CONCESSIONS FAITES PAR MAX1MIL1KN 11 A LA NOBLESSE PROTESTANTE
tirpaiion de l'idolâtrie papiste ». « C'est chose lamentable, » écrivait l'évêque de Passau à Maximilian, « que de voir une nouvelle religion imposée aux pauvres sujets, et souvent contre leur gré, dans les villes, bourgs et villages des deux membres d'Empire Autrichiens. L'Empereur doit veiller à ce que la nouvelle religion ne soit tolérée que dans les maisons particulières et les châteaux de la noblesse; dans les villes, bourgs et villages l'ancienne religion doit être maintenue. » Les curés catholiques qui refusèrent d'embrasser le nouveau culte furent destitués par les seigneurs, et comme on manquait de mi * nistres, des métayers, des régisseurs, des étudiants vagabonds, des maîtres d'école ignorants furent envoyés à Tubingue, à Berlin, à Rostock pour y remplir les fonctions ecclésiastiques. Bientôt on vit affluer de tous les points de l'Allemagne protestante toute sorte de gens se faisant gloire d'être évangéliques, mais ne sachant autre chose qu'injurier et faire du tapage. « Il y a quelques années, » écrivait Christophe Reuter à Martin Chemnitz le 14 juin 1572, « il nous semblait que si seulement nous pouvions obtenir de Sa Majesté la liberté de pratiquer notre religion, nous n'aurions plus rien à souhaiter. Maintenant que nous sommes exaucés, le feu semble avoir pris à notre toit. L'un vient de Wittemberg, l'autre de Souabe, de Bavière, du Palatinat, du Wurtemberg, de Meissen, de Silésie, et chacun veut être le coq du village. Partout règne la licence, l'orgueuil et la discorde 4. »
1 Ral'i'acii, Zweifache Zuyatu-, pp. 11C-H8.