‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 247 sur 315 · QUESTION S NON RÉSOLUES PAR LE CONCILE · texte numérisé non relu

QUESTION S NON RÉSOLUES PAR LE CONCILE

tions irritantes et d'en remettre la solution à des temps moins troublés. Le Concile se borna donc « à rappeler leur devoir aux princes laïques et à leur recommander la restauration et le maintien de la discipline chrétienne ». Il remit en vigueur les anciens canons et les ordonnances apostoliques ayant trait aux personnes ecclésiastiques et proclama la liberté de l'Eglise en face des attentats dont elle était tous les jours victime. Il exhorta l'Empereur, les rois, les républiques, les princes à regarder les lois de l'Eglise comme les ordres mômes de Dieu, et rappela que plus l'autorité laïque exerçait un pouvoir étendu, plus les ressources temporelles des souverains étaient considérables, plus ils devaient tenir à honneur et considérer comme leur premier devoir de respecter l'Eglise et de lui obéir, obligeant leurs ministres à les imiter dans leur soumission. « Que chacun sous ce rapport s'acquitte de son devoir avec zèle, afin que le service divin soit célébré avec dévotion, que les évêques et leurs auxiliaires demeurent dans leur résidence et charge sans crainte d'y être inquiétés et sans que rien puisse mettre obstacle à leur sainte mission1. » Deux évêques se prononcèrent contre l'insertion de ces conseils dans les procès verbaux, disant qu'ils ne produiraient aucun résultat 2. L'avenir leur donna raison. Même dans les pays catholiques, en dépit de toutes les défenses, exhortations et prières du Saint-Siège, les princes, leurs ministres et les autorités subalternes s'immiscèrent toujours d'avantage dans les alfaires purement ecclésiastiques. En Autriche, par exemple, aussitôt après le Concile et sous le règne de Maximilien III, on vit s'établir un césaro -papisme tellement hostile à la liberté et à l'indépendance de l'Eglise qu'on en trouverait difficilement l'équivalent dans l'histoire.

Or, ainsi que Morone l'avait prédità l'Empereur Ferdinand, la réforme des princes temporels n'ayant pu être obtenue, les décrets relatifs à la réforme du clergé furent loin de produire les résultats qu'on en avait espérés. « Tout prince qui regarde le gouvernement de l'Eglise comme la première fonction de l'Etat laïque, » écrivait le cardinal Otto, «trouvera malheureusement dans le haut et le bas clergé beaucoup de plats serviteurs, heureux de dépendre entièrement du prince, de briguer sa faveur, de mériter par leur servilité, la bienveillance de ses ministres et de ses conseillers. Il s'en trouvera même qui seront les premiers à encourager le pouvoir à asservir l'Eglise 3. » « Nous apprenons avec un profond déplaisir, »

1 Session XXV, Decr. de Reform., cap. 20. s Pali^vicino, üb. XXIV, cap. 7.

» Voy. plus haut, p. Ißi, note 6.

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