‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 260 sur 315 · CONCESSIONS FAITES PAR MAX1M1LIENII A LA NOBLESSE PROTESTANTE · texte numérisé non relu

CONCESSIONS FAITES PAR MAX1M1LIENII A LA NOBLESSE PROTESTANTE

pour le spirituel. Quiconque briguait la faveur du prince ou désirait faire sa carrière, quiconque voulait conserver son avoir, devait, dès qu'il s'agissait de religion, « chanter dans le même ton que ses maîtres ». La conséquence de cet (Hat de choses, pour les prêtres comme pour les laïques, fut une universelle apostasie l. L'évêque Khlosl, parlant de la situation religieuse sous Maximilian, écrivait : « Comme les conseillers laïques de Sa Majesté se sont immiscés dans toutes les affaires intérieures de l'Eglise, sans aucun égard pour les droits des évêques, l'autorité épiscopale et le respect qui lui est dû furent peu à peu ruinés. » « Dans le clergé, la licence prit la haute main, parce que les prêtres de mauvaise vie se sentaient appuyés par la cour contre l'ordinaire. Les conseillers laïques s'arrogèrent le droit de gouverner l'Eglise et de décider dans les questions de religion ; les prélats, les simples prêtres leur obéissaient servilement, de sorte que l'état ecclésiastique ne tarda pas à se trouver absolument laïcisé. Les prêtres se marièrent, au vu et su de tout le monde; leurs enfants légitimés purent, tout aussi bien que les fils de laïques honorables, recueillir des héritages. » En l'espace de peu d'années, dans tous les couvents et paroisses de l'Autriche, le catéchisme et le culte luthérien s'établirent sans obstacle, et les choses en vinrent à un tel point « que rien n'était plus méprisé, plus avili que la religion catholique et ceux qui lui restaient fidèles. A Vienne, en pleine rue, les religieux, les prélats eux-mêmes étaient hués par la plus vile canaille. Plus d'une fois des prêtres, portant le saint-sacrement aux malades, furent attaqués et maltraités2. »

En 1568, Maximilien autorisa les seigneurs et les chevaliers de la Haute et de la Basse Autriche « à exercer et pratiquer dans leurs châteaux, maisons et domaines, dans leurs terres et dans les églises placées sous leur patronage, la religion et les cérémonies luthériennes ». Cette autorisation et la « Concession impériale » datée du 14 janvier 1571 ne regardaient point les habitants des villes et des bourgs, ne concernaient ni les bourgeois ni les paysans mais seule-

1 Message des membres d'Empire catholiques d'Autriche à l'archiduc Mathias. Voy. KflEVENiinxER, Annal. Ferd.A. VI, pp. 3151-3172. Raupacu. Eoanqet. Oestereich, t. 1, doc. VIII. Sur la manière dont le bien d'Eglise était administré par la répence autrichienne, voy. Biedermann, Ans der cameraf istischen Praxis des 16. Jahrhunderts. Zeitschrift fur deutsche Kullurjesch. 1858, pp. 363 et suiv.

* v. Hammer.Pürgstall, t. I, doc, pp. 308-313.

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