‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 79 sur 315 · MÉLANCHTIION CONTRE L*ALL1ANCE POLITIQUE DES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

MÉLANCHTIION CONTRE L*ALL1ANCE POLITIQUE DES PROTESTANTS

d'Augsbourg y assistassent. Jean Brenz, le plus influent théologien de Wurtemberg, ne voulait point du synode. « Jamais, » disait-il, « les Confessionistes ne se mettront d'accord pour savoir à qui il appartient en dernier ressort do décider sur les questions controversées: chacun voudra juger, personne ne voudra se soumettre. De plus, il esta craindre que, parla faute do théologiens jeunes, ardents et querelleurs, les disputes ne s'aigrissent encore davantage *. »

Tout aussi affirmatif que lui, Mélanchthon, comme il l'avait fait longtemps auparavant, déconseillait de tout son pouvoir la réunion d'un synode protestant, affirmant qu'il ne ferait qu'aggraver le mal. Il écrivait : « Un grand nombre des nôtres, en particulier l'Electeur de Brandebourg, les ducs do Lunébourg,de Poméranie et de Prusse, les princes d'Anhalt, les villes de Nuremberg, de Breslau, de Lübeck, de Lunébourg n'enverront jamais leurs délégués au synode. Et qui sera chargé de le convoquer? A qui donnera-t-on la priorité? Quel ordre suivra-t-on pour les discussions? Quels articles seront exposés? Un anti-synode est à craindre. On répète : Il faut rédiger une formule de doctrine que tous puissent adopter et quo les pouvoirs protestants puissent imposer aux consciences de leurs sujets; mais c'est là une utopie, car les potentats eux-mêmes sont inconstants et, pour dire toute la vérité, il semble impossible de dresser une confession de foi où les sophistes maudits ne puissent toujours découvrir uneerreur, une omission, quelque motif de blàmcou de dispute. Aussi, j'en suis certain, les Electeurs et princes y regarderont-ils à deux fois avant de se jeter tête baissée dans une aventure aussi scabreuse 2. »

1 Mémoire de Brenz, 18 mai 1550, dans Sattler, t. IV, doc. n<> 5i. Ce mémoire

se termine par le distique suivant :

f.urnndo qtinctlnm fieri pejorn vidomus Vnlnera, qnne melius non tetigisse juvnl.

* Corp. Reform , t. IX, pp. 989-9U3.

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