FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR
{08, BOULEVADD SAINT-GEKMAIN, 108
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L'histoire des rapports politiques de la Russie et de FAUemagne, c'est l'histoire de deux peuples dont les gouvernements ont été souvent et longtemps alliés, mais qui, pour leur part, ne s'aiment pas et ne supportent qu'à contre-cœur leur voisinage géographique. Rs avaient grandement besoin l'un de l'autre, dans le passé et, par cette raison, marché ensemble, mais sans jamais éprouver des sympathies l'un pour l'autre. Leur grandeur actuelle les sépare et les rend hostiles, chacun estimant que l'autre est devenu trop puissant. Et cependant il ne subsiste pas entre eux des motifs directs de guerre; ils n'ont pas de conquêtes territoriales \ faire l'un sur l'autre. Ce qui les divise, ce sont d'abord des intérêts économiques qu'il n'est pas donné à l'épée de faire disparaître; c'est ensuite l'attraction naturelle qui pousse l'AUe-
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" ^ magne "vers ÎAulrièhe, rivale de la Russie en
Orient; c'est enfin et peut-être surtout, l'antagonisme de race entre Slave et Allemand, antagonisme entre mi-Européen et Occidental.
Il nous a semblé opportun, eu égard aux grands problèmes politiques dont la solution s'y rattache, de suivre le développement de ces divers sentiments dans les différentes phases historiques où ils se sont manifestés, tout en restreignant, pour celte fois, nos recherches dans le cadre des événements du xix® siècle, comme touchant plus immédiatement les questions qui émeuvent et préoccupent gouvernements et peuples contemporains.
Toutes les dates, toutes les données de notre travail s'appuient sur des documents soigneusement contrôlés. A notre grand regret, l'exiguïté de ce volume nous a obligé de renoncer aux renvois aux sources où nous avons puisé. Nous devons nous borner à indiquer quelques-uns des ouvrages documentaires que nous avons consultés et auxquels nous renvoyons le lecteur désireux de poursuivre l'étude détaillée de notre sujet.
En première ligne, nous indiquerons le Recueil des traités conclus par la Russie, publié par M. F. Màrtens et que cet éminent juriste a accompagné d'exposés historiques rédigés sur les documents des Archives impériales de Saint-Péters-
bourg. Malheureusement ces exposés s'arrêtent à l'année 1856.
Pour la période du règne de Nicolas et de Frédéric-Guillaume III et IV, on trouve de précieux renseignements dans les Mémoires du prince de Metternich, de Tévêquc Eylert, du général Natzmer, du général Gerlach, du baron Stockmar, du comte de Vitzthum, du duc Ernest de Saxe- Cobourg; dans la correspondance du prince Albert, époux de la reine Victoria, de Léopold Ranke et de Bunsen. Pour la période du règne de Frédéric-Guillaume IV, il faut mentionner encore, en dehors des ouvrages cités plus haut, la correspondance diplomatique de M. de Bismarck, alors ministre à la Diète germanique pour la période de la guerre d'Orient de 1835 l'ouvrage de M. G. Rothan, spécialement con sacré à la politique prussienne de cette époque celui d'un diplomate allemand, M. F. Bamberg ouvrage très documenté sur ce sujet et qui embrasse aussi la guerre russo-tûrque de 1877.
Pour la période des règnes d'Alexandre II et de Guillaume P', on trouve des renseignements précieux dans les divers ouvrages de M. G. Rothan; dans le livre du comte Benedetti, surtout pour les événements de 1866 à 1870; dans l'ouvrage de M. de Sybel sur la fondation de Tempire allemand; dans les Mémoires du comte de
Beust et même dans ceux de rancien comédien L. Schneider, devenu bibliothécaire de Tempereur Guillaume P*"; enfin, pour la période de la guerre de 1870, dans les ouvrages de MM. Albert Sorel et J. Yalfrey. Cette liste d'ouvrages à consulter est forcément incomplète : il est impossible d'énumérer ici les divers recueils de documents communiqués aux Parlements, les discours des ministres, le prince de Bismarck en tête, sans compter les documents et écrits épars, publiés dans les journaux de presque tous les pays d'Europe et se rapportant aux relations de la Russie avec l'Allemagne .
Paris, novembre 4892,
AU XIX'^ SIÈCLE
Deux voisins qui, tour à tour, se recherchent, se craignent, se méfient et se repoussent, telles paraissent, dans l'histoire, la Russie et la Prusse à laquelle s'est substituée plus tard TAllemagne dans ses rapports internationaux.
Prusse et Russie n'avaient pas toujours été voisines, séparées qu'elles étaient par les pays de l'Ordre Teutonique et par la Pologne : des convoitises communes les unissaient et les rapprochaient géographiquement. De bonne heure, la Pologne devint ainsi l'adversaire de ceux qui tendaient à en recueillir les dépouilles. Un autre adversaire leur devint commun : l'Autriche, qui
.•. : : fi. :'' .''-ilÀtLEMAéNE èr la Russie au xix® siècle
gênait à la fois Textension de la Russie vers rOrient et celle de la maison de Brandebourg disputant à la vieille dynastie de Habsbourg Thégémonie de TAllemagne. Cette identité des visées ambitieuses détermine le caractère des rapports de la Russie et de la Prusse depuis Pierre le Grand jusqu'à nos jours, de même qu'elle explique les variations de ces rapports : le plus souvent cordiaux et intimes entre les souverains, rarement entre les deux peuples; parfois froids et aigres, ainsi que cela arrive dans la vie privée entre des hommes que l'intérêt rapproche plus que le cœur. La physionomie caractéristique de ces rapports consiste ainsi dans le besoin que Ton avait du concours de part et d'autre pour la réalisation de ses aspirations respectives : la Russie, de puissance asiatique, tendant à devenir puissance européenne en se rendant maîtresse des pays de la Baltique, en absorbant la Pologne et en s'emparant des territoires turcs du bas Danube et de la mer Noire; la Prusse, en retour de ses services apportés à la Russie, partageant avec elle les possessions polonaises et secondée dans ses plans dirigés contre TAutriche.
La Russie avait encore d'autres services à demander à ses voisins. Pays arriéré, s'efforçant de se mettre au niveau des nations d'Occident, elle devait chercher au delà de ses frontières les outils
de la civilisation et les hommes qui en enseigneraient Fusage. La Prusse et TAUemagne, comme les plus rapprochées des frontières moscovites, furent ainsi tout naturellement appelées à cet office d'initiation. Le tsar Pierre le Grand, contrairement au sentiment populaire de son pays, lequel, à cette époque déjà, aimait peu l'intrusion de l'élément étranger, organisa une véritable immigration d'artisans, de commerçants, d'industriels, de savants, en majeure partie allemands. Et si, de nos jours, la Russie tend à se débarrasser peu à peu des éléments étrangers qui l'ont envahie pendant des générations, on voit, du temps de Pierre le Grand, le souverain de la Prusse se plaindre de ce que le tsar lui enlève et embauché, en trop grand nombre, les artisans et ouvriers prussiens.
L'alliance politique des deux États prend naissance dès le xvi° siècle. Des traités formels furent conclus au xvii® siècle entre Alexis Micailovitch et l'électeur Frédéric-Guillaume, puis entre Pierre le Grand et le roi Frédéric-Guillaume I". Ces traités, types de ceux conclus pendant les règnes suivants, sont presque tous des traités de garantie et de concours militaire contre l'ennemi commun qui était le Polonais, le Suédois et l'Autrichien. Entre temps s'élèvent des nuages. Pierre recherche l'alliance de la France : le roi Frédéric-
Guillaume P^ s'en émeut; il craint de se trouver entre Fenclume et le marteau. Cependant, Pierre reste toujours très désireux des alliances prussienne et allemande. C'est sous son règne que s'ouvre la série des mariages entre princes russes et princesses allemandes. Pierre y attache du prix : c'est un pas de plus dans la politique de rapprochement avec l'Allemagne et, surtout, de Tinfluence russe dans ce pays. D'autre part, sous le règne de Frédéric-Guillaume P% apparaît ce trait resté inhérent à la politique prussienne, de cette indécision qui hésite à s'inféoder à celle de son puissant voisin en même temps qu'elle évite de lui rompre ouvertement en visière. Ce même souverain aussi donne l'exemple à ses successeurs, tous recommandant, sur leur lit de mort, à leurs héritiers de maintenir constamment les rapports d'amitié et d'alliance avec la Russie.
Le roi Frédéric II eut bien garde de ne pas manquer à cette recommandation. A son avènement, la Russie était déjà un très puissant État européen et les tsars étaient les arbitres dans le nord de notre continent. Tout en cherchant à rester alliés, les souverains se méfiaient les uns des autres. « J'aime les amis forts, avait dit Frédéric-Guillaume, mais pas les voisins puissants. » D'autre part, en Frédéric, l'impératrice lilisabeth redoutait le voisin puissant, tandis que
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Catherine II, plus large de conceptions, disait « préférer le voisin satisfait ». Quant à Frédéric, il admirait et surtout craignait la Russie. « De tous les voisins de la Prusse, dit-il dans VHistoire de mon temps, Tempire de Russie est le plus dangereux tant par sa puissance que par sa situation locale; ceux qui gouverneront la Prusse après moi ont lieu de cultiver Tamitié de ces barbares puisqu'ils sont à portée de ruiner la Prusse de fond en comble par le nombre immense de leurs troupes légères et qu'on ne peut leur rendre le mal qu'ils peuvent faire à cause de la misère de leur pays le plus confin de la Prusse et des déserts qu'il faudrait passer pour arriver en Ukraine. »
Les avances que ce roi fit à l'impératrice Anna ne furent guère accueillies par cette souveraine dont la mort le comblait de joie. Il n'avait pas lieu de se louer davantage d'Elisabeth dont il avait l'imprudence de critiquer la vie privée avec des quolibets et des épigrammes et qui se vengeait en s'alliant à Marie-Thérèse. A la cour d'Elisabeth il se formait des partis autrichien et prussien; les « corruptions », comme Frédéric appelait ses dons d'argent, restaient infructueuses, le sentiment russe se tournant de plus en plus contre le voisin de Berlin. C'est à Elisabeth que Frédéric devait que sa troisième guerre de Silésie durait sept ans.
La mort de cette souveraine le sauva en portant au pouvoir Pierre III qui ne pensait et n'agissait que pour Frédéric et qui, du vivant d'Elisabeth, de concert avec sa femme Catherine, avait paralysé, en mainte occasion, la politique antiprus^ sienne de la cour. Sous le règne de Pierre III, le roi Frédéric régnait à Pétersbourg; mais ce règne ne fut que de courte durée. La réaction du sentiment public en Russie contre l'exagération de la politique prussienne de Pierre III avait beaucoup contribué à la perte de cet infortuné en même temps qu'à l'élévation de Catherine.
Celle-ci, au fond, ne nourrissait pas de sentiments hostiles à l'égard du roi Frédéric. Au contraire, ainsi que nous venons de l'indiquer, elle était possédée du même esprit de conquête que lui et, d'ailleurs, elle lui devait quelque reconnaissance, le roi ayant fait le mariage de Tobscure princesse d'Anhalt-Zerbst avec Thérilier du trône de Russie. Certains historiens ont même cru trouver assez de traits de ressemblance de caractère entre les deux personnages, pour aller jusqu'à y découvrir des affinités naturelles entre la grande impératrice et le roi, de dix-huit ans plus âgé que Catherine.
La passion de l'agrandissement aux dépens des voisins unissait ainsi les deux souverains. C'est Catherine qui concevait le grandiose projet du
démembrement de l'empire ottoman : projet présenté plus tard, bien à tort, comme le testament de Pierre le Grand, lequel n'a jamais existé. Mais les aspirations de Pierre, développées par Elisabeth, ont présidé à la conception plus large de Catherine, telle qu'on la trouve exposée dans la correspondance de cette souveraine avec l'empereur Joseph II. Si elle avait besoin tantôt de Frédéric, tantôt de Joseph pour la réalisation de son projet oriental, elle devait s'assurer surtout du concours de Frédéric pour son autre projet, c'est-à-dire pour la conquête de la Pologne. Pour celle-ci il fallait partager, et l'on partageait. C'est donc du règne de Catherine que date la politique, continuée par ses successeurs, de l'alliance intime avec la Prusse, union dont la Pologne, la Turquie et l'Autriche faisaient les frais et constituaient les traits d'union.
Catherine suivait à l'égard de la Prusse une politique également éloignée de celle d'Elisabeth et de celle de Pierre III. Une autre ambition la travaillait encore : la petite princesse allemande, devenue puissante impératrice, était possédée du désir de jouer un rôle prépondérant dans les affaires de sa patrie d'origine. Elle voulait servir d'intermédiaire entre Frédéric et Marie-Thérèse pour la conclusion de la paix. Mais les deux belligérants, tous deux fatigués et épuisés par leur
longue guerre, firent la paix pre"Sque à l'insu de la tsarine. Tout en Técartant cette fois de ses démêlés avec l'Autriche, Frédéric n en cultivait que plus ardemment Tamitié de Catherine pour les affaires de Pologne, pour consommer enfin, de concert avec elle, le premier partage de cet infortuné pays. Une seconde tentative de Catherine, en vue de faire valoir son influence en Allemagne, fut couronnée de succès. Ce fut vers la fin du règne de Frédéric, lors du conflit avec F Autriche pour la succession de Bavière. Cette fois, ce fut Frédéric qui sollicita la médiation de la tsarine qui, en effet, départagea les deux adversaires, en faisant pencher la balance du côté de la Prusse. Le traité de Teschen, conclu sous les auspices de Catherine, établit d'une manière formelle la haute influence de la Russie en Allemagne, en constituant la Russie garante de rintégrité des Etals germaniques. A rinfluence française que subissaient plus ou moins les princes de TAUemagne du Sud, la Russie opposait désormais son influence à elle sur le nord et le centre de Tempire germanique. Catherine pouvait regarder avec orgueil la Prusse et l'Autriche, Frédéric et Joseph, rivaliser d'efforts pour cultiver son amitié et son alliance. Après le partage de la Pologne, celui de la Turquie pour lequel le concours de l'Autriche était plus utile que celui de la Prusse. De là ces négociations
entre la hardie tsarine qui ne craint plus aucun obstacle et le timide Joseph qui craint le roi de Prusse et voudrait attendre sa disparition du monde pour signer Tarrêt de mort de la Turquie, proposé par Catherine. Joseph mourut avant Frédéric, et Catherine n'oubliait pas que son allié de Prusse avait su entraver ses projets orientaux. Les deux cours vécurent en froid jusqu'à la fin. L'ambassadeur de Russie n'assista pas aux funérailles de Frédéric.
Catherine se rapprochait . du nouveau roi de Prusse ; elle déclarait que c'était « l'alliance naturelle » de la Russie; ce qui ne l'empêcha point de poursuivre ses projets orientaux de concert avec TAutriche. Frédéric-Guillaume II, qui avait hérité de son oncle l'inimitié envers la maison de Habsbourg, n'entrait pas dans cette combinaison. Bien au contraire il conclut avec la Porte, un traité pour le maintien de l'intégrité de l'empire ottoman et se disposait à tirer l'épée contre la Russie, lorsque la Révolution française éclata pour sceller l'union entre les trois puissances du Nord. Catherine fut l'âme de la coalition contre la France, en même temps qu'elle profita du désarroi de l'Occident pour procéder, de concert avec la Prusse, au second partage de la Pologne. L'amitié des deux cours ne fut pas de longue durée. La Prusse, apercevant l'inanité des efforts
de la coalition, après avoir chèrement payé sa participation, fît sa paix avec la République, à la grande colère de Catherine qui fut empêchée ainsi de faire marcher, comme elle Tavail résolu, un corps d'armée russe sur le Rhin.
La Prusse s'engagea dès lors dans cette politique de neutralité qui, à la longue, ne satisfaisait aucun de ses voisins et à laquelle elle renonça au moment où elle était le moins en situation d'adopter une politique indépendante. Après la mort de Catherine, son successeur Paul P', rempli d'une haine aveugle contre la France, fît de vains efforts pour entraîner de nouveau la Prusse dans une guerre contre la République. Puis, ce souverain agité s'attachait à gagner la Prusse à une guerre contre l'Autriche : ce à quoi le roi Frédéric-Guillaume voulait bien consentir à la condition que le tsar ferait auparavant la paix avec la France. Paul se prêta d'abord à cette idée, la réalisa mal et mourut de mort violente, en laissant la Russie brouillée avec la République, c'est-à-dire avec Bonaparte. C'est en présence de ce puissant homme que se trouvaient Alexandre P*" de Russie et Frédéric-Guillaume III de Prusse.
Alexandre, avec un caractère mieux équilibré, avait cependant quelque chose de l'esprit versatile . de son père. Sur ce point, les deux personnages qui l'ont approché le plus près, Napoléon et Metter-
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nich, sont d'accord. « Si j'étais homme », disait le premier à l'ambassadeur d'Autriche en 1810, « à me laisser aller à des impressions purement personnelles, je pourrais m'attacher à lui de tout cœur. Mais à côté de ses grandes qualités intellectuelles et de cet art de captiver ceux qui l'entourent, il y a en lui quelque chose que je ne puis définir. C'est un je ne sais quoi que je ne pourrais mieux expliquer, qu'en vous disant, qu'en tout il lui naanque toujours quelque chose. Ce qu'il y a de plus singulier c'est qu'on ne peut jamais prévoir ce qui lui manquera dans un cas donné ou dans une circonstance particulière ; car ce qui lui manque varie à l'infini. »
— « Le caractère d'Alexandre, écrit de son côté Metternich, offrait un singulier mélange de qualités viriles et de faiblesses féminines. Son jugement se laissait toujours influencer par des idées favorites; ces idées lui venaient comme par une inspiration soudaine, et il les embrassait avec une ardeur extrême. Elles ne tardaient pas à emporter la balance au point de le dominer entièrement et de permettre à ceux de qui il les tenait d'asservir sans peine sa volonté. »
A première vue, on s'étonne qu'une nature timide et doutant d'elle-même, comme celle de Frédéric-Guillaume III, se soit si étroitement attachée à un esprit flottant et capricieux comme
16 L'ALLEMAGNE ET LA RUSSIEf AD XIX» SIÈCLE
Alexandre. Il faut considérer que, tout changeant qu'il fut de volonté, ce souverain russe, de sept ans plus jeune que le roi, avait la volonté d'action qui devait captiver le souverain prussien n'ayant de volonté que pour ne pas agir et ayant besoin, pour sortir de Finaction, d'être poussé par une volonté étrangère.
Alexandre P% à Texemple de Catherine, considérait l'alliance avec la Prusse comme Talliance naturelle de la Russie. Dès son avènement, il s'attachait à raffermir et à resserrer ses liens avec la cour de Berlin, à détacher celle-ci de la politique de neutralité, conséquence du traité deBâle. Car, à cette époque, Alexandre était animé des sentiments les plus hostiles à Tégard de la Francie de Bonaparte, de la France de la Révolution. Il fut servi tout d'abord dans son dessein par le rapt et Texécution du duc d'Enghien, événement qui offensait au dernier point les sentiments personnels du roi et de la reine de Prusse. La volonté du roi de maintenir sa neutralité en fut ébranlée mais non vaincue. Il fallait de fatigants efforts de la part du tsar avant que son but fût atteint. La politique prussienne se faisait moins par les ministres, que par les conseillers du cabinet civil du roi, fonctionnaires qui seuls voyaient le roi à toute heure et s'entendaient à tenir éloignés de la personne royale les personnages soupçonnés
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