‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 117 sur 164 · LES CROISEURS DE BATAILLE · texte numérisé non relu

LES CROISEURS DE BATAILLE

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PUANCHES 303-a63

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Vl ANCME> 202-363.

Pr.AMr'HC 26».

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pléter ridée qu'on peut avoir de sa marine de guerre. Évidemment, il est impossible de maintenir en permanence sur le pied de guerre un aussi formidable ensemble, et nous avons vu avec quel soin sont préparées les opérations de mobilisation. Cependant la partie de la flotte mobilisée en permanence et prête à prendre la mer au premier ordre, sauf pendant quelques semaines d'hiver, à l'arrivée des recrues, et lorsque la glace bloque les passes de Wilhelmshaven, est assez considérable, puisqu'elle comprend toute la flotte dite « active ».

Cette flotte active est formée par les trois premières escadres, soit vingt- quatre cuirassés. La première escadre est entièrement composée de dreadnoughts; la troisième se forme avec les Kaiser qui entrent en service et est complétée par des anciens cuirassés. EUes sont toutes deux stationnées à Wilhelmshaven. La deuxième escadre est celle de la classe Deutschland^ la plus forte de celles qui ont précédé les Nassau. Les huit Deutschland sont des cuirassés de 13.200 tonneaux, de 19 nœuds de vitesse et armés de quatre canons de 280 millimètres et de quatorze de 170 millimètres, à peu près de la force de notre type français Patrie. Ce sont encore de très bons bâtiments, et qui ont leurs équivalents dans toutes les marines. La deuxième escadre est stationnée à Kiel.

Le commandement de toute l'armée navale appartient au vice-amiral Von Ingenohl. Son pavillon bat sur un cuirassé hors rang, qui n'est incorporé à aucune escadre : le Friedrich der Grosse, choisi parmi les plus récents. L'amiral Von Ingenohl est un chef jeune, de tempérament très militaire, qui parait apprécié dans la marine, mais sur lequel, en l'absence de toute espèce de critique sur

les manœuvres de la flotte allemande il est difficile de porter un jugement.

Les croiseurs de bataille forment, avec les éclaireurs, une escadre armée en permanence et commandée par le vice-amiral Bachman.

Les torpilleurs et sous-marins sont également en permanence sur le pied de guerre.

La flotte de réserve comprend tous les autres navires formant la quatrième et la cinquième escadre. Elle est destinée à être armée à la mobilisation, et ses navires ont des noyaux d'équipage qui représentent plus du quart de l'effectif complet.

Ce qu'un voyageur voit d'une marine comme celle de l'Allemagne, des quais de Kiel et de Wilhelmshaven, est peu de chose. Des arsenaux diflicilement accessibles, des silhouettes de navires, un peuple de matelots. Pour regarder ces choses, pour comprendre leur signification, il faut une investigation plus attentive ; ce sont ces constatations que l'on trouvera ici.

Mais cela ne suffit pas encore pour apprécier l'effort qui a donné à l'Allemagne le rang maritime qu'elle occupe dans le monde. Il faut se souvenir que cet immense établissement naval, ces escadres puissantes ont été créés en quelques années; qu'en 1898, l'Allemagne n'avait qu'une toute petite marine et qu'elle paraissait condamnée, par ses conditions géographiques, à n'être jamais qu'un pays continental.

Parmi beaucoup de manifestations de ce qu'a pu dans ce pays la volonté du souverain servie par l'incomparable discipline de ses sujets, il n'en est pas de plus frappante que celle-là ( 1 ).

(1) Nous devons ces renseignements si frappants à l'obligeance et à la compétence bien connue de M. Larrisson, ancien officier de marine, dont les études techniques furent plus d'une fois remarquées.

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