LES FLACINIENS DANS LE DUCHÉ DE SAXE
tôt plus de bornes, « De nouveaux écrits viennent de paraître contre Philippe, » écrit Camerarius en janvier iotil au duc Albert do Prusse; « je me demande avec anxiété jusqu'où ira l'impudence de ses adversaires, et quelle sera la fin de toutes ces querelles, qui ruinent cette paix divine que le Fils de Dieu était venu apporter au monde *. »
Les Flaciniens de l'Université d'Iéna s'intitulaient « les vrais théologiens du saint combat, les instruments choisis par la colère divine pour maintenir dans toute son intégrité, parmi les éclairs et le tonnerre, la doctrine seule orthodoxe de Luther et pour extirper l'ivraie satanique semée par les disciples de Mélanchthon ». «Le poison sacramentaire, » disaient-ils, « pénètre dans loPalatinat, dans la liesse, le Wurtemberg et fait tous les jours de nouvelles victimes. L'Adiaphorisme est la principale cause de tout le mal. C'est la bête de l'Apocalypse, la hyène féroce qui veut ramener l'Allemagne sous le joug de l'Antéchrist. L'autorité et le peuple chrétien ont le devoir de la mettre à mort sans pitié, et de prononcer l'anathème sur les impénitents, fussent- ils des anges, et les premiers des Apôtres. C'est uniquement parce que l'autorité n'a pas sévi que tant de sectes lèvent la tête, que tant de corruptions se sont glissées dans la doctrine. Les docteurs de l'Église sont obligés en conscience de convoquer un synode général, de donner une solution aux points de doctrine controversés; ensuite les princes extirperont de l'Eglise le levain empoisonné de Satan » Les Flaciniens se regardaient comme les seuls « docteurs de l'Église 2 ».
Ils jouissaient encore de la plus haute faveur à la cour do Jean- Frédéric de Saxe, où Flacius était écouté comme un oracle. Nommé « surintendant de tous les surintendants, pasteurs et ecclésiastiques», il avait été chargé par le duc de veiller à l'intégrité de la doctrine 3. Le recez de Francfort, rejeté par les Flaciniens et considéré par
etiam cor suum, et Iictiissct ex peclore excmluin impertivisset, aliqui in exangue corpus scpultisieviant, vi udiclui studio tanto et aeerbilate ianta, ut credain, sicoram ipsis miseruin et jam putrescens cadaver Philippi expositumsit, eos deutiinis more Canum irruituros, et frustulalitn carnem ejus laeeraturos esse. » Camerarius termine sa biographie de Mélanchthon par ces paroles : « To tu l'arrago hujus libri, quid aliud complcctilur, quam curas, laborcs, sollicitudines, dolores, denique miserias Ph. Melanchthonis ? >»
1 Voigt, Briefwechsel, p. 132.
* Voy. Heppe, Gesch. des Protestantismus, t. I, pp. U, Iii- 136. 3 Wilkess, p. i07.