‹ L'Allemagne et les AllemandsChapitre 11 sur 35 · LES OTHONS · texte numérisé non relu

LES OTHONS

les hauts seigneurs allemands et contre son fils, jaloux de sa puissance impériale. Cest là le premier exemple , et malheureusement non le dernier, de cette funeste hahitude des quatre grandes tribus allemandes, de se faire la guerre entre elles ; les Saxons furent attaqués par les trois autres, les Bavarois , les Franconiens ( ou Franks allemands , restés en Allemagne), et les Souabes. Nous verrons bientôt, après la dynastie saxonne, le trône impérial occupé par une dynastie franconienne , puis par une dynastie souabe. Ces rivalités interminables ont produit un effet des plus funestes sur le développement politique de l'Allemagne.

Othon P"^ réussit dans toutes ses luttes. Il prit Rome par assaut , il détrôna un pape et gouverna l'Italie ; il maria son fils à une princesse de la dynastie impériale de Constantinople , il adopta le cérémonial de l'empire oriental , avec le titre de Sainte Majesté donné à la personne de l'empereur, avec le luxe et la splendeur des Grecs. Les compagnons de la princesse grecque introduisirent en Allemagne aussi quelques connaissances scientifiques et artistiques.

A la mort d'Othon P^ l'empire allemand s'était déjà élevé à un degré considérable de puissance politique; le nom allemand se trouva respecté partout. ^

Othon II le Roux^ fils d'Olhon P' et d'une princesse italienne, époux d'une princesse grecque , était, par l'influence de ces deux dames, devenu un souverain érudit et gracieux. Dans unef campagne contre le roi de France , il entra dans l'église Saint-Pierre sur la butte Montmartre , et fit brûler les faubourgs de la ville de Paris, sans toutefois pouvoir l'occuper. II mourut en Italie au milieu de ses guerres.

Son fils, Othon III le Merveilleux, obtint ce singulier surnom à cause d'une certaine instruction scientifique, extraordinaire alors, que ses mère et grand* mère lui avaient donnée.

Son mîdtre était le célèbre ecclésiastique Gherbert , qu*il éleva au Saint-Siège. Ce pape, connu sous le nom de Sylvestre II, avait beaucoup de connaissances en histoire naturelle, ce qui lui valut le soupçon d'être magicien et favori du démon , comme au célèbre évêque de Saltzbourg, Virgile, qui fut représenté par le Dante sous le nom de Firgile le poète. Toute l'époque était du reste profondément troublée par les prophéties effrayantes qu'on avait publiées sur la terrible année 1000, dans laquelle , disait-on , l'irnivers disparaîtrait pour faire place au jugement dernier de Dieu. Une trêve générale s'établit , le clergé acquit un nombre énorme de donations en terres et en esclaves, l'empereur Othon fit un pèlerinage en Pologne, devenue chrétienne depuis peu, et fonda à Gnésen ( en Posnanie ) un puissant archevêché en l'honneur de saint Adalbert, gentilhomme tchèque, apôtre et martyr dans le pays des Borusses païens, habitants primitifs de la Prusse baltique. Nous en parlerons plus tard en détail.

L'an 1000 se passa cependant comme à l'ordinaire, le soleil et la lune ne tombèrent point sur la terre. Une immense joie, ce semble , éclata partout , le clergé était tout à coup devenu riche, et l'empereur se rendit à Rome pour s'y fixer définitivement et en faire la capitale de l'empire.

L'affreux danger de la, fin du monde étant détourné, Othon espéra en effet que toute guerre allait cesser, et que les mortels vivraient désormais en tranquilUté fraternelle. Mais en 1002 il mourut en Italie empoisonné par une paire de beaux gants parfumés , dont sa maîtresse, folle de jalousie, lui avait fait cadeau. Cette dame italienne avait été l'épouse du célèbre Crescence, noble citoyen romain qui pendant quelque temps avait réussi à gouverner Rome sans pape et sans empereur, dans l'espoir d'établir une vaste république

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