SÉCULARISATIONS DANS LE WURTEMBERG
arbitre, etc., se joigniit maintenant la querelle sur la personne du Christ. Mélanchthon, dans ses lettres confidentielles, s'exprime avec aigrcursurle compte « de ces petits prêtres du Wurtemberg qui prétendent imposer de nouveaux dogmes à l'Église dans leur latin barbare 4 ». « La Confession du Wurtemberg, » écrit-il à Auguste de Saxe,«est aussi opposée à la pure doctrine que la doctrine des papistes. » Brenz, attaqué à la fois par les Suisses et les Mélanehthonieus, parles théologiens de Leipsik, de Witlemberg et de Heidelberg, conçut une horreur toujours plus profonde pour les Zwiogliens elles Calvinistes, et finit par déclarer que tout chrétien était rigoureusement obligé de combattre les sacramentaires et de rompre avec tous ceux de leur parti, le diable, par leurs doctrines, ne visant à rien moins qu'à introduire le paganisme, le Talmud et le Coran dans l'Église chrétienne. Jusque sur son lit de mort, il ne cessa d'exhorter le clergé de Stuttgard à délester du fond du cœur les doctrines de Zwingle et de Calvin, prévoyant et prédisant les calamités qui allaient naître de ces doctrines 2. Les Luthériens citaient comme une preuve de son admirable tolérance ces paroles de son testament : « Je n'exclus pas du salut éternel ceux qui, sortant do l'erreur zwinglienne, reviendront loyalement à la vraie foi,c'est-à-dire à la Confession d'Augsbourg3. »
Sous le duc Ulrich, uu grand nombre de propriétés ecclésiastiques avaient déjà été sécularisées ; mais son fils Christophe en confisqua la majeure partie aussitôt après la paix de religion, qui cependant avait stipulé que non seulement les Electeurs ecclésiastiques, les princes, les membres d'Empire catholiques ne seraient plus inquiétés dans leur foi, mais encore que « les religieux resteraient dans la jouissance de leurs rentes, bénéfices, redevances, dîmes et biens temporels, et rentreraient en possession de tous leurs droits et juridictions». Cela n'empêcha point Christophe de séculariser soixante-huit abbayes ou couvents, sans aucun égard pour les intéressés *. En vain les pauvres persécutés répétaient-ils que, relevant immédiatement de l'Empire, ils n'étaient pas obligés de lui obéir; en vain invoquaient-ils les privilèges impériaux, les lettres de pro-
1 Corp. Jlejorm., t. I, p. 1034.
* Voy. Doi.mngkr, t. II, pp. 364-366.
3 « iVo/o iis, qui a Zwingliano errorc ad veram fidem confessionemque ex animo revcrtunliir, januam aeternae salutis oectudere. » — Voy. Wündt, Magazin, t. II, p. 90.
* Feyeuadexd, Jahrbach von Ottobeuren, t. III, pp. 212-213.
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