TENTATIVE D'UNION DE JACQUES ANDREA
nous sommes tous prophètes en ce moment, car là où deux ou trois sont ensemble et se plaignent de la façon dont va le monde, surtout parmi nous autres Allemands, ils lombent d'accord pour dire : Les choses ne peuvent durer longtemps ainsi; une catastrophe est imminente ; notre état ne peut empirer! Il n'y a plus de crainte de Dieu, peu ou point de probité, plus de foi; le vice triomphe, nous serons visités avant peu par le courroux du ciel; il n'en peut être autrement1. »
Andres « regardait comme une des causes principales d'une si terrible corruption » les querelles qui divisaient les Evangéliques dans la bien-aimée patrie. « Nos disputes, » disait-il. v troublent la foi populaire, et rendent les âmes incertaines de ce qu'elles doivent croire. » « Les Eglises protestantes, » écrivait-il en 1570 au prince d'Anhalt, « sont discréditées en tous lieux à cause de la fureur de calomnie qui les tourmente. On leur reproche avec raison leur désunion ; en effet, à peine si l'on pourrait trouver dans toute l'Allemagne deux ministres entièrement d'accord sur tel ou te article de la Confession d'Augsbourg. » Andreâ passait sa vie en de vaines tentatives de concorde. A plusieurs reprises, dans l'espoir d'atteindre son but, il avait été jusqu'à compromettre son renom théologique. Aussitôt après le colloque de Zerbst*, il avait rompu avec les Philippistes de Wittemberg, et disait maintenant de la somme théologique de Mélanchthon, qu'auparavant il avait déclarée d'une rigoureuse orthodoxie, « qu'elle était toute remplie de détestables erreurs ». Dans une suite de sermons publiés en 1573, il fait du Catéchisme de Lutherie symbole uniquede la doctrine protestante et lanco l'anathème à toute doctrine qui lui est opposée. Pour complaire à Martin Chemnitz, dont il s'était rapproché, il réédita ces sermons sous forme d'articles dogmatiques sous le titre de Concorde Souabe. Le duc Jules de Brunswick approuva l'ouvrage, et, grâce à son zèle et aux efforts de Chemnitz, l'union de l'Eglise de Souabe et de celle de Basse- Saxe fut bientôt un fait accompli 3.
1 Erinnerung nach dem Lauf der Planeten gestellt (Tubin^ue, 1568), pp. 22, 49, 140, 146. 181, 191, 202. Dreisehn Predigten vom Türken (Tubingen, 1569), pp. 106 et suiv. Voy. Döllinger, t. II, pp. 375-378.
» Voy. plus haut. p. 367.
» Dölllnoer, t. II, pp. 379-380. Hem>e, Gesch. des Protestantismus, t. III, p. 9-73.
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La restauration du Luthéranisme dans le Palatinat fut considérée par les Protestants comme un événement providentiel , et comme l'avant-coureur de la conciliation prochaine. Sous l'Electeur Louis, l'hostilité religieuse, qui depuis tant d'années avait séparé le Palatinat de la Saxe, cessa d'agiter ces pays. « Louis et Auguste, animés du même zèle, marchèrent dans les mômes voies pour le triomphe de la vraie religion. » Ils unirent leurs efforts à ceux de l'Electeur de Brandebourg, pour combattre le Calvinisme et travaillèrent avec ardeur à grouper autour d'eux tous leurs coreligionnaires.
Auguste fut le premier et le plus puissant patron de « l'œuvre de concorde ». Andrea en fut « le vrai père selon l'esprit ».