AVANT-PROPOS
été dans les temps modernes, les nipports entre la Russie, la I^Hisse et rAllemagiie, quelles en avaient été lesorii»ines, dans(juelles circonslances et dans quelles condilions s'était opérée l'évolution amenant une orientation nouvelle de la p()liti(|ue des deux Ktats.
Les rapports traditionnels de la Russie et de la Prusse, fondés sur ce qu'on a généralement caractérisé comme les principes de la Sainte-Alliance, ont subi une première modification sous le règne de Nicolas 1" dont la politiijuo extérieure s'éloignait, de beaucoup, de la sentimentalité de son frère Alexandre V\ Les deux révolutions françaises de ISJOet de I8i8, celles d'Allemagne do l8iS, enlin la guerre d'Orient de ISiii mar([uent les premières étapes où les chemins de Nicolas se séparent de ceux des rois Frédéric-Guillaume III et IV. C'est pourquoi, en vue d'expliquer les rapports de la Russie et de l'Allemagne dans les temps présents, l'auteur avait du prendre, pour point de départ, le règne de Nicolas V\ Au moment de la publication de cette partie du travail de l'auteur (novembre 1892), Alexandre III occupait encore le trône de Russie. Dans les dernières années
AVAiM'-l'KOl'OS.
de sa vie, loul en anirmanl ses sympalliies pour la France en même lemps que son cnlenle poli(i(|ue avec la République, le délïinl Isar a lenu à écarlcr de celle entente tout caraclère agressif à l'égard des empires voisins et surtout do l'Allemagne : c'est sur son initiative que furent entamées avec le cahinet de Berlin et menées h bonne lin les négociations p,„ir un traité de commerce, le premier (|ue la liussic ail consenti à conclure, depuis un siècle, sur la base de la fixation de son tarif douani<>r pour une longue |)ériode. Nicolas II a .ontinué la poliliiiue^de son père, en en accentuant le caractère pacifique par le clioix des personnages chargés de la direclion de sa politique extérieure. D'autre pari, l'Allemagne a soutenu la politique de la Russie en Orient et en Asie. De telle sorte que, si l'antagonisme des deux races esl resté le même, celui de leurs intérêts s'est amoindri, et par là même, les motifs d'une conflagration se trouvent atténués, ou, en tout cas, écartés pour un temps indéfini. Cette siluation n'enlève en rien son intérêt à l'histoire des rapports russoallemands avant le règne de iMcolas I".