I III
C0NFKSS10N DE W U R T K M R RR«. 1859. 51
écrivait-il, « a public contre Flacitis des écrits entachés d'hérésie, plein d'àpretéet de fiel. À Wittcmberg, à Leipsick, s'élèvent toutes sortes de disputes sur l'ubiquité; il est à craindre qu'il ne s'y glisse uu calvinisme subtil, et Philippe n'en est peut-être pas exempt. » Plus tard, ce fut Flacius et ses partisans qui encoururent sa disgrâce. « Le temps pourra bien venir, » écrivait-il, « où l'on instruira contre ces insensés, car l'esprit qui les inspire est un esprit d'orgueil, d'envie, de cupidité, de révolte 4. » En 1550, il fit remarquer à l'Electeur Auguste do Saxe que Mélanchthon, dans un commentaire sur l'épitro aux Colossiens, s'exprimait au sujet de l'Ascension de manière à faire supposer aux Zwingliens et aux Calvinistes que, sur cette question, il était entièrcmentde leur avis. De graves désordres étaient à craindre, « car on enseignait et soutenait que le Sauveur, selon son humanité, était assis à la droite de Dieu, son Père céleste, d'une manière locale, et qu'il occupait un espace ». Christophe était d'avis « que les Electeurs et princes de la Confession d'Augsbourg devaient s'assembler dans le plus bref délai pour traiter sérieusement ensemble la question de l'unité de doctrine, afin que les savants se missent enfin d'accord et que toutes les « cabales et sectes » fussent promptement extirpées à.
Cette année-là mèrne, le duc imposait à ses sujets une nouvelle Confession de foi; comme il fallait s'y attendre, elle ne fit qu'aggraver les dissentiments et les malentendus.
L'impossibilité, avouée par Mélanchthon à plusieurs reprises, d'affirmer la présence réelle du corps de Jésus-Christ sous les saintes espèces sans reconnaitre en même temps un caractère de sacrifice à l'Eucharistie, avait poussé le théologien Brenz à poser en principe que le corps du Sauveur, en vertu de l'union de la nature humaine avec la divinité, participe à la présence universelle de Dieu, et, par conséquent, n'est pas seulement présont sur l'autel au moment de la consécration, mais partout eten tous lieux. Cette doctrine, dite de l'ubiquité, fut élevée à la hauteur d'un dogme dans la confession de foi du synode de Stuttgard, et mise au rang des articles du symbole protestant^. L'ubiquité et la ferme croyance que le corps de Jésus-Christ est reçu par les indignes et les incrédules, aussi bien que par les justes, furent reconnues par ce synode pour les deux marques distinctives de l'orthodoxie luthérienne.
Aux disputes sur l'Eucharistie, sur la justification, sur le libre
» Kuui.er, t. II, pp. 104-165.
* Presser, Anecdola, pp. 462-461.
•-« Vov. Döi-LiNCEK, t. II, pp. 303-304. Heiit, Gesvh. des Protestant ismus, t. I, pp". 312-311.