ATTAQUES DIRIGÉES CONTRE LES MEMBRES D'EMPIRE CATHOLIQUES
membres d'Empire catholiques, d'après le droit que leur reconnaissait le traité d'Augsbourg, prétendaient maintenir l'unité de foi dans leurs territoires et refusaient de concéder à leurs sujets l'exercice de la nouvelle religion ; qu'à eux aussi appartint le droit de donner « la règle et la loi » dans les choses spirituelles, les pouvoirs protestants ne voulaient à aucun prix l'admettre, et criaient aussitôt à la captation des consciences.
Pressés par Frédéric, les princes, les comtes protestants et leurs ambassadeurs résolurent d'insister encore une fois auprès de l'Empereur pour obtenir de lui Je retrait de la Réserve. Seuls les chargés de pouvoir de l'Electeur de Saxe reçurent ordro de s'abstenir. La grande majorité des délégués des cités protestantes s'abstint également; aussi, comme l'écrivait à Francfort le délégué do cette ville, leur en fit-on d'amers reproches. Au nom des princes, le conseiller de l'Electeur palatin, Valentin d'Erbach, tenta de leur faire changer d'avis en leur représentant que la suppression de la Réserve était le meilleur moyen de propager l'Evangile. Ou bien les cités n'avaient pas compris de quoi il s'agissait, ou bien leur intention n'était pas droite. En refusant d'appuyer leur supplique, elles faisaient aux Confessionistes un sensible affront. Qu'allaient penser de leur attitude l'Empereur et les papistes? Tous allaient s'écrier que, ni dans la doctrine, ni sur n'importe quel sujet, les Protestants ne parvenaient à s'entendre, et ce serait pour tous une amère mortification. Que voulaient-elles en définitive? Personne ne pouvait le dire au juste ; elles n'étaient en vérité « ni chair ni poisson ». L'Electeur palatin invita les délégués à venir dans son hôtellerie entendre (a lecture de l'adresse rédigée par les personnages les plus influents de son parti. Là se trouvèrent réunis les conseillers de l'Electeur do Brandebourg et de quelques autres princes; mais ceux de l'Electeur de Saxe ne parurent point. Se conformant aux ordres de leur maître, ils déclarèrent s'en tenir au recez d'Augsbourg. Par toutes sortes d'arguments et d'insinuations, on s'efforça de faire changer d'avis aux députés des villes, bien que, contrairement à la promesse qui leur avait été faite, l'adresse ne leur fût pas lue. Quelques-uns prétendirent ne pouvoir rien décider dans une question aussi grave avant d'avoir reçu de nouvelles instructions; d'autres, qu'ils demanderaient plein pouvoir pour agir1. Le délégué d'Augsbourg refusa absolument de signer, disant que, par un traité conclu avec son évéque, sa ville était suffisamment protégée contre toute agression. Celui do Nuremberg fut tout aussi ferme, alléguant que « le
1 * Relation de Daniel zum Jungen, 13 mai 1559, Reichstagsaeien, t. LXVII, fol. 33-36.