‹ L'Allemagne et les AllemandsChapitre 17 sur 35 · LUTTE ENTRE LE PAPE ET L^EMPEREUB · texte numérisé non relu

LUTTE ENTRE LE PAPE ET L^EMPEREUB

« Christ, et tu as oublié ses paroles de paix et d^amour. »» Grégoire IX répond: « Une bête féroce et immonde est " montée des vagues de la mer ; de sa bouche béante elle « pousse des blasphèmes contre Dieu, et lance des ûèches « envenimées contre le ciel et les saints. Elle voudrait dé- « truire tout avec ses dents et ses griffes de fer... » L'empereur réplique : « Non, la bête infernale c'est toi-même, ô pape, " celle dont on lit dans la Bible : Un autre cheval surgit de « la mer, et celui qui y est assis, ôte la paix à la terre. Oui, « c'est toi. ô pape; tu es l' Antichrist, tu es le Dragon qui " a séduit les mortels. »•

Le pape accuse Frédéric, d'avoir dit en Orient à ses compagnons de croisade : « C'est votre Dieu chrétien qui croît « dans les épis de ce champ de blé »♦ (c'est-à-dire la farine dont on fait les hosties). En outre, il l'accuse à la fois d être musulman et d'avoir rédigé le Livre sur les trois Imposteurs (Moïse, Jésus, Mahomet) ; à quoi Frédéric réplique avec son bon sens habituel : « Mais, si j'étais mahométan, je n'appela « lerais pas Mahomet un imposteur? »»

L'agitation des esprits devint extrême en Allemagne et en Italie. »» Chaque homme, dit un vieux chroniqueur saxon, « et chaque femme, et chaque fille, riches et pauvres, nobles, « bourgeois et paysans, tous ont pris parti, soit pour le sei- - gneur pape de Rome, soit pour le seigneur empereur d'Al- « lemagne. » Quoiqu'on en dise, il est certain que ces paroles du vieux chroniqueur contiennent beaucoup de vrai. La lutte à mort de l'empereur avec le pape, de ces deux chefs su-r prêmes du genre humain, impressionna toutes les classes de la nation allemande jusqu'au fond de l'âme, et cela sans la moindre interruption pendant plusieurs siècles jusqu'à la moitié du treizième. Les Allemands, sous les empereurs saxons, saliens et ghibelins se regardaient comme héritiers légitimes de Charlemagne, comme maîtres du monde chrétien, comme

tu VXLLSaXGSE Et UBS A1J£1UKD&

gardicM de Borne, la nDe satnte et cwpïlrie da mmie^ Fndant des siÈdes ils s'obsUnèi i vener lear mb^ aarlti champs de la bcjle Italie, et d lée en année, Tidie de bv MipFéawtie pcriitiqae et r sortons les aiilmpei(ki

derintebiaenxpliuGxe.I ra] irts entre lltalieetrAII^»gne étaient, pendant de es,infini[Dentidnsîntias<i

plnsfréqnentsqaeceiixmtrei lesaatrespeiiideB,etlmBéfonne de Luther en fiit le n Itat final. L'ADemagne !■*■■• nût point prodoit Luther, ni tant d'inlérSt ans ce moine, si d^mis les < o ji sqo'i la chute de» I elle n'eût pas été pn é it labourée par fat lotte de rsW pire et délai S. La F e, l'Angleterre, la SendH

iiavie, la Pd , < ., n'é t qne les ^lectatrieea deoe drame immei qui se ji entre l'Italie et l' AUemagne di MoyeU'Age.

En pareonrant la littérature allemande des Ghîbdïmi sase croirait déj& dans le xvi* nède. Un poëte ghibdin ^«hÏB Eccard) , dit : «Il existe on peuple nommé Clergé, eê nat •• des imposteurs. A force de mses ils ont aveuglé le» àué^

■ tiens, au point de leur fwre croire que chaque mot du pape •> vaut autant qne la parole divine de Jésus. Ah ! si Jésus dft' H Nazareth eût donné plein pouvoir à nn seul Romain , k ' Honoré, et ordonné à tous les chrétiens d'obéir au pape, o bien qu'il soit boiteux et paralytique , alors Jésus le Sa-

■ gneur devrait en avoir honte. En effet, Jfeus de Nazaretbl •• aurait fort mal agi en nons imposant le devoir d'adorer

- homme sans esprit et d'on corps malade, €tc., etc. vêque de Freising prêcha la liberté de l'Ég-lise allemande; Otton , duo de Bavière, fit exécuter par le bourreau le 14 du pape ; la dté de Zuric expulsa tous les ecclésiastiqi excepté les frandscains gfaibelins ; la cité de Spi légat du pape. En Italie, Eiizîo, fils bâtard de Fiédéric et plus beau des hommes , s'empara d'une flotte française

Page 1