‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 267 sur 315 · ZÈLE DES JÉSUITES EN BAVIÈRE · texte numérisé non relu

ZÈLE DES JÉSUITES EN BAVIÈRE

on voit la religion, les boDnes mœurs en honneur, la société tout entière s'en ressent; un tel exemple ne reste jamais stérile, et les personnes de toute condition sont attirées vers le bien . » a Dieu merci, » écrivait un jésuite de Munich, Frédéric Reinholt, « il y a, paraît-il, beaucoup de bon à la cour de notre gracieux seigneur. On y aime beaucoup trop le luxe, j'en conviens; des habitudes plus simples seraient d'un meilleur exemple; mais les scandales d'autrefois n'existent plus. Celui qui a fréquenté les cours des princes ecclésiastiques et laïques sait ce que cet éloge signifie. » Canisius, louant la vie sage et vertueuse d'Albert, le compare au lis entre les épines. « Les vertus catholiques brillent d'un vif éclat dans sa famille, » écrit-il. « Lo peuple est profondément édifié lorsqu'il le voit, suivi de tous les siens, venir fréquemment s'asseoir à la sainte table, assister au sermou les dimanches et jours de fête, et prendre part aux solennités de la religion. » « Le jour de la Fête- Dieu le duc a accompagné le saint sacrement avec la plus grande dévotion ; il tenait un cierge à la main; sa mère, son épouse et toute la noblesse ont imité son exemple1. »

Le duc était tout dévoué aux Jésuites, et Canisius le constatait avec joie. Albert avait pris sous sa protection les collèges et les écoles des Pères, il les aidait à organiser des missions populaires et leur demandait conseil dans toutes ses difficultés. Mais Canisius ne voulut jamais permettre que les Pères de la Compagnie acceptassent à la cour des charges et des emplois ; il ne voulut même pas qu'ils eussent entrée dans les conseils ecclésiastiques, de peur qu'ils ne fussent conduits à s'ingérer dans les affaires politiques et civiles. « Les religieux, » disait-il, « n'ont rien à voir dans les affaires du siècle, et pour leur vie spirituelle le séjour chez les grands constitue un grave péril. »« Il y a là,» écrivait-il en 1576 à Mercurian, Général de son ordre, « un danger réel pour nos frères, qui, sans règlement fixe, et, comme on dit, semblables à des poissons hors de l'eau, sont obligés d'avoir en beaucoup de choses plus de liberté que notre règle ne juge prudent d'en avoir. » Plus tard, lorsque le duc Guillaume Y voulut absolument que son conseil ecclésiastique fût présidé par un jésuite, et qu'il envoya un ambassadeur au Pape dans l'espoir qu'un ordre de lui triompherait des résistances de Canisius, ce dernier écrivait à Mercurian : ce Je ne sais si l'on peut imaginer quelque chose de plus contraire à la simplicité de notre ordre, de

* Canisius à Hosius, 8 août 1564. Lettre du 20 sept. 1554. Ribss, pp. 330-332. * Synopsis catholica (1568), pp. 27-28. Lettre au cardinal- évéque Otto d'Augsbourg, 1er décembre 1569. Relation officielle au Général des Jésuites François Borgia l«r juillet 1565. Yoy.plus haut, p. 27, note 4.

Page 1