ZÈLE DES JÉSUITES EN BAVIÈRE
cependant les Catholiques prétendirent n'avoir agi que par zèle pour la religion et parce qu'ils la regardaient comme le premier et le plus précieux des biens; ils nièrent avoir jamais ?ongé à conspirer contre leur prince. Albert n'usa point de rigueur envers eux; dans toute cette affaire, il (it preuve d'une grand*» modération, mais, averti par l'expérience, il résolut de se mettre à l'abri pour l'avenir de ces sortes de dangers1. II déclara donc aux Etats de Munich qu'il était nécessaire, à cause des guerres, des surprises, des révoltes dont le pays était menacé de tous côtés, de se mettre d'avance à l'abri de toute entreprise criminelle 3.
Convaincu maintenant que la douceur et l'indulgence ne suffi* saiènt pas toujours au maintien de la tranquillité publique, il eut recours à la sévérité. La paix de religion lui donnait le droit d'établir l'unité de foi dans son duché, les sujets étant obligés de professer et de pratiquer la religion de leur prince; il résolut d'user de ce droit.
Plus l'Empereur Maximilien « vacillait dans la foi », plus il faisait de concession, plus il temporisait et n'était en réalité, « ni chair ni poisson, » plus Albert eut à cœur de se poser en champion de l'Église. Lui et les deux princes qui lui succédèrent devinrent les patrons, les guides temporels de l'Allemagne catholique, tandis que l'influence de la maison do Habsbourg diminuait de jour en jour. Bientôt, dans les questions politiques et religieuses, le petit duché de Bavière acquit autant d'importance que s'il eût compté parmi les grandes puissances européennes.
Les Jésuites eurent une grande part au réveil do la vie catholique dans ses états. « En Autriche, » écrivait Canisius, « notre foi est à peu près dans le même abaissement qu'en Saxe. Si nous n'employons tout notre zèle à défendre la Bavière, notre Allemagne n'aura plus un seul territoire vraiment fidèle. Notre devoir est donc de soutenir le courage du duc Albert, afin qu'avec un zèle brûlant il prenne en toute occasion la défense de la religion, qu'il ne néglige rien pour la faire respecter, et ne souffre pas que les commandements de l'Eglise soient méprisés. C'est la ligne de conduite qu'il doit prendre s'il veut maintenir ses sujets dans le respect et l'obéissance . »
« Quand le bon exemple est donné d'en haut, quand, à la cour,
1 Sur l'affaire d'Ortenburg, voy. Husciimcno, pp. 378-399, voy. surtout Bt'Kirt, Das Verfahren Albrechts V '.gegen den Grafen Joachim von Ortenberg und einige andere Landsassen, wegen Majestätsbeleidigung und Meuterei im Oberbayerischen Archiv., t. II, pp. 23*-264. Voy. aussi v. Aretin, Maximilian, pp. iîï et suiv.
» Fbeydero, Land.ifände, t. II, p. 3r>9.