‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 305 sur 315 · ADVERSAIRES OU LIVRE DE BERG · texte numérisé non relu

ADVERSAIRES OU LIVRE DE BERG

blique seront détruites; les papistes, voyant que Ton renonce à l'article sur la personne du Christ, qui est le fondement même de la foi chrétienne, ce que toujours ou a reconnu avec eux, auront grand sujet de se réjouir et s'imagineront que nous nous réconcilions avec eux *. »

Outre le Landgrave Guillaume et le prince d'Anhalt, les trois landgraves de Hesse, Louis, Philippe et Georges, les trois comtes palatins Jean-Casimir, Jean de Deux-Ponts et Richard de Simmern, les ducs Hans-Frédéric et Ernest-Louis de Poméranie rejetèrent le formulaire. Dans le Holstein, le surintendant général Paul de Eitzen écrivait au nom de tous ses prédicants à l'Electeur de Saxe : « Louange au Dieu bon et fidèle qui n'a pas permis, il y a trois ans, que nous apposions nos signatures au livre de Torgau ! Si nous avions eu la faiblesse d'agir autrement, et que maintenant nous voyions les auteurs de cette confession la corriger eux-mêmes, la remanier sans fin, jusqu'à ce que le formulaire de Berg en sorte, en vérité nous aurions peu de raisons d'être fiers de notre jugement! »

Faisant ensuite la critique du formulaire, Eitzen poursuivait : « Le livre de Torgau a dit juste relativement aux bonnes œuvres, mais celui de Berg remanie et modifie complètement l'article. En revanche, et très certainement, il corrige deux erreurs grossières relatives à la Cène, entre autres, la proposition qui veut que certains pa yens aient eu l'esprit du Christ et que le ciel ne soit pas un lieu déterminé; mais dans l'article du péché originel, des erreurs pélagiennes et manichéennes se sont glissées 2. »

1 Presskl, Karfürst Ludwig, p. 474. Voy. dans Pressel, p. 508, l'opinion que le landgrave et Andreä avaient l'un de l'autre. Heppe, t. IV, p. 258, notes. Voy. aussi Heppe, Kirchengesch . , t. I,pp. 409ctsuiv. Pressel, Andrea, p. 247. Enumérant les motifs de l'abstculion de Guillaume et du prince Joachim-Ernest d'Anhalt, Andréa disait à l'Electeur Auguste : 1° que tous les deux avaient de fausses doctrines; 2» que tous les deux avaient l'inique folie de croire que chacun possédait le do nu m dijudicandî spiritus et le donum prophetiae et que tous les deux te trompaient grandement, car le Saint-Esprit, non seulement a séparé ses dems, mais les a donnés à divers degrés aux hommes ; qu'une inégalité semblable se rencontre entre les docteurs, et que pour cette raison, même parmi les prophètes, les uns doivent être soumis aux autres, et que l'un doit céder à l'autre toutes les fois qu'il s'aperçoit que son confrère parle avec plus de sagesse que lui. Presses,, Kurfürst Luduig, p. 497. Auguste consulta ses livres de géomancie pour savoir la véritable raison de l'abstention du landgrave Guillaume; il en obtint cette réponse : • Ce qui le sépare de nous, ce sont des conseillers faux et menteurs ; c'est son esprit brouillon, qui est cause que peu de gens peuvent se fier à lui ; outre cela, le démon de l'orgueil le possède et l'empêche de s'en rapporter au sentiment des autres.» Richter, Die Punctirbùcher, p. 29.

* Pressel, Kurfürst Ludwig, pp. 504-509.

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