‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 303 sur 315 · A OVERS A III KS DU LI VUE DE BERG · texte numérisé non relu

A OVERS A III KS DU LI VUE DE BERG

chassé du pays avec femme et enfants. Et où trouver un refuge en un pareil moment 1 ? »

On traita les Flacinicns comme les Calvinistes, c'est-à-dire sans aucun management. La mère du margrave elle-même f/it soupçonnée d'hérésie

A Magdebourg le formulaire fut d'abord rejeté puis adopté, grâce aux efforts du duc Jules de Brunswick 3.

Les théologiens du comte palatin Jean de Palatinat-Deux- Ponts avaient déclaré, au mois d'août 1577, que le livre de Berg était conforme à l'Ecriture et « qu'ils lui seraient fidèles jusqu'à la mort ». Mais, en juin 1578, un nouveau synode s'étant réuni pour l'examiner plus à fond, le formulaire fut rejeté. Dans le Palatinat-Neubourg, les prédicants ne signèrent que lorsque le comte palatin Philippe-Louis l'eut exigé et après que le surintendant Teitelbach leur eut affirmé que « le livre était tout à fait conforme à l'esprit de Mélanchthon 4 ».

L'Electeur palatin Louis, bien que zélé luthérien, fit quelques difficultés avant de recevoir le formulaire. Il demanda du temps pour réfléchir. Il n'admettait pas tout à fait l'article relatif à la personne du Christ, et il eût souhaité encore d'autres rectifications. « Nous ne voyons pas bien, » écrivait-il le 17 octobre 1577 aux Electeurs de Saxe et de Brandebourg, « pour quelle bonne raison, sous quel prétexte de conscience, nous nous croirions obligés, nous autres princes du Saint-Empire, de signer le formulaire, puisque plusieurs points n'ont pas encore été corrigés dans le sens où nous l'aurions désiré 5. »

Le landgrave Guillaume de Hesse annonça la résolution bien arrêtée de combattre à outrance le livre de Torgau et le formulaire remanié de Berg. 11 écrivait à l'Electeur de Saxe : « Par la doctrine de l'ubiquité et les horribles interprétations qu'on lui donne, l'homme du peuple simple et crédule n'est exposé à rien moins qu'à tomber dans l'athéisme6. » Il fit publier la longue liste des opinions contradictoires de Luther sur la Cène pour prouver que sur ce sujet il était impossible de s'appuyer sur lui 7.

« Heppe, t. III. pp. 252-254.

1 Lang. Baireuth, t. III, p. 378.

» Heppe, Gesch. des Protestantismus, t. III, p. 255.

«Heepe, t. III, pp. 256-271.

* Presser, Kurfürst Ludwig, pp. 36-38. Heppe, t. III. pp. 263-266.

* Heppe, Gesch. des Protestantismus, t. III, pp. 271-290.

7 3 février 1577. Voy. Heppe, Generalsynoden, t. I, doc., p. 81. Voy. la lettre de Guillaume au prédicaut Martin Mirus, 13 août 1577. Pressel, Kurfürst Ludwig, p. 59.

iv 34

530 ADVERSAIRES DU LIVRE DE BERli.

Le4prince Joachim Ernest d'Anhalt déclara à son tour par l'organe de ses théologiens que le livre de Bcrg, avec sa prolixité et sa subtilité déplorable, ne conduirait pas à la paix mais serait infailliblement une nouvelle pomme de discorde et que de vieilles querelles allaient se réveiller. * Andrea, » disait-il, « s'est glissé chez nous comme un renard, il a rendu célèbre dans le monde entier sa pitoyable indécision de femme. Pendant longtemps il a oscillé eutre tel ou tel parti ; autrefois, il a dit en termes édifiants qu'il ne respirait que pour la gloire de Mélanchthon, qu'il voulait mourir en confessant sa doctrine; maintenant il insulte publiquement son ancien maître, et l'appelle « un Salomon idolâtre 1 ».

Au colloque d'Herzberg, où les théologiens de Saxe, du Brandebourg et d'Anhalt se réunirent en 1578, Mélanchthon fut stigmatisé comme fauteur principal de toutes les hérésies. Musculus proposa de déterrer son cadavre et de le brûler avec tous ses écrits 2. Ce colloque n'eut d'autre résultat que la mésintelligence toujours plus irrémédiable des partis en lutte 3.

L'Electeur Auguste ^ayant appris que Joachim-Ernest d'Anhalt l'avait desservi auprès des autres princes en prétendant qu'il avait abandonné la vraie religion de la Confession d'Augsbourg pour adopter une doctrine d'erreur, lui écrivit le 26 juin 1577 : « Si jamais vous vous permettiez encore semblable calomnie , qui touche à mon honneur, je me verrai contraint de prendre vis-àvis de vous certaines mesures qui n'établiraient pas entre nous une amitié très chaude 4. »

Après de longues discussions, les concordistes obtinrent la signa* ture de l'Electeur palatin Louis, grâce à une préface où les points qui lui déplaisaient avaient été adoucis ou modifiés, « On essaya de ramener Joachim Ernest par le même procédé , mais sans y réussir. Ce prince ayant demandé pourquoi les changements qu'il avait indiqués ne se trouvaient pas dans le formulaire, Andrea lui répondit que le seul endroit où l'on pût insérer des rectifications, c'était la préface; le formulaire était l'œuvre des théologiens, au lieu que dans la préface les princes avaient la parole, et grâce à elle, il avait été possible d'avoir égard à toutes leurs observations.

1 Pressel, Kurfürst Ludwig, pp. 69-71. Hepi»e, Gesch. des Protestantismus, t. III, pp. 2Ö2-2W.

- Ecrivait Paul Franz a Jérôme Schaller, le il septembre 1E73, au rapport « d'un homme très digne de foi ». Voy. Riederkr, t. I, p. 3G6.

s Bkckman.n, t. II, p. 117. Saug, t. I, p. 433. Pressel, Kurfürst Ludwig, pp. 268-284. H. Moller écrivait le 22 septembre 1578 à J. Monau à propos des négociations d'Herzberg : « Res tota magnis clamoribus acta est Septem qui bus convenerunt diebus. » Gillet, Crato, t. II, p. 222, note 26.

* Hewe, t. IV, p. 125.

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