‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 103 sur 164 · LA RIVALITE DE BREME ET DE HAMBOURG · texte numérisé non relu

LA RIVALITE DE BREME ET DE HAMBOURG

Combat de preux. — Brème bat Hambourg sur la vitesse. — Hambourg bat Brème sur le tonnage. — Brème a le record des i'oyageurs, du riz, du coton du tabac. — Hambourg a le monopole du pétrole et beaucoup d autres. — Les formes différentes que prend une telle concurrence. — Enumération instructive des griefs réciproques. — Intervention de V Empereur. — Le futur canal de F Elbe au Rhin. - Se fera-t-il?

E spectacle de la concurrence entre Brème et Hambourg est un spectacle épique. Et il devient bien plus passionnant encore quand on songe que cette lutte est séculaire. En ce moment, la qualité des combattants y ajoute énormément : à Hambourg, M. Ballin, israélite, favori de l'Empereur, dont l'arrivée à la tête de la Hamburg-Amerika coïncida avec une prospérité inconnue jusqu'alors; de l'autre côté, M. Plate, le président du Lloyd, très écouté aussi de Guillaume II, puis M. Wiegand, l'habile directeur général de la même Compagnie.

Je dis à un vieux Brémois :

« On m'assure qu'il n'y a plus lutte entre Hambourg et Brème... Est-ce vrai? » Il se met à rire :

« C'est la mode, en effet, à présent, de

dire qu'il n'y a pas d'antagonisme entre Brème et Hambourg... Cela vient d'un besoin enfantin de faire de la paix pour

rire. »

Et il m'explique qu'au contraire c'est une lutte de géants. Deux colonies saxonnes se sont rencontrées sur cette côte, également hardies et braves, l'une royalement dotée par la nature qui lui donnel'incommensurablerichesse de l'Elbe, l'autre, au contraire, mal servie par la mer marâtre qui ensable la Weser. Et malgré tout, Brème lutte, et Brème bat Hambourg partout où cela est possible, c'est-àdire dans le domaine où l'activité et l'intelligence seules peuvent sufïïre.

« Naturellement, le tonnage de Hambourg est plus important, puisque les produits de toute l'Allemagne lui arrivent par l'Elbe pour l'exportation, et que les produits du monde entier lui viennent de la mer pour être distribués en Allemagne par la même voie. Mais en ce qui concerne

1 J.ul. AlcllLT b^..u„., ll.i; ,„i^.

LE LANCEMENT DE L' « IMPERATOR « lui un L'vi'iuMnL'iil d'une iniijurlance nationale, une véritable iV'le. I.'tuipereur Guillaume y assista; c'est lui (jui baptisa l'immense ]ta(juebol.

I'lanche 23i.

HAMBOURG

(SUITE

LA HiVALITt: DE BREME ET DE

HAMBOURG

Cnnhnl de preux. — Bnme bat llamhonrg sur la vitesse. — Hambourg bat Brime sur le tonnage. — Brème a le record des voyageurs, du riz, du coton du tabac. — Hambourg a le monopole du pétrole et beaucoup d autres. — Les formes différentes que prend une telle concurrence. — Enumératwn instructive des griefs réciproques. — Intervention de V Empereur. — Le futur canal de FFAbc au Rhin. - Se fera-t-il?

E spectacle de la concurrence entre Brème et Hambourg est un spectacle épique. Et il devient bien plus passionnant encore quand on songe que cette lutte est séculaire. En ce moment, la qualité des combattants y ajoute énormément : à Hambourg, M. Ballin, israélite, favori de l'Empereur, dont l'arrivée à la tête de la Hambiirg-Amcrika coïncida avec une prospérité inconnue jusqu'alors; de l'autre côté, M. Plate, le président du Lloyd, très écouté aussi de Guillaume II, puis M. Wiegand, l'habile directeur général de la même Compagnie.

Je dis à un vieux Brémois :

« On m'assure qu'il n'y a plus lutte entre Hambourg et Brème... Est-ce vrai? » Il se met à rire :

« C'est la mode, en effet, à présent, de

dire qu'il n'y a pas d'antagonisme entre Brème et Hambourg... Cela vient d'un besoin enfantin de faire de la paix pour

rire. »

Et il m'explique qu'au contraire c'est une lutte de géants. Deux colonies saxonnes se sont rencontrées sur cette côte, également hardies et braves, l'une royalement dotée par la nature qui lui donnel'incommensurablerichessede l'Elbe,

l'autre, au contraire, mal servie par la mer marâtre qui ensable la Weser. Et malgré tout, Brème lutte, et Brème bat Hambourg partout où cela est possible, c'est-àdire dans le domaine où l'activité et l'intelligence seules peuvent suffire.

« Naturellement, le tonnage de Hambourg est plus important, puisque les produits de toute l'Allemagne lui arrivent par l'Elbe pour l'exportation, et que les produits du monde entier lui viennent de la mer pour être distribués en Allemagne par la même voie. Mais en ce qui concerne

âfc9HHHil^;^^JHKI.!HIIEJKL '^^^^ '*flPfV 9HMK i '.'P^V^ f .^' f'f W

i ixù. Alcllcr ^(.iiaui, lt.iiiii>..iii;;.

LE LANCEMENT DE L' vs IMPERATOR ^> lui un i'-miicmuiiI (iiiiie ini|>i)rl;mct' ii:ili()ii;ilo, une véril.iblo lili'. 1. Kuipeivur (iulILiuiiu- y ;issi>l;i : ccst lui ijui Ijaplisa l'iuiuicnsi- ikujuoIjoI.

I'lanche ::3i.

APRES LE LANCEMENT. \'Iini>einlor rt^oit s»'s siiporsiruclurcs. Sa liaulour lolale, «iiii comprend lu'uf ponts.

mesure plus de 20 mètres.

LA MÉNAGERIE HAGENBECK. — l,e débarquemenl d.-s dromadaires destinés à .M. Ilat^-enheck, le fameux maicluuidde hèles lèroees (pii compte parmi ses clients l'empereur d'Autriche, le sultan de Turcjuie. etc.

Planchk ?32.

Planche 233.

APRES LE LANCEMENT. VIfiii»-riiti>r n-toil -..-s siipiMsIniclurfs. S;i luuiU-iir lohile, <|iii t<«m[iivml miif pouls,

niosnrt' pins di- L't> m»'liH'><.

Planchk ;>-•

LA MENAGERIE HAGENBECK. — l.t- .h-ljimpicmiMil des ,lt(.m:i(l;iir.-s dcsUm'-s -i M. l!;iKeiil»iTlv. Ii- r.iiiuiiN in,iicli:iii(l tlf licti's Ifriiro^ ipii foinplr p.iiiiii ses cliiMils rciiipcreiii- irAiilriclu', U- siill;iii «If 'runiuit'. t-lc

pLANClIt Si'i.

LA MENAGERIE HAGENBECK. - 1..- |.aysa-r |.ol:.iie. loul t-n -I.k-.- :.rlilicii>lU'. ..ù se mo.n.-nl m l.l.f.l.les ours hlaïus. It-s ivnm-s. I.s pinj^miins. los phocpus d.- M. Ila-;.nl)tik.

HAMBOURG

Ph<>«. ririrh. Berlin.

Le dtchar^tiiicut du cliarbou. i-^ Ui- u|itMalioii iw s\-fTfclii«Ma l)irntôt plus (|iu' (l'une l'at,un ;uili)mali(jui-. aiu>i que cela a lien eu Aun-rique.

HlaN'.hk ÏJ4

les passagers, le tabac, le coton, Brème dépasse Hambourg — et de beaucoup.

«Par la vitesse de ses paquebots, Brème a battu Hambourg, en juin 1904, avec le record du Kaiser Wilhelm II, qui cou\Tit la distance de Brème à New- York en 5 jours 11 heures et 58 minutes, et qui fit 564 milles en 23 heures 10 minutes. Depuis lors, la Compagnie ^aw^>Mrg^- Amerika fait la dégoûtée ; la vitesse, après tout, n'est pas le but poursuivi, dit-elle, mais le confort. Une trop grande vitesse fait trépider les navires, etc., etc. Ils sont trop verts !

« En attendant, le Lloyd a la vitesse et le confort. »

Brème est jalouse de Hambourg et méprise « ces parvenus ». Elle se considère, et elle a raison, comme plus polie, plus noble, plus « chic ». Elle a conservé davantage les traditions de la Hanse; Hambourg, plus cosmopolite, plus mêlée d'israélites, possède un plus grand nombre de gens d'affaires de qualité. A Brème, il y a peu de « tètes ». Le jour où le Lloyd tombera, le port tombera aussi. Aussi la Hamburg- Amerika veut-elle tuer le Lloyd. La lutte se circonscrit en somme entre Ballin et Wiegand.

Hambourg, suivant son plan, a aidé Emden à se développer. Emden, situé, à l'embouchure de l'Ems, sur la fontière hollandaise, et qui n'était rien il y a quelques années, est maintenant en train de devenir un port de premier ordre où les bateaux hambourgeois font escale et desservent l'hinterland qui demeurait jusqu'à présent l'apanage exclusif de Brème. Désormais, grâce aux communications directes qu'on établit vers Cologne, Francfort et le Sud, le port d'Emden, aidé de la Compagnie Hamburg-Amerika, va étendre son rayon d'action dans le domaine

de Brème, l'Oldenbourg, le Hanovre, la Westphalie, la Hesse, etc.

En attendant, Hambourg a accaparé le pétrole ; le sucre, le café n'existent pour ainsi dire plus pour Brème, qui lutte encore pour le tabac ; pourtant, si le trafic de la nicotine ne diminue pas à Brème, il augmente à Hambourg. Le coton est resté à Brème, le riz également.

Je crois que Brème s'est taillé un habit trop grand pour son corps ; elle a atteint son point mort et ne peut progresser. Les Compagnies de navigation ont fait des progrès énormes, il est vrai, mais le commerce n'a pas prospéré dans la même proportion. Les progrès, n'étant pas naturels, doivent s'arrêter. Les affaires s'y transmettent du père au fils ; mais il ne se crée plus de maisons nouvelles. On déserte, on émigré à Hambourg.

Et enfin les Hambourgeois reprochent aux Brèmois d'être trop prudents pour leurs capitaux.

Ce n'est donc pas une dispute en l'air, une concurrence passagère, des froissements occasionnels réparables qui séparent les deux cités. C'est un antagonisme réel qui se révèle par des crises brusques, parfois très aiguës, auxquelles, de plus en plus, il devient difficile de donner des solutions rapides et satisfaisantes ; le fossé se creuse et, du jour où une volonté impériale, à laquelle on ne saurait rien refuser des deux côtés, aura disparu, on peut compter sur la guerre des tarifs.

On lit au fronton de la Harnburs- America Linie la fière devise: «Mein Feld ist die Welt» (Le Monde est mon champ). C'est un blason féodal, et rien n'est plus parvenu, plus bourgeois que l'administration qui s'anoblit ainsi. Le Norddeutscher Lloyd représente la noblesse

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LA MENAGERIE HAGENBECK - I..- i.;i> >;•-.• |M.l.niv. Imil .n ul...-.- :.ilili<-i.-llr. .11 sr m.-in.ii !,.> s Malien. I.-^ r.-mii-.. Ir-. |. m-. .11111-. l.s plin-ni.-- <!.• M. lla-viilMck.

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HAAiBOURG

l'hot I iri> h. l'irlni

Le dfcliar^Liuciil au charbon. C.-ll.- i.|iriali<.ii iif sftTrtlucia l.iiiil-.l plus inu- «I'mih'

fai Mil ;nil<>malii|iii-. aiii-i f|iif fi-la a lifii en .Siiu-riijiii'.

les passagers, le tabac, le coton, Brème dépasse Hambourg — et de beaucoup.

«Par la vitesse de ses paquebots, Brome a l)attu Hambourg, en juin J901, avec le record du Kaiser Wilhclm II, qui couvrit la distance de Brème à New- York en 5 jours 11 heures et 58 minutes, et qui fit 564 milles en 23 heures 10 minutes. Depuis lors, la Compagnie /^r?w/;M/-^- Anicrika fait la dégoûtée ; la vitesse, après tout, n'est pas le but poursuivi, dit-elle, mais le confort. Une trop grande vitesse fait trépider les navires, etc., etc. Ils sont trop verts !

« En attendant, le Lloyd a la vitesse et le confort. »

Brème est jalouse de Hambourg et méprise « ces parvenus». Elle se considère, et elle a raison, comme plus polie, plus noble, plus « chic ». Elle a conservé davantage les traditions de la Hanse; Hambourg, plus cosmopolite, plus mêlée d'israélites, possède un plus grand nombre de gens d'affaires de qualité. A Brème, il y a peu de « têtes ». Le jour où le Lloyd tombera, le port tombera aussi. Aussi la Hamhurg- Amerika veut-elle tuer le Lloyd. La lutte se circonscrit en somme entre Ballin et Wiegand.

Hambourg, suivant son plan, a aidé Emden à se développer. Emden, situé, à l'embouchure de l'Ems, sur la fontière hollandaise, et qui n'était rien il y a quelques années, est maintenant en train de devenir un port de premier ordre où les bateaux hambourgeois font escale et desservent l'hinterland qui demeurait jusqu'à présent l'apanage exclusif de Brème. Désormais, grâce aux communications directes qu'on établit vers Cologne, Francfort et le Sud, le port d'Emden, aidé de la Compagnie Ilamburg-Amerika, va étendre son rayon d'action dans le domaine

de Brème, TOldenbourg, le Hanovre, la Westphalie, la Hesse, etc.

En attendant, Hambourg a accaparé le pétrole ; le sucre, le café n'existent pour ainsi dire plus pour Brème, qui lutte encore pour le tabac ; pourtant, si le trafic de la nicotine ne diminue pas à Brème, il augmente à Hambourg. Le coton est resté à Brème, le riz également.

Je crois que Brème s'est taillé un habit trop grand pour son corps ; elle a atteint son point mort et ne peut progresser. Lt\s Compagnies de navigation ont fait des progrès énormes, il est vrai, mais le commerce n'a pas prospéré dans la même proportion. Les progrès, n'étant pas naturels, doivent s'arrêter. Les affaires s'y transmettent du père au fils ; mais il ne se crée plus de maisons nouvelles. On déserte, on émigré à Hambourg.

Et enfin les Hambourgeois reprochent aux Brèmois d'être trop prudents pour leurs capitaux.

Ce n'est donc pas une dispute en l'air, une concurrence passagère, des froissements occasionnels réparables qui séparent les deux cités. C'est un antagonisme réel qui se révèle par des crises brusques, parfois très aiguës, auxquelles, de plus en plus, il devient difficile de donner des solutions rapides et satisfaisantes ; le fossé se creuse et, du jour où une volonté impériale, à laquelle on ne saurait rien refuser des deux côtés, aura disparu, on peut compter sur la guerre des tarifs.

On lit au fronton de la Ilainburs- America Linie la fiêre devise: « Mein Feld ist die Welt» (Le Monde est mon champ). C'est un blason féodal, et rien n'est plus parvenu, plus bourgeois que l'administration qui s'anoblit ainsi. Le Norddciitscher Lloyd représente la noblesse

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maritime allemande, la H amburg- America Unie un groupe de financiers, de trusteurs. Et Hambourg même a bien les deux courants : ceux qui rêvent de grouper sous un même titre toutes les entreprises maritimes, de la fonctionnariser, et ceux qui, pensant qu'il est dangereux de mettre tous les œufs dans un même panier, préfèrent respecter dans toutes leurs manifestations l'indépendance et l'esprit d'initiative de chacun. Pour beaucoup, Ballin est le Monstre à l'égal de Bismarck.

La plus grave des querelles date de deux ans ; on en profita pour mettre à nn toutes ses blessures, pous étaler tous ses griefs :

Hambourg avait sa ligne régulière, la Kosmos, desservant le Chili, lo F^éruu, toute la côte orientale du Pacifique jusqu'à San FrHin !-;<■,,. I.a Knsmos s'était rendue iiisupportaljle a tuut le monde par la hnitolitè de ses chefs. Et c'est si vrrti qiu' des Hnmbourgeois même (les maisons Fôlsch ^t Wober pourlps nommer) font partie de la Roland do rîrt''ni.\ lîrème voulut avoir également sa ligne sur le Chili et le Pérou, et créa la Roland ; mais connue l'aliment de la place était insnlTisant, Brème résolut d'escaler à Hambourg et aussi à Anvers, que dessert également l.t K'ismos de Hamboursr. Ce fut alors un be;iu lii'uit. Un ajiprit ••n effet que. si la Roland Linie de Brèni(> avait cà sa tèt(^ l'important armateur H. C. Horn (do Schleswig), dans son conseil d'administration se trouvaient dos membres du Xorddeutscher Lloyd. Une polémique dos plus violentes s'engagea par journaux ontro les deux villt>^ : un unpartoiischerr Hamburger», qui cachait mal un Brèmois, ou peut-être un indépendant, ouvrit lo feu dans un journal du pays.

D'autrepart,la//a/«ftMrg-^mfn'ca, ayant des intérêts dans la Kosmos, voulut se défendre et syndiqua toutes les compagnies de Hambourg. La lutte commença, terrible... Les maisons de commerce ellesmêmes se mirent de la partie. Ce syndicat avait ramassé 16 millions pour la lutte. On envoyait au Chili des Tramp Dampfer, c'est-à-dire de vieux bateaux sacrifiés, où le fret était donné pour rien ou presque rien. Tout à coup elle s'arrêta : l'Empereur était intervenu; les deux adversaires, comme Olivier et Roland, avaient compris une fois de plus l'inutilité de se combat fro. Et ils s'arrangèrent pour espacer leurs vo\ airts sur cette ligne, les organiser successifs au lion de les f;nro simultanés et concurrents. Hambourg avait consenti

à laisser \ i\iv b Unhtnd. qui continue à escalor à Hanilx'uri: et à Anvers. Brème

avait (inné ou satisfaction.

Au OHurs dos pourparlers, l'Empereur

tut ame-n»' a dire aux Ilambourgeois un

motsovero — et juste: — « L'Elbe, sachoz-

lo, messieurs, n'est pas un ileuve ham-

|)ourePois. mais un llou\o allemand, et la

mer est à tout le monde, n Je fis cette remarque :

« On dit pourtant que l'Empereur a

une faiblesse pour M. Ballin, qu'il no fait

rien sans le consulter...

— C'est exagéré... M. Plate est aussi

souvent appelé en consultation par l'Em-

{)ereur que M. Ballin. »

LA LUTTE I3rème reproche encore à Hambourg, ou plut(")t, le Sorddputscher Lloyd à la lîamhiirg'Amcrika Linie ^ de s'être ingérée dans les affaires de La Plata.

l'ne concurrence à mort était engagée entre hi lî amburg Sudanienkanische l>. S. v\ c. de Fi'eitasetC^e^m.ialigm^ du Brésil ; Freitas succomba, et, pour mettre fin à

la lutte, la H amburg- Amerika Linie acheta sa flotte, continua les services de concert avec la Hamburg Siidamerikanische D. S.

et s'immisça dans les autres services de la Compagnie, notamment celui de La Plata. Le Norddeiitscher Lloyd, qui était déjà dans la place, se plaignit de cette concurrence, à quoi la H.- A. L.

répondit qu'elle avait mis fin à une lutte fâcheuse entre deux armements dont le A^. L. avait aussi à souffrir, puisqu'il a également une ligne sur le Brésil.

La H.- A. /,., qui entretient depuis longtemps un service sur Cuba, se plaint que le A'. L. ait également établi une ligne dans cette direction sans la consulter et lui ait ainsi soufilé le fruit de longues années d'efTorts.

Brème se plaint que Hambourg ait fait tous les efforts possibles et imaginables pour lui enlever son marché de coton, et Hambourg demeure muet à ce sujet.

Hambourg a 1(^ premier organisé les voyages de plaisir, les croisières de luxe. Dès que Brème vit lesheureux résultats de cette initiative, elle voulut aussitôt prendre sa part dans cette exploitation fructueuse ; ce n'est que par des compensations de toute nature et le paiement d'une somme annuelle assez élevée que Hambourg put avoir le champ libre. Et cependant, malgré la promesse formelle de cesser toute concurrence, la Compagnie Brêmoise désigne des vapeurs réguliers comme bateaux de luxe et d'excursions.

La H.-A. L. a découvert la première l'importance de Cherbourg sur la route de New- York et y a escale. Aussitôt le N. L. de mettre ce port dans son itinéraire. De même Plymouth.

Les relations avec Philadelphie furent inaugurées par la IL- A. L. Le N. L. se mit^aussitôt sur les rangs.

Enfin la H.-A. L. établit, de concert avec le «Cari Stangen Bureau», une agence de voyage. Aussitôt le A^. L.

s'entendit avec des Anglais, Cook and Son, pour fonder une « Welt-Reise-bureau Union», malgré son engagement de se désintéresser des voyages de plaisir.

Un autre coup de Brème : des armateurs brèmois installent des comptoirs à Hambourg qui drainent le fret. Au moyen de chalands, ces marchandises sont conduites à Brème, où les grands bateaux les chargent pour l'Amérique, l'Australie, le Brésil, l'Argentine, la Chine, les Indes, Cuba !

Hambourg riposte :

« N'avons-nous pas un port assez grand? Et des quais sufiîsants? Nous ne voulons pas vous voir chez nous.

— C'est de bonne guerre, répond Brème. Nous sommes des commerçants et des marins, et nous jtrenons notre fret où nous pouvons. »

D'autres conflits analogues se passèrent pour lo Levant. Brème dressa devant la Levafitc Linie une Compagnie Ijremoise, l'Atlas. Les deux finirent par se mettre d'accord, — sur notre dos, — et c'est maintenant Marseille qui pâtit.

Nous voici donc exactement renseigné.

M. Ballin cherche maintenant raj)pui de Brème et de quelques indépendants de Haml)ourg. Pour lutter contre la ]Vœrmann Linie de Hambourg, desservant la côte d'Afrique et disposant pour ainsi dire d'un monopole, on a créé ces derniers temps la Brenier-Hanihurgcr-Westajrika Linie, et l'on va escaler à Brème, dont on espère un bon concours. Ensuite, une autre solution est intervenue; la IL- A. L. a trouvé plus simple de s'assooier avec h\ maison Wœrmann pour TOuost- Afri-ain.

« Dans tout cela, (juel est finteret

(le J'AlIemasrnp^ qn'^'R pense Guillaume li ;'

— Je crois que tout ]•■ monde c=;t d'accord — Hambourg excepte — qu'il tio faut pas laisser tuer le plus petit. Hambourg deviendrait trop puissante. La concurrence est bonne, il faut qu'elle dure.

— Et le canal du Rhin à l'Elbe? Ne serait-il pas uu mauvais coup pour Hambourg?

— Oui. Je pense que Brème saurait en tirer parti.

— Ce canal est-il réalisable?

— Très réalisable. Nous objectons bien qu'il sera gelé pendant les mois d'hiver, mais pas plus que nos canaux, et même que l'Elbe, où, les années de grand froid, nous devons promener des brise-glace.

Nous prétendons aussi qu'il coûtera cher — mais Brème s'ofîre à aider l'État de sa poche large ouverte. Voici un de nos gros arguments : si l'on veut favoriser le trafic du Rhin à l'Elbe, il serait plus simple de diminuer les prix de transport

par chumiub de 1\t sur It-s lignes qui vont du Rhin à l'Elbe. Car les villes qui se trouveront dans le rayon du canal sans être exactement sur ses bords, quel bénéfice en tireront-elles? La marchandise aura été portée jusque-là, déchargée dans les bateaux, transportée à une autre partie du canal, puis transbordée de nouveau sur la ligne «lu chemin de fer! Toute cette main-d'œuvre sera ruineuse. Et le commerce ne saurait profiter d'une telle combinaison... D'ailleurs, il n'est pas voté, le canal...

— Si, jusqu'à Hanowe.

— Mais il n'est pas fini... Et je m'en rapporte à BalHn... »

Une phrase caractéristique trouvée dans un journal hambourgeois :

«Si les Hambourgeois se donnaient la peine que se donnent les Brêmois pour l'extension de leurs affaires, il y a longtemps que Brème aurait disparu. »

On ne peut rien dire de plus flatteur aux riverains de la Weser.

HAMBOURG

Neue phot. Ge^elUchafi, Berlin.

La fontaine de bronze, qui s'élève au milieu de la cour intérieure du Rathaus, est d'un caractère assez original et joli.

Planche a35.

de l'Allemagne? qu'en pense Guillaume II ?

— Je <Tois que tout le monde est d'accord — Hambourg excepté — qu'il ne faut pas laisser tuer le plus petit. Hambourg deviendrait trop puissante. La concurrence est bonne, il faut qu'elle dure.

— Et le canal du Rhin à l'Elbe? Ne serait-il pas un mauvais coup pour Hambourg?

— Oui. Je pense que Brème saurait en tirer parti.

— Ce canal est-il réalisable?

— Très réalisable. Nous objectons bien qu'il sera gelé pendant les mois d'hiver, mais pas plus que nos canaux, et même que l'Elbe, où, les années de grand froid, nous devons promener des brise-glace. Nous prétendons aussi qu'il coûtera cher — mais Brème s'offre à aider l'État de sa poche large ouverte. Voici un de nos gros arguments : si l'on veut favoriser le trafic du Rhin à l'Elbe, il serait plus simple de diminuer les prix de transport

par chemins de fer sur les lignes qui vont du Rhin à l'Elbe. Car les villes qui se trouveront dans le rayon du canal sans être exactement sur ses bords, quel bénéfice en tireront-elles? La marchandise aura été portée jusque-là, déchargée dans les bateaux, transportée à une autre partie du canal, puis transbordée de nouveau sur la ligne du chemin de fer ! Toute cette main-d'œuvre sera ruineuse. Et le commerce ne saurait profiter d'une telle combinaison... D'ailleurs, il n'est pas voté, le canal...

— Si, jusqu'à Hanovre.

— Mais il n'est pas fini... Et je m'en rapporte à Ballin... »

Une phrase caractéristique trouvée dans un journal hambourgeois :

« Si les Hambourgeois se donnaient la peine que se donnent les Brèmois pour l'extension de leurs affaires, il y a longtemps que Brème aurait disparu. »

On ne peut rien dire de plus flatteur aux riverains de la Weser.

HAMBOURG

NeuP phol. (iR^ell«cliaft, Herim.

La fontaine de bronze. (|iii s éh'vt' ;ni milieu île la cour intérieure du Hatliaus, est d'un Ciiraclère assez oi'ifi^inal et joli.

Planche 235.

riiui lla^tiil cck.

LA MENAGERIE HAGENBECK. - l'aimi les tortues, certaines se veiidenl assez cher, telles que les tortues plates et les tortues alli^^ators. La Icsliidu ijeomcirica vaut jus<jua 30 francs.

LA MENAGERIE HAGENBECK. L'allaitement des lionceaux au biberon. — .M. Hagenbeck a eu des chèvres qui allaitaient des petits lifjres et des ti-:resses nourrissant des chiens.

HAMBOURG

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