence, et tout cela grâce à eux : « Beaucoup pensent, » écrivaient leurs adversaires, « que c'est être trop Jésuite que de jeûner et de courir les églises, et préfèrent rester dans leur vieille routine*. »
Jésuite et catholique fervent, ces mots devenaient synonymes.
(c II faut dire à la gloire de la Compagnie de Jésus, » lisons-nous dans un écrit daté de 1575, « que tout homme, prêtre ou laïque qui prend la religion à cœur et remplit exactement les devoirs et obligations qu'elle impose, est considéré comme un jésuite, ainsi que nous l'entendons dire tous les jours 6. » Hermann de Weinsberg écrivait de Cologne : « Notre pupille et la femme de mon frère, ainsi que les jeunes demoiselles de la maison, sont bonnes jésuites; elles vont de grand matin à la messe, et jeûnent souvent. » « Ma sœur
1 Acta Sanctorum Julii (Antverpiac, 1731), t. VU, p. 501.
1 Voy. Sachinds, pp. 5G-60.
«Meueher, t. I, p. 219, et t. II, pp. 150-151.
* Sacchinus, pp. 50-54. * Lettre de Canisius à Ignace, 2 nov. 1550, et 31 août 1551. Voy. plus haut, p. 27, note 4.
5 Ob die abgefeimten pharisäischen Jesuiter schier in allen Stücken su verwerfen (1569), C*.
c Christlicfier Tractât, pp. 0-7.
et les deux jeunes filles sont jésuites; elles boivent fort peu l. «Lorsque le duc Albert fut averti par ses conseillers qu'on accusait son fils Ernest d'être « trop jésuite», il répondit: « Félicitons-nous donc, car cela veut dire qu'il craint Dieu, qu'il estloyal et éclairé, pieux et fervent, et tout ceci ne peut être vrai sans que les enfants du monde n'en éprouvent beaucoup de déplaisir 2. »
En 1556, Albert fit construire à Ingolstadt un vaste collège pour les Pères; trois ans après, il en fondait un autre à Munich. En 1560, il demanda au Père Lainez, Général de l'ordre, d'envoyer encore plusieurs de ses religieux à Munich : « Ceux de nos Pères qui travaillent parmi nous, » lui écrit-il, « se distinguent par leur vie exemplaire et leur zèle pour l'enseignement ; le zèle les consume 3. »
A Vienne, où en 1552 un collège et un gymnase avaient été fondés, le nombre des étudiants s'élevait en 1554 à cent vingt, en 1558 à cinq cents environ. On enseignait aux élèves le grec et le latin 4. En 1554, Ferdinand, écrivant à Ignace, loue le zèle des Jésuites de Vienne, et demande douze religieux pour fonder un nouveau collège à Prague 5. Mais dans cette dernière ville les Jésuites rencontrèrent la plus violente opposition et coururent même de grands dangers. « Pcndaut la messe, » écrivait Canisius à Ignace, << j'ai été salué au maître autel par une grosse pierre lancée par la fenêtre. Le jour de l'Ascension, tandis que le Père Cornelius disait la messe, un Bohême se jeta sur lui aussitôt après l'élévation, le traita d'idolâtre et leva la main pour lui asséner un coup de poing, tandis qu'il lui disait en bohémien : « Pourquoi ne mu réponds-tu pas? » « Nos Pères expliquent la doctrine catholique; ils exhortent à la pénitence et aux œuvres de charité et de miséricorde ; ils visitent les malades dans les hôpitaux et dans les maisons privées, catéchisent le peuple, enseignent les rudiments des sciences et recueillent les aumônes pour les nécessiteux ; grâce à leur influence, beaucoup de chrétiens éloignés depuis longtemps de l'Église reviennent à une pratique fervente; beaucoup qui auparavant leur étaient hostiles deviennent leurs amis. » A Vienne et à Prague, des séminaires pour los théologiens pauvres furent annexés aux écoles des Jésuites e.
* Weinsberfs Gedenkbuch. Falk, Zeitschrift fur deutsche Kulturgeschichte, 1872, p. 768, et 1874, p. 734.
» Lossen, Kölnischer Krieg , t. I, p. 558, note.
a Adlzmuter, t. II, p. 269.
* * Canisius à Lainez, 20 septembre 1558.
s Acta Sanctorum Jutii, t. VII, p. 498.
« KsufA», Senduivj, p. 272.
420 NÉCESSITÉ Dû CONCILE.
Bien que Ton pût constater dans quelques pays un certain revirement d'opinion en faveur du Catholicisme, bien qu'un notable changement se fût opéré dans les mœurs chrétiennes, les Jésuites euxmêmes ne comptaient pas sur le résultat durable de leurs efforts ni sur l'avenir de l'Eglise d'Allemagne tant que n'aurait pas été employé ce remède depuis tant d'années regardé par tous les gens de bien comme seul capablede restaurer la religion, de raffermir la foi, de l'asseoir sur des bases inébranlables et de remédier aux lamentables scandales du clergé : ce qui était souverainement important, c'était la reprise du Concile général. Pierre Faber, Claude Jajus, Salmeron, Canisius exprimèrent à mainte reprise leur opinion à cet égard. Le nonce Com m en don o, aussitôt qu'il eut été à même d'étudier de près la situation, partagea leur manière de voir. « Mous avons besoin de bons maîtres et de bons prédicateurs, » écrivait-il, « il faut qu'avec patience et charité, par leur savoir, leur bon exemple, ils délivrent les peuples de l'erreur, leur exposent la vérité catholique et les reconduisent à l'Eglise, prêchant la doctrine et administrant les sacrements dans les églises, tandis que dans les écoles la jeunesse sera enseignée. C'est ce que font pour le moment en Allemagne les prêtres de la Compagnie de Jésus, pour le salut de beaucoup d'âmes, et au grand profit du Saint-Siège 4; mais il n'en est pas moins vrai que si le Concile n'aboutit point, c'en est fait de la foi catholique en Allemagne. Tous les autres moyens d'instruction, d'exhortation et de bon exemple ne porteront des fruits durables que s'il vient rendre le courage aux Catholiques et leur offrir un ferme et inébranlable appui. Si, par la grâce de Dieu, il peut achever sa tâche, comme nous le souhaitons, bien que les hommes aient désespéré de son succès et qu'ils aient cherché à l'entraver de toutes leurs forces, les Catholiques d'Allemagne retrouveront une vigueur, une union nouvelles et les innombrables hésitants, les timides, les neutres, qui jadis restaient en dehors de l'un et de l'autre parti, sauront de quel côté se tourner. Sur des bases solidement affermies, ayant devant les yeux un but immuable, la réforme pourra s'effectuer. Tout dépend du Concile 2. »
« Aussi le cœur plein d'anxiété, les Catholiques regardaient sans cesse du coté de Trente. » En 1562 et 1563, des nouvelles venues de plusieurs côtés assuraient que les choses y allaient mal
1 Aeusserungen gegen den Cölner Jesuiten Johann von Reidt, d'après une lettre de ce dernier datée du 24 avril 1561. Voy. plus haut, p. 27, note 4.