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L'APPROVISIONNEMENT EN CHARBON D'UN TRANSATLANTIQUE. C....,,,! ,1.^ milli.Ts ,!,• |.„.n.s
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LES BAINS ROMAINS DE L' .. IMPERATOR -. [iw pisciiu' dv n.Ualion es! aiiu'ii:.-.-.- .I.n.s l.-s l.ains l'oiiiaiiis (le I hiii'rr.ilnr. ((uc (loforcnl de ln-aiix piliers |.()iin)éiens et des (■aseaiie> d'eau eoiiiaiile.
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L \ r. L E M A G N E IVl O D E R N E
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HAMBOURG
l'iu.uil U> ii»ui> il hin'i" U-s l(alf;iu\ |i«-clii-iir?> ilfs côlps <lo la mer du Nord reslcat ancivs (liiiis II- Icissin s|)t'C'ial <|iii li-tir est n'-scivi'-.
LE TRAVAIL DANS LE PORT. Les iiaviivs (|ui ne ppiivoiil accoster au (|uai s'attaclient à «les piliers
de bois, appelés ■> ducs d'Aliie », et se décliarffeiit dans des allèj;es ou petits chalands plats.
York, ils soient rejetés par le service médical et retombent à la charge de la Compagnie, qui leur doit, dans ce cas, le rapatriement gratuit.
Je passe par-dessus les formalités premières imposées à la frontière allemande : obligation de produire leur billet de bateau, leur billet de chemin de fer jusqu'au port d'embarquement, la possession de 400 marks — pour éviter l'inutile voyage jusqu'aux États-Unis, où ils ne seraient pas admis sans cette somme minimum.
Les hôtelleries où séjournaient autrefois les émigrants avant leur embarquement et les émigrants eux-mêmes se trouvaient placés sous le contrôle du médecin; les chambres à coucher et dortoirs devaient avoir le maximum d'air, la séparation des sexes être rigoureusement observée; les femmes voyageant seules avaient leur abri particulier; le prix pour le logis était réglementairement fixé d'après une affiche clouée dans toutes les chambres.
Malgré ces précautions et ces visites, des maladies contagieuses furent à plusieurs reprises apportées, de Russie surtout, par les émigrants.
Le nombre des émigrants augmentant toujours, —il s'éleva à 144.382 en 1891, — le gouvernement de Hambourg reconnut qu'il devenait impossible de les loger dans les auberges de la ville, où ils échappaient à la surveillance sanitaire.
La Compagnie Hamburg-Amerika construisit donc dans ce faubourg de Veddel, sous le contrôle de l'État et de médecins, un ensemble de quinze corps de bâtiments f)Ourvus de tout le confort nécessaire et des installations hygiéniques les plus perfectionnées. Aujourd'hui., les émigrants arrivant à Hambourg ne sont pas forcés de traverser la ville ; on les conduit direc-
tement de la station du chemin de fer à ce sanatorium.
Ils sont séparés en deux catégories :
l'une comprenant les gens un peu aisés, qui vivent dans une sorte d'hôtel pourvu de chambres séparées, quelqiiesjoursavant le départ du bateau ; l'autre, composée des simples émigrants soumis au règlement ordinaire.
Les bâtiments sont divisés en deux parties :
La partie A, qui reçoit les arrivants jusqu'à ce qu'ils aient passé l'examen médical ;
La partie B, occupée par les habitations, dortoirs, réfectoires, bains, salles de désinfection pour ceux reconnus sains.
Les arrivants donnent leur nom, disent ce qu'ils veulent, où ils vont. S'il est trop tard pour remplir les formalités d'admission, ils couchent dans cette partie A.
Mais ils ne sortent pas. Au matin, tous ceux arrivés la veille ou la nuit prennent un bain, une douche, et leui*s vêtements et bagages sont désinfectés pendant la durée du bain. On pend leurs pauvres bardes à l'intérieur d'un vaste autoclave où se fait la désinfection. Leurs malles, valises, caisses, boîtes, tout ce qui servait à porter le maigre mobilier, est également soumis à la chimie sanitaire. Quelquefois, leur bain pris, les séchoirs n'ont pas encore rendu les guenilles. Alors, enveloppés dans des couvertures que la Compagnie leur prête, les pauvres gens attendent.
Pendant le bain, a lieu une visite médicale complète.
Ceux reconnus sains sont conduits à la partie B.
Les douteux ou les familles dont un seul membre est douteux vont en observation au lazaret. On dirige les malades vers un hôpital de la^ville.
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HAMBOURG
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LE TRAVAIL DANS LE PORT. 1..^ ii;i\iic> .|iii n.- |„mi\i'iiI jiccosifr au ipiai s alhuliciil à «Ifs pilit-r-.
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York, ils soient rejetés par le service médical et retombent à la charge de la Compagnie, qui leur doit, dans ce cas, le rapatriement gratuit.
Je passe par-dessus les formalités premières imposées à la frontière allemande : obligation de produire leur billet de bateau, leur billet de chemin de fer jusqu'au port d'embarquement, la possession de 400 marks — pour éviter l'inutile voyage jusqu'aux États-Unis, où ils ne seraient pas admis sans cette somme minimum.
Les hôtelleries où séjournaient autrefois les émigrants avant leur embarquement et les émigrants eux-mêmes se trouvaient placés sous le contrôle du médecin; les chambres à coucher et dortoirs devaient avoir le maximum d'air, la séparation des sexes être rigoureusement observée; les femmes voyageant seules avaient leur abri particulier; le prix pour le logis était réglementairement fixé d'après une affiche clouée dans toutes les chambres.
Malgré ces précautions et ces visites, des maladies contagieuses furent à plusieurs reprises apportées, de Russie surtout, par les émigrants.
Le nombre des émigrants augmentant toujours, — il s'éleva à 144.382 en 1891, — le gouvernement de Hambourg reconnut qu'il devenait impossible de les loger dans les auberges de la ville, où ils échappaient à la surveillance sanitaire.
La Compagnie Hamburg-Amerika construisit donc dans ce faubourg de Veddel, sous le contrôle de l'État et de médecins, un ensemble de quinze corps de bâtiments pourvus de tout le confort nécessaire et des installations hygiéniques les plus perfectionnées. Aujourd'hui, les émigrants arrivant à Hambourg ne sont pas forcés de traverser la ville ; on les conduit direc-
tement de la station du chemin de fer à ce sanatorium.
Ils sont séparés en deux catégories :
l'une comprenant les gens un peu aisés, qui vivent dans une sorte d'hôtel pourvu de chambres séparées, quelques jours avant le départ du bateau ; l'autre, composée des simples émigrants soumis au règlement ordinaire.
Les bâtiments sont divisés en deux parties :
La partie A, qui reçoit les arrivants jusqu'à ce qu'ils aient passé l'examen médical ;
La partie B, occupée par les habitations, dortoirs, réfectoires, bains, salles de désinfection pour ceux reconnus sains.
Les arrivants donnent leur nom, disent ce qu'ils veulent, où ils vont. S'il est trop tard pour remplir les formalités d'admission, ils couchent dans cette partie A.
Mais ils nesortent pas. Au matin, tousceux arrivés la veille ou la nuit prennent un bain, une douche, et leurs vêtements et bagages sont désinfectés pendant la durée du bain. On pend leurs pauvres hardes à l'intérieur d'un vaste autoclave où se fait la désinfection. Leurs malles, valises, caisses, boîtes, tout ce qui servait à porter le maigre mobilier, est également soumis à la chimie sanitaire. Quelquefois, leur bain pris, les séchoirs n'ont pas encore rendu les guenilles. Alors, enveloppés dans des couvertures que la Compagnie leur prête, les pauvres gens attendent.
Pendant le bain, a lieu une visite médicale complète.
Ceux reconnus sains sont conduits à la partie B.
Les douteux ou les familles dont un seul membre est douteux vont en observation au lazaret. On dirige les malades vers un hôpital de la ville.
L ALLE :.l .-\ G NE M O D E K xN £
Il faut admirer la propreté et l'organisation de tous ces services répartis dans des pavillons indépendants. Tous les locaux sont chauffés à la vapeur et éclairés à l'électricité. Les dortoirs, faits pour vini^ personnes chacun et dont les dimensions furent calculées à raison de 13 métrés cubes d'air par individu, sont pourvus do ventilateurs, de lavabos.
Il y a deux réfectoires séparés pour les juifs et les chrétiens. Un prépare les mets des juifs d'après les rites de leur religion. A la cantine voisine, chacun pniit nrhotor ce qu'il désire.
Dans un jtavillon de musique se donne un concert tous les jours.
Deux églises — une catholique, l'autre protestante, — et une synagogue sont à la disposition des émigrants.
Tous ces soins, toutes ces précautions donnent littéralement à ces centaines d'hommes, de femmes et d'enfants ras[.»Mf d'un troiipedu que l'un ^iii'\>m!!»' et que 1 uii buigne. Ils ne s'en douleiiL pas dans la pseudo-liberté qui leur est laissée quand ils ont subi tous ces examons, tmis r«'s contacts, ropnn-hi ù tous ces questionnaires, oiïeri toutes ces garanties. On les parque là-dedans comme des bêtes dangereuses. Le médecin doit les visiter quotiili»'tm»'iiir'[it . Ils pnitfnt une cartr d'idontité et de contrôle qui peut \*'\iv être réclamée à \n\i\ instant t-t qnr l'on poinçonne ch.opie jour aprt's rhaque formalit»'. !-]( cette carte, tant les {)res(Tipti()ns sont unnihreuses et précises, a bientôt l'air d'une dentelle.
Au'un d'eux ne peut sortir de cet enclos san> p^'rniissi<;>n.
Comment oublier l'expression de ces miniers (le ifi/.irds quand ils nnt feiK^nii- {r>- le vôtre !
Il t'.iiit VI nv ces pauvres gens devant les
étalages d'un magasin de provisions où l'on vend les malheureuses camelotes de l'émigration : pipes, morceaux de savon, jupes, corsages de calicot, chapeaux de feutre, valises de carton recouvertes de toile, à 2 ou 3 francs, chapeaux de femmes destinés à remplacer les mouchoirs de couleur pour celles qui ne veulent pas arriver là-bas dans les co>i unies Je la bohème, de la Pologne ou de la Galicie. Un jeune paysan slave marchande un accordéon; des femmes retournent vinijft fois dans leurs doicrts hésitants de beaux peignes dni! ni.irk, des ceuitures, des jouets qu'' Ifs t'ufants, sans dire un mot, ne quittent pas de leurs yeux remplis de prières.
J'assiste à une scène poignante.
Un pauvre gosse de treize ou quatorze ans pleure en s'adressant à tous ceux cjuil rmiiint l'e. Je nriut'ornie de son cas. Nntre LTuid»' s'arrête et l'interroge. \ Dyant ({ue quelqu'un s'intéresse à lui, ses larmes redoul)lent. Mai> il parle. C'est un jeune israt'lite russe. Il e>t iei seul; le médecin \i»'nt de lui it'l'iist'i' le départ pour une maladie d'yeux. En etl'et, ses paupières rouges pleurent aussi antre chose que d»'^ larmes.
« Il faut retournei' dans votre pays,
lui (lit l'a^t'Mi.
— ( Ml vuule/,-\iius (pie j'aille.' explique-t-il, dans un allemand très correct et sur un ton plaintif à fendre l'àme. On \ it'iil de tuer mon père et ma mère là-bas. La faliri([ue (pii nous apjiartenait a été brûlée ; la justice et les soldats ont pris le peu d'aru'ent qu'on a trou\'i'. A présent, il ne me restt' plus rien... rien... Je suis venu jusqu'ici à |)i(^d, .-n mendiant un peu de pain: la nuit, je couchais dans les fossés des routes, et voila pourquoi mes veux sont malades.
— Vous ne saviez donc pas qu'il fallait de l'argent pour la traversée?
— Non. Je croyais que c'était l'agent qui payait le voyage et qu'on le remboursait quand on avait travaillé. J'aurais travaillé. »
Il haussait les épaules d'un air désolé; sa voix était triste et mouillée de sanglots. Tout ce qu'il disait d'un ton si doux et si
résigné était si raisonnable et si touchant que mon cœur se serrait affreusement comme pour me punir de mon égoïsme.
Honteux de moi-même, je lui donnai quelque argent, qu'il reçut en se précipitant sur ma main pour la baiser comme font les Russes en remerciant. Mais je la retirai à temps, et je ne voulus pas en voir davan-
tage.
HAMBOURG
(SUITE