CONCBSSIONS FAITES PAR MAXIMIMEN II A I.A NOBLESSE PROTESTANTE
ment les nobles. De même que le traité d'Augsbourg avait permis aux seuls princes d'embrasser le Protestantisme, et que les sujets avaient été obligés à se diriger d'après la religion de leurs seigneurs, la « Concession » fut considérée comme le privilègo exclusif de la noblesse. En revanche, les seigneurs et chevaliers s'engagèrent par serment à ne jamais attaquer 1 ancienne religion, à ne rien entreprendre contre les Catholiques, et à ne rien retrancher de leurs revenus ni de leurs droits *.
Aucun de ces engagements ne fut tenu.
Les nobles promirent en outre, dans une convention secrète, de ne faire imprimer aucun livre en dehors ou à l'intérieur du pays, et de n'accepter jamais d'autre Confession que celle d'Augsbourg. Douze théologiens « éclairés », élus par eux, devaient réorganiser la constitution ecclésiastique, régler le culte et les cérémonies. L'Empereur s'était réservé le droit de nommer dix de ces docteurs.
Mais ce ne fut pas à une commission, c'est à un théologien de Rostock, à David Chytrâus, que fut confiée la tâche de réorganiser l'Eglise d'Autriche.
Le 25 septembre 1568, Maximilien informa les ducs Jean, Albert et Ulrich de Mecklembourg qu'il avait autorisé les nobles et les chevaliers à embrasser la Confession d'Augsbourg. « Ce divin ouvrage lui tenait fortement au cœur, » écrivait-il, aussi priait-il les princes d'autoriser le professeur Chytrâus à venir en Autriche pour préparer une « agende », établir et réformer d'après la Confession d'Augsbourg la constitution ecclésiastique. Chytrâus vint en Autriche, et l'Empereur, écrivant au duc le 19 août 1569, lui rend le témoignage qu'il s'est acquitté de sa tâche avec un zèle digne d'éloges et a bien mérité de lui 2. » Cependant, le travail de Chytrâus n'obtint son approbation qu'après avoir été tellement remanié par le prédicant Christophe Reuter que Chytraüs n'y reconnut plus son ouvrage, et qu'il exprima hautement sa surprise de voir l'Empereur prendre pour base de la « Concession » « l'informe mélange » de son collègue. Un grand nombre de prédicanls mirent les chrétiens en garde contre le nouveau formulaire, plusieurs le déclarèrent contraire à l'Ecriture. Du reste, chaque ministre n'en prit que ce qu'il voulut \
« Toute cette affaire fut la source de discordes et de jalousies interminables; » ce qui n'empêchait pas les membres d'Empire de répéter que la chose la plus urgente pour le moment, c'était « l'ex-
i Voy. v. Hammer-Purçstall, t. î, doc. p. 16.
* Voy. cette lettre dans Raupach, Zweifache Zugabe, pp. 103 >I06. ' Wiedemann, t. I, pp. 352-379.