SIGNATURE DU LIVRE DE BERG
poir, comme Caïn et Judas, devait servir de salutaire leçon *.
Dans l'Electorat du Brandebourg, les commissaires rencontrèrent, parmi les prédicants, les professeurs et les maîtres d'école, la plus vive résistance.
Les prédicants de la Marche-Nouvelle trouvèrent singulier qu'on eût abandonné les plus graves décisions dogmatiques à six théologiens, dont une partie avait soutenu très peu de temps auparavant les doctrines qu'ils rejetaient aujourd'hui. Pourquoi, disaient-ils, n'avoir pas consulté les Eglises et les Universités du reste de l'Allemagne? Ils critiquaient aussi « la prétendue concorde », prédisant qu'elle ne servirait qu'à augmenter la discorde et la confusion. Beaucoup de pasteurs du Brandebourg protestèrent contre les articles du péché originel et du libre arbitre. Musculus n'obtint leur signature qu'en leur affirmant qu'il communiquerait à l'Electeur leurs remarques et leurs critiques *.
On n'eut pas de peine à réunir les adhésions dans les duchés de Wurtemberg, de Brunswick, de Mecklembourg et dans les villes de la Basse Saxe, à l'exception de Brème, qui refusa de se soumettre « à des docteurs présomptueux qui avaient osé fixer des dogmes de leur propre autorité et imposer des paradoxes à la manière des prétoriens et des dictateurs 2 ».
« Dans un grand nombre de localités, les signatures furent obtenues par d'étranges procédés. » A Anspach, le margrave Georges- Frédéric déclara préalablement qu'il punirait sévèrement quiconque ferait mine de résister. Les chanoines assemblés à Kitzigen n'eurent même pas la permission de parcourir une seconde fois des yeux le formulaire proposé à leurs signatures. Ceux qui en firent la demande devinrent suspects. « C'est ainsi, » lit-on dans un mémoire du temps, « que partout les adhésions ont été données, sans plus ample explication, sans qu'une seule observation fût permise. Si quelqu'un se fût abstenu, il aurait été aussitôt déclaré calviniste, il aurait été
gouvernants. Je ne connais pas d'homme dans ce pays (à l'exception d'un seul) dont il ait bonne opinion, et cependant, quand il parle aux gens, il leur fait mille amitiés, qui ne sont que mensonge. Virlutesipsius : mœurs légères, orgueil, avarice. Tantôt oui, tantôt non, arrogance, soif de vengeance, hypocrisie, flatterie, déloyauté, mépris de tous les hommes. Presskl, Andrea, pp. 244-347. De son côté, Andréâ se plaignait « des tours sataniques » de Selnekkcr, et disait que lui et d'autres théologiens se seraient réjouis de le voir, lui, le Souabe, attaché à la potence. Dôixinger, t. II, pp. 337-338. — L'Université de Wittemberg, à la suite des querelles religieuses, tomba dans le plus triste abaissement. Le 14 septembre 1578, Paul Franz écrivait à Jérôme Schaller : « Status scholœ et civium est tristissimus. Auditoria ubique vacua, etc. » Riederer, t. I, p. 367, voy. t. I, p. 24i. 1 Heppe, t. 111, pp. 24Ô-247.
J 1 HESSEL, Kurfürst Ludœiff, pp. 43 cl suiv. Heppe, t. III, p. 2o2.