LE LIVRE DE RÉFUTATION
nombre de Protestants. Il proposa aux membres d'Empire du cercle de la Basse Saxe d'envoyer leurs théologiens à Magdebourg pour y condamner en bloc toutes les sectes ; mais ceux-ci s'étant effrayés d une démarche si grave, Flacius, le plus influent des docteurs saxons, conseilla au duc de publier, avec l'assentiment de ses frères, un écrit condamnant toutes les hérésies et d'obliger tous les prédicants de ses états à le signer. Jean-Frédéric suivit ce conseil; la nouvelle déclaration, rédigée par un certain nombre de docteurs, reçut le 26 novembre 1558 sa solennelle sanction, et fut envoyée aux surintendants, avec ordre d'avoir à la considérer désormais comme le formulaire définitif de la foi. Les prédicants furent obligés d'en donner lecture en chaire au peuple assemblé 4.
Cet écrit, connu sous le nom de Livre de réfutation, bien qu'assez insignifiantau point do vuede la science, appartient incontestablement aux plus importants écrits de polémique de cette époque; il jette une vive lumière sur la situation du Protestantismo à cette date; signé de noms autorisés, écrit sous la forme d'un symbole, il renferme, dans un langage souvent âpre et passionné, la condammation de toutes les sectes s'écartant quelque peu du plus strict luthéranisme. La doctrine de Luther y est déclarée seule capable de conduire au salut. Selon lui, aussitôt après la période apostolique, le mensonge et la corruption ont envahi l'Église, et l'erreur a toujours grandi dans le royaume antichrétien de la Papauté, grâce aux efforts de Satan. Mais enlin Dieu a suscilé Luther, le nouvel apôtre de sa parole; une seconde fois sa divine voix s'est fait entendre au monde. « Et pourtant, » avouait Frédéric, « on en est venu, parmi nous, à être comme saturé, comme las et rassasié de ce verbe adorable. Contrairement à la parole de Dieu, toutes sortes de cérémonies ont été rétablies et les consciences sont tellement troublées et envahies par le doute qu a dire le vrai, elles ne sentent plus actuellement aucune base à leur foi et quelles ont besoin d'être de nouveau éclairées sur ce qu'elles doivent faire ou éviter pour obéira la parole du Seigneur2.»
Sont ensuite condamnés, rejetés comme hérétiques et déclarés « coupables d'avoir troublé l'Eglise évangélique», Servct, Schwcnck-
1 Preukk, t. II, pp. 77, 79.
* Johann Friedrichs V, des Mittlern, Hersagen ta Sachsen, in Gottes Wort, prophetischer und apostolischer Schrift gegrimdenle Confututiones, Widerlegungen und Verdammgung etlicher ein Zeit her tuvider demsefeen Gotteswort und heiliger Schrift, auch der Augsburgischen Confession, Apologien und der schmalkaldischen Artikeln, aber zu Forderung und Wideran fichtung des Antichristlichen Papstthums eingeschlichenen und eingerissenen Coruptelen, Secten und Irrthumen, leua, 1559.