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LES CATÉCHISMES DE CANISIUS

feld; il est dédié « à la noblesse, aux conseillers épiscopaux el à tous les pieux chrétiens de Franconie, affligés pour le moment par les Jésuites en délire 1 ». « Les Jésuites, » dit l'auteur, k sont les vraies grenouilles de l'enfer ; le dragon infernal les a vomies, puis envoyées sur la terre. » « Pour rendre plus puissant le royaume de leur père Satan, ils se sont tournés vers la pauvre jeunesse; leur patron et leur père, le docteur Pierre Canisius, a composé un catéchisme pour les enfants, où il enseigne l'hérésie ou plutôt une idolâtrie exécrable; il infecte de ce poison diabolique la pauvre jeunesse ignorante. Aussi est-il urgent d'avertir loyalement les chrétiens simples, et surtout les jeunes gens, d'avoir à se garder de ces masques du diable et de leur ordure diabolique, afin que chacun les fuie et les évite comme de véritables bêles fauves *. »

Tant d'attaques grossières n'altérèrent jamais la sérénité parfaîtede Canisius, et les Catholiques ne perdirent rien pour cela de l'estime et de l'admiration qui leur faisaient préférer son Catéchisme à tous les autres. Les éditions s'en succédèrent rapidement, à Anvers, Louvain, Liège, Cologne, Bàle, Lucerne, Dillingen, Augsbourg, Ingolstad, Mayence, Hildesheim, Hanovre, Douai, Bois-le-Duc, Paris, Mantoue et autres villes3; il eut plus de quatre cents éditions, dont plusieurs polyglottes4. Quelques-unes sont ornées de gravures5. Tous les pays de l'Europe voulurent en posséder la traduction. Dès 1623, Mathieu Rader pouvait écrire : « Canisius parle à peu près le langage de tous les peuples. Allemands, Slaves, Italiens, Français, Espagnols, Polonais, Grecs, Bohèmes, Anglais, Ecossais, Ethiopiens, et comme je l'ai appris de mes frères, Japonais et Indiens étudient la religion dans ses catéchismes, de sorte qu'on peut dire en toute vérité qu'il est devenu le docteur et l'instituteur de la plupart des peuples connus 6. » En Allemagne, en particulier, le nom de Canisius devint bientôt synonyme de catéchisme, « As-tu donc oublié ton Canisius? » voulait dire : «Ne sais-tu plus ce qu'enseigne le catéchisme?» Des évêques exprimèrent à plusieurs reprises la conviction que c'était en grande partie à Canisius qu'il fallait attribuer le maintien de la foi catholique en Bavière, en Autriche, en Bohême, en Souabe, en Tyrol et en Suisse 7.

» Voy. Heiser, pp. 62-75. Köcher, pp. 50-65, de Bäcker, t. I, pp. 1053-1065 ; l. III, pp. 2054-2055.

<Riess, pp. 121-122.

r- Voy. sur ces éditions Reiser, pp. 66, 67, 75, de Bäcker, t. II, pp. 1180-1182; t. III, p. 2435.

« Vita Canisii, p. 58.

t Voy. Riess, pp. 532-533. Gkrhanus, p. 118.

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