‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 77 sur 315 · ATTAQUÉS DIRIGÉES CONTRE LES MEMBRES D'EMPIRE CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

ATTAQUÉS DIRIGÉES CONTRE LES MEMBRES D'EMPIRE CATHOLIQUES

papisme était maintenant entièrement extirpé du territoire de la cité». Seules Ratisbonnes, Strasbourg, Schweinfurt et Eisenach consentirent à s'unir aux princes *. L'adresse fut remise à l'Empereur. Elle éclatait en violents reproches contre lui et tous les catholiques, c II n'appartient à aucun pouvoir terrestre, » y était-il dit, « quels que soient son rang et sa haute dignité, de lier la conscience des hommes, et surtout de les empêcher par la menace de châtiments d'adopter la vraie religion en les pressant de rester attachés à une doctrine idolâtre et impie. En refusant si longtemps d'abolir la Réserve, l'Empereur insulte à Dieu même; il outrage la pure doctrine de l'Evangile; il attire de plus en plus sur la nation allemande la colère du Tout-Puissant, comme le font assez voir les attentats tyranniques, la férocité de l'ennemi héréditaire, ainsi que beaucoup d'autres calamités. » Ce qu'ils réclamaient, eux, les représentants de la vraie foi, était évidemment dans l'intérêt des Catholiques, car ils ne voulaient qu'affranchir le clergé, lié et garrotté par l'obligation où il était d'obéir au Pape et de voter dans les questions religieuses contre sa conscience *.

L'âpreté de ces reproches était chose inouïe jusque-là; mais les Catholiques commençaient à s'accoutumer à de pareilles insultes. Cependant les prélats protestèrent contre les termes d'idolâtrie et d'impiété et contre l'insultante affirmation que, dans les affaires do religion, leurs votes étaient dictés par la peur3. Pour l'Empereur, il répondit avec calme et dignité qu'à son avis la querelle nouvellement soulevée touchait à l'essence même de la doctrine catholique. Il était resté attaché à l'ancienne religion, dans laquelle il était né et avait été nourri; il l'avait reçue de ses pieux grands parents, et non seulement d'eux, mais de ses prédécesseurs, grâce auxquels la nation allemande était toujours demeurée dans une glorieuse prospérité, réputation et richesse, dans la discipline chrétienne, la piété et l'unité de foi. Aussi, malgré tous les obstacles qu'on pourrait lui opposer, était-il résolu d'y rester fidèle jusqu'à la mort. Il ne renoncerait pas à la Réserve; jamais non plus il ne conviendrait que sa religion fût une idolâtrie, une doctrine d'erreur par laquelle toute réforme chrétienne, toute paix, tout salut, toute prospérité publique fussent rendus impossibles. Puisque la Réserve ne concernait pas les membres de la Confession d'Augsbourg, comme euxmêmes l'avouaient, puisqu'ils n'en avaient pas la responsabilité et qu'elle ne regardait que les membres catholiques, ils devaient de bon

' Kluckhoh*. Briefe, t. I, pp. 66-67.

' Voy. Erstenberger, 33u, 37.

» Bucholtz, t. VII, p. 449.

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