ADVERSAIRES DU RECEZ DE FRANCFORT
cas de sa mort, Christophe promettait de se donne sans réserve à Maximilien *. « Quelle joie parmi les Evangéliques unis, et combien les papistes idolâtres seront affligés, » écrivait un prédicant à cette date, « si le noble Maximilian, comme nous l'espérons tous, confessait et protégeait le pur Evangile sur le trône impérial, et devenait le pasteur suprême de tout son peuple 2 ! »
Mais le recez de Francfort n'eut point les bons efïets qu'on en espérait; bien au contraire, il ne servit qu'à fortifier les aversions et les rancunes.
0 Dans ce document, » déclarèrent, par l'organe de David Chytreus, lis théologiens du Mecklcmbourg réunis à Wismar, « les articles de la doctrine sont exposés d'une manière ambiguë qui peut donner lieu aune double interprétation, et cela dans le but évident d'en faciliter la signature aux sacra men ta ires et autres hérétiques. • Après avoir pris connaissance de la protestation de David, le duc de Mecklembourg refusa de signer 3. Le duc de Poméranic, le prince d'Anhalt, le comte de Henneberg, les villes de Uatisbonne, Nuremberg, Hambourg, Lübeck, Lunébourg et Magdebourg suivirent son exemple 4. Les théologiens de Magdebourg ne voulurent accepter aucun des articles proposés avant d'avoir mûrement réfléchi. D'ailleurs, les princes temporels, les seigneurs laïques, avaient à leur avis, fort mal agi en s'arrogeant le droit de rédiger des formules de foi sans le concours des théologiens, seuls compétents en ces matières, d'autant plus que dans leurs états plusieurs docteurs avaient, au vu et su de tout le monde, soutenu des hérésies manifestes. C'était là vraiment bâillonner le Saint-Esprit, mettre obstacle à la répression de l'hérésie et au châtiment des faux prophètes. Si le recez était imposé aux consistoires, une nouvelle Papauté allait infailliblement s'élever, ce que l'attitude servile de plus d'un docteur faisait déjà prévoir. Mais si les consistoires acceptaient un pareil joug, s'ils admettaient une doctrine falsifiée , les prédicants ne seraient-ils pas dans leur droit en refusant de leur obéir ?
Jean-Frédéric de Saxe combattit le recez avec plus d'énergie qu'aucun de ses collègues, et s'efforça de grouper autour de lui un grand
1 Die Briefe Maximilians und Christoph'*. Le Bret, t. IX, pp. 87, 107, 110, 112, 122, 124, 126. Le 18 juillet 1550.1e surintendant Nicolas Gallus écrivait au duc Jean-Albert de Mecklembourg au sujet de Maximilien, qui en roule pour Bruxelles, avait traversé Ratisbonnc : « Son chapelain, qui a pris femme et qui est tout disposé à embrasser la vraie doctrine, m'a fait un grand éloge de l'esprit chrétien et des bonnes dispositions de son soigneur, t Sgimkmachek, Johann Albrecht, Uerzvtj von Mecklembaunj ,t. Il, p. 358.
• Wider die papistischen Grauet von der Messet etc. (1658), p. 7. 1 Krabbe, Chyträus, pp. 135, 143.
«Saliü, l. III, pp. 368, 373, 383.