‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 133 sur 164 · L'ART ET LES ARTISTES · texte numérisé non relu

L'ART ET LES ARTISTES

Le génie musical allemand. — L'absence de génie plastique. — Pas de vocations vraies, ou peu. — Les fabricants de tableaux de Diisscldorf et le commerce de la fonte. — Expositions de peinture à Berlin. — L'imitation des peintres français. — Darmstadt. — Un grand-duc intelligent. — Mécanisme éclairé. — Pourquoi les Bavarois sont-ils plus artistes que les autres habitants de V Allemagne? — Hypothèses. — Les Allemands voient laid et voient noir. — Influence de la peinture française combinée avec un lenouveau idéaliste. — Condition matérielle et sociale des artistes munichois. — Leur influence. — Les maisons particulières des artistes. — La villa Lenbach, la villa von Stuck, la villa Benno Baker.

'est une banalité do dire aujourd'hui que l'Allemagne n'est pas un pays d'art. Il faudrait plutôt expliquer pourquoi. Et on se heurte là à des diiTicultés historiques et ethniques que la science arrivera peut-être un jour à surmonter. En attendant, personne n'a le droit d'affirmer que le génie allemand soit incompatible avec l'art, puisque l'Allemagne est le premier pays musical du monde, qu'en littérature elle a produit Goethe, et que la Bavière a donné le jour à Holbein, à Cranach et à Albert Durer. On répondra que Holbein a passé sa jeunesse à Bâle, que Diirer alla en Italie, et que, d'ailleurs, il ne suffit pas

de quelques noms exceptionnels pour affirmer l'aptitude artistique d'un peuple, qu'il faut la multiplicité, l'abondance et même l'exubérance des vocations.

Un fait domine l'histoire germanique :

c'est que, au temps de Luther, la musique était déjà un art très développé en Allemagne et que, depuis le xvi^ siècle, il n'y a pas eu ce qu'on peut appeler une grande école d'art plastique allemand.

On serait donc en droit de dire que l'Allemagne n'a pas produit, malgré le nombre considérable de ceux qui aujourd'hui étendent de la couleur sur de la toile, de peinture allemande proprement dite.

Los Allemands sincères, — je ne parle pas des pangermanistes, — qui mettent leur orgueil à constater les progrès énormes accomplis dans leur pays depuis cinquante

ans, reconnaissent que la pauvreté de leur sol, les guerres nombreuses qui ruinèrent le pays — la guerre deTrente Ans surtout — sont les causes principales du long arrêt que subirent chez eux les arts de la civilisation. Chez une nation longtemps pauvre et qui, à peine sortie de la misère depuis un demi-siècle, s'est ruée à la fortune avec l'ardeur et de courage que l'on sait, il reste peu de place pour les loisirs féconds.

Pourquoi les Flamands, — qui, en somme, sont de race voisine et parente, — ont-ils produit cette admirable pléiade d'artistes? C'est qu'à l'époque où l'art flamand brilla de tant de gloire, le commerce avait déjà enrichi les Flandres.

Bruges remplaçait Venise dans le commerce du monde. Les cuivres familiaux resplendissaient depuis des siècles dans les cuisines quand Téniers, Breughel, Gérard Dow peignirent leurs tableaux, car l'art flamand, c'est cela, c'est la casserole rayonnante, le bonnet blanc, les étains à l'éclat doux, les armoires bien cirées, les boudins et les chandelles et les commères aux chairs bombées. Rembrandt et Rubens, dont les œuvres sortent de ce cadre étroit, sont des phénomènes exceptionnels, et un grand homme, où qu'il soit, crève toujours la théorie des milieux.

Les Allemands, eux, pauvres, en proie aux luttes historiques qui préparaient leur unité, n'avaient pas les loisirs de grâce et de beauté qui firent les Écoles de Florence et de Venise, ni la quiétude abondante des riches cités flamandes.

Et ceci, qui expliquerait leur retard, ne prouve pas leur incapacité foncière.

Aujourd'hui l'industrie, le commerce, la science, l'armée absorbent les intelligences et les activités. Un Américain qui veut gagner des millions ne peut, en même temps, faire de l'art, même s'il compose des

tableaux, comme ce singulier président du « Canadian Pacific », M. Van Orne, que je rencontrai à Montréal, qui se levait la nuit et travaillait à la lumière électrique pour peindre sur la toile des effets de signaux dans les gares.

Le véritable artiste est celui qui est incapable de faire autre chose que son art. Peut-on dire qu'il y ait beaucoup de peintres allemands d'aujourd'hui qui se trouvent dans ce cas? Je n'oserais l'aflirmer. Il semble qu'en Allemagne on devienne peintre comme on devient banquier, commerçant, hommes d'affaires, et qu'il ne se fasse guère une sélection de personnalités éminemment douées et poussées vers l'art par un irrésistible instinct. On dirait que c'est le hasard qui décide les vocations. Il est difficile de ne pas le penser en voyant les expositions. Je connais un peintre allemand, de talent d'ailleurs, qui, devant moi, regrettait de n'avoir pas fait de politique. Pour lui, le talent, c'est la difficulté vaincue. Il apporte dans son art la même patience appliquée, la même énergie à surmonter les difficultés qu'il eût mises à démêler une question politique complexe. Voilà un grave défaut incompatible avec une véritable aptitude artistique. Les qualités d'adaptation de l'Allemand, son manque d'originalité, son application studieuse le rendent apte à tout. Il fait donc de la peinture commerciale, comme il arrive chez nous, à certaines générations de littérateurs et d'hommes de théâtre de notre temps, de servir au public exactement le dosage habile qu'il réclame d'émotion, de hardiesse ou de sottise.

Quoi qu'il en soit, Munich est incontestablement la capitale de l'art en Allemagne. Dusseldorf, centre industriel west-

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LA SCULPTURE. — Sous le rapport de la composition et île l'exécution, il semble >\ue la slaluaire aile mande ne doive pas atteindre avant longtemps I»- deen- de perfectionnement atteint f)ar I art d«Moralif.

L'ART DÉCORATIF D'INTERIEUR. -- L. vestibule dun. maison dhabitation doit avoir un air accueillant et ce.l celu. .,ui se .l.sfHir.. d- ces l.a.ils lambris de bois clair harmmisés avec l'horloge, la table et les sièKes.

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phalien, doit abdiquer toute prétention artistique. Les quelques fabricants de tableaux qui y restent, à part deux ou trois exceptions, foraient bien mieux de se lancer courageusement, une fois pour toutes, dans la vente des aciers commerciaux.

Berlin a de beaux musées ; on y multiplie les expositions, et l'on se paie même de luxe, à l'exemple de Munich, d'une sécession révolutionnaire. De bons peintres s'y sont fait un nom célèbre. Liebermann, Leistikow, Menzel, Leibl, d'autres encore; mais Munich les revendique, au moins ce dernier qui fut dans la capitale de la Bavière le compagnon de Courbet.

J'ai souvent visité les expositions de peinture berlinoise avec le souci d'y découvrir une caractéristique, une trace de tempérament personnel. J'y ai constaté une grande abondance de sujets guerriers, de tableaux de 1813, de 1870, de bustes de généraux, de l'Empereur, de couronnements, d'inaugurations, de portraits quelconques, des hommes en général raides et sévères, aux yeux bleus, les femmes toutes angéliques et souriantes, inexpressives et banales, chromos aux couleurs ternes.

Malgré ses artistes remarquables, Berhn aura beau faire, pendant longtemps encore, aussi longtemps peut-être que le roi de Prusse se permettra de faire prévaloir sa propre esthétique aux dépens des libres artistes, l'art n'y paraîtra qu'en invité de passage.

Darmstadt, sous l'influence du grandduc de Hesse, mécène éclairé, essaye aussi de lutter pour la prééminence artistique, et fait des efl'orts ingénieux et tenaces pour se créer une personnahté dans le domaine de l'art.

Partant de ce point de vue intelligent que toute époque doit avoir son style

propre, le grand-duc de Hesse attira dans sa capitale sept artistes indépendants, peintres, sculpteurs, architectes, de Vienne, de Berlin, de Paris même, à qui il dit :

« Venez vous installer ici, voici des terrains où vous pouvez construire et meubler vos maisons à votre guise. Pendans cinq ans vous ne paierez aucun loyer. Vous toucherez en plus 5 000 francs de pension. Vous n'aurez d'autres obligations que de travailler selon vos goûts, en toute liberté. Des gens vous commanderont des villas, des sculptures, des décorations; tâchez que Darmstadt devienne la plus jolie ville d'Allemagne ! »

L'architecte viennois Olbrich fit le plan de ces maisons, réunies dans un endroit tranquille qu'on appelle Alexanderweg. Chacune a un caractère particulier. Aucune n'est copiée servilement sur rien de connu. Façades bleues, jaunes, rouges, toits vernissés multicolores, mélange de tous les styles de tous les pays, rappelant surtout le genre des villas suisses et Scandinaves ; un musée eut une façade de palais hindou. Bientôt le quartier des résidences, Mathilden-Hôhe,Tinten-Viertel, se peupla de demeures plus gaies les unes que les autres. Tout y était original et inédit, les candélabres, les marteaux de porte ; les escaliers extérieurs, divisés par paliers, avaient des marches de bois grossier ou de briques bleues. Je me souviens avoir vu tout cela un jour de soleil, et mon œil en a conservé une vision de gaîté charmante. Je sais bien que, dans les cercles artistiques officiels, on traite ces tentatives d'extravagances contraires à l'art véritable. J'ai beau faire, je ne puis arriver à partager cet avis.

Darmstadt est trop petite pour ambitionner de détrôner Munich, mais le foyer d'art qui y brûle pourra grandir. Il ne reste

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plus au grand-duc de Hesse qu'à faire jouer de la musique nouvelle et de la musique ancienne, à fonder une Académie libre, et à découvrir de nouveaux Gœthcs et de nouveaux Schillers.

MUNICH CAPITALE Quoi qu'il arrive dans ARTISTIQUE o o « l'avenir, Munich n'en demeure pas moins aujourd'hui, je le répète, le centre indiscutable des arts plastiques allemands. Ce qui la différencie de ses rivales, c'est qu'elle est une ville dont le principal souci, avec le farniente et la dégustation de la bière, est de se dévouer à l'art.

Mais d'abord pourquoi les Bavarois se distinguent-ils, sous ce rapport, du reste des Allemands? Très soucieux d'art, c'est un fait, ils se reconnaissent eux-mêmes en retard sur les États du Nord pour les choses de l'intelligence pure. Les uns disent : « Nos populations sont catholiques, leur religion leur offre plus de fantaisie, ouvre à l'imagination plus de rêve et de beauté, le culte lui-même a des traditions d'apparat et d'esthétique. Le protestant, au contraire, davantage l'homme du fait, est un réaliste... Sa religion est sévère et critique...» Il resterait à savoir si c'est la religion de Luther qui a rendu le Prussien réaliste, ou si c'est parce qu'il t'tait réaliste qu'il a adopté et conserve ia^religion de Luther.

Plus simplement, les souverains bavarois, artistes de goût, ayant réussi à amener à Munich les plus beaux trésors artisti |ues de l'Allemagne, et ayant fait de leur capitale une cité architecturale uruqu»'. une tradition et un entraînement ne sont -lis pas nés de cet effort p('r>i^laMt .' Ocjuns lors, l''.-5 ttrdiigvib s liabituèrf'nt a \i.>>iter Munich, les commerçants y trouvèrent leur compte, l^s artistf's aussi. Et les

Munichois n'ont-ils pas jugé plus simple de se spécialiser dans le commerce du tourisme et de l'éducation artistique, au lieu de demander à l'industrie, si difficile en cette région, — par l'absence de la houille, — des ressources aléatoires exigeant d'ailleurs de grands efforts et une activité inaccoutumée?

Ou bien encore, ces tendances et ces goûts d'art en Bavière et en Souabe ne seraient-il pas dus au voisinage de l'Italie? Les relations fréquentes entre les grands marchands nurembergeois et la république de Venise qui utilisait la Bavière comme route commerciale n'influèrent-elles pas sur les dispositions natives? Une bande d'Allemagne se serait ainsi formée qui rejoignit les Flandres, séparée du reste du pays, de la Prusse, du Brandebourg, pauvres, par l'isolement de la misère.

Peut-être aussi trouvera-t-on l'explication cherchée dans le mélange de toutes ces hypothèses.

Pourtant il ne faut pas croire, — une fois ces dispositions et ces goûts constatés, — que l'on vit à Munich au miheu d'artistes de génie et qu'on écrase à chaque pas les pieds d'iin R-mbrandt ou d'un Velasquez. Non. 11 i, y a pas ici, r;i j.iiJie part en Allemagne, (!♦■ o-rands artistes de la taille de nos plus grands. J'ai en vain cherché nr! l'iivis de Chavannes, un Qaude Monet, un îiosnard, un Carrière, un Renoir, un Urgas, ou un Dal.ai. eu un Rodin. Tout ce qu'^'U nou^ ni.ntre, on peut le dire sans faux orgueil, est bien audessous de ces maîtres. Et je pourrais en < itrr oncore cinquante, cent, parmi les nôtres, qui n'uni pas de rivaux dans tout l'Empire allemand.

Quand on s'est bien cassé la tête à ruminer en tous sens, lo plus loyalement pos- ^ibln, Ips impressions ressenties dans

vingt visites à des expositions de peinture allemande, on en revient toujours à cette conclusion :

«Les Allemands voient laid et voient noir. »

Ceci est une impression générale. Dans le détail, vous trouverez des exemples qui paraissent la contrarier. Ainsi, presque tous leurs portraits de jeunes filles sont banalement angéliques, et, dans les Sécessions, c'est-à-dire dans les Salons révolutionnaires, la couleur hurle tout comme ailleurs. Mais vous savez fort bien que là aussi ils imitent. Et, si devant un certain nombre d'artistes allemands, vous sentez se déployer une personnalité vraie, ce qui la caractérise en première ligne, l'amour du composite et la passion de l'énorme, négation du sens de l'harmonie et des proportions. Ils n'ont pas du tout ce besoin d'équilibre, cet instinct pondérateur que nous appelons finalement le goût, l'art d'élaguer, de mesurer, de polir et de raffiner, que nous avons érigé en art suprême. On pourrait, d'ailleurs, discuter cette prétention, reçue partout à présent comme une loi indiscutable, loi qui met en dehors de l'art toute la poésie espagnole, inégale et exubérante, sans compter la Bible, les plus belles créations du génie Scandinave et du génie germanique, à commencer par Gœthe, sans compter Shakspcare, Rabelais, Hugo, et, d'ailleurs, tous les grands hommes.

Ceci dit, rendons justice aux bons artistes de Munich et de Berlin, aux Licbermann, aux Lcibl, aux Leistikow, aux von Stuck, aux Habermann, aux Becker, aux Kfihl et à d'autres encore dont le nom pour l'instant fuit ma plume. Munich, m'a-t-on dit, est la ville des individualistes. Vous connaissez ce mot de Frédéric le Grand : « Dans mon pays.

tout le monde peut devenir un saint, chacun à sa façon.» Ce mot caractérise parfaitement les artistes munichois.

Mais s'ils entendent demeurer libres les uns vis-à-vis des autres, ils se défendent moins contre l'influence française.

Cette influence de la peinture française crève donc les yeux dans les expositions de peinture, à la Galerie de verre comme à la Sécession. Mais, tandis que d'un côté on en est encore à des effets anciens et faciles de lumière, projections de lampe, rayonnements de bougie, lumignons crevant des fenêtres de chaumière dans la nuit noire, à la Cazin, ou au réalisme sans voile à la Manet, à la laideur poussée jusqu'à la caricature, aux monuments gothiques noyés dans de la poussière violette, à la aaude Monet; de l'autre, vous voyez les femmes nues dans des vergers, des paysages synthétiques, des imaginations de monstres, de serpents aux yeux en chaudron, selon l'esthétique de Bœcklin et de von Stuck.

Après cinquante ans d'efforts vers la clarté, la simplicité, la lumière, on voit de nouveau surgir de-ci, de-là, ce goût du surnaturel, du compliqué, du vague, que les optimistes appellent l'idéalisme allemand. Après avoir fait des meules violettes comme Monet, ils nous font réapparaître les gnomes, les naïades, les dieux, les monstres et les symboles hiéroglyphiques, obéissant ainsi à leur besoin d'abstraction et de métaphysique. Il faut émouvoir et faire penser l'Allemand pour se le conquérir ; que ce soit à l'aide de moyens plus ou moins banaux et plus ou moins brutaux, il n'importe. Ils pensent qu'un titre abstrait sous un tableau fera oublier que la peinture n'est pas très bonne.

« Laissez-nous, dit Henri Heine, laissez-nous sous les épouvantails de la folie.

des rêves fiévreux, du monde des esprits. Les spectres ne vivent que de l'autre côté du Rhin... Quand je vins en France, mes spectres m'accompagnèrent jusqu'à la frontière française ; là ils prirent à regret congé de moi. Le drapeau tricolore met en fuite les spectres de tout genre. »

Ainsi, à travers le fouillis d'imitations diverses, rétrogrades, snobiques, banales, révolutionnaires, la vraie tendance se révèle donc contre le réalisme excessif de ces dernières années. Le plus célèbre des rénovateurs munichois, M. von Stuck, qui commença par des études réalistes de paysages, ne fait plus aujourd'hui que des Péchés capitaux^ des Guerres^ des Printemps^ des Pans mythologiques. Il retourne à l'inspiration de la Renaissance, en passant par Bœcklin et par Gustave Moreau, et cherche des couleurs profondes. De même M. von Uhde, peintre de talent, qui fut l'un des fondateurs du Salon du Champ-de-Mars, et qui, en 1895, peignait des prédications sur le lac de Sternberg, avec des paysans en costume moderne, paraît décidé à abandonner, lui aussi, le réalisme.

Et, à leur exemple, on voit une foule de jeunes imitateurs produire des Mauvaises consciences^ des Paradis perdus et autres compositions symboliques prétentieuses qui sont des devinettes et des rébus, d'ailleurs banaux.

LES ARTISTES La situation matérielle MUNICHOIS o et sociale des artistes de Munich est bien différente de celle des artistes français. La vie y est beaucoup moins chère qu'à Paris ou même qu'à Berlin. L'atelier, les modèles coûtent aussi moitié moins que dans la capitale prussienne. Les modèles abondent : pour 3 fr. 75 on retient un modèle une journée

entière. A l'Académie des Beaux-Arts, qui renferme 400 élèves, à l'École des Arts décoratifs qui en contient autant, 100 hommes et femmes posent tous les jours et aussi dans les académies privées. 11 y a ici 4.000 artistes, parmi lesquels 800 élèves américains, slaves, serbes, croates, slovaques, etc., qui iraient aussi bien à Paris si on faisait quelque chose pour les y attirer.

Je demande de quoi peut bien vivre cette armée d'artistes dans une petite ville comme Munich? Certains collaborent aux journaux illustrés, le Simplicissintus, les Fliegende Blœtter^ la Jugend; d'autres font de l'art industriel.

a D'autres vivent des mécènes, je suppose, de la Cour, de l'État, des municipalités bavaroises?

— Peu, me répond-on. Les grands brasseurs n'achètent guère de peinture, au contraire de ce qui se passe en Westphalie et dans la province Rhénane, par exemple, où les grands usiniers se croient obligés d'acheter les pauvres peintures de l'école mourante de Dûsseldorf.

Au budget de l'État bavarois figure un crédit annuel de 125.000 francs pour achat d 'œuvres d'art. Le régent en achète pour 25.000 francs sur sa cassette privée, — ce qui est maigre si l'on songe à la munificence des derniers souverains bavarois. La ville de Munich, elle, n'achète rien, se contentant d'encourager l'art par de bonnes paroles, et se servant des artistes gratuitement en toute occasion. » Contrairement à ce qui se passe à Dresde, où les artistes gagnent péniblement leur vie, les artistes tiennent à Munich le haut du pavé, sont reçus partout, très considérés, font de riches mariages et vivent en bourgeois. Le prince régent reçoit tous les jours à sa table deux ou

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LA CRISTALLERIE se ressent, elle aussi, du souci de icnovalioii ijui lournienle l'art nioderiie alieriianJ. I.a diversilt' de formes el de couleurs — verl, bleu et rouge —de res coupes, oITre un exemple de ce labeur artistique.

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L'ART DÉCORATIF D'INTÉRIEUR, — Leclairage, première qualité dune salle à manger, est assuré par ces larges baies a la façon anglaise que paraissent, en général, traiter de si intéressante manière les artistes mnniohois.

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L'ART DECORATIF D'INTERIEUR. lAvlaimirc, [.icmicic .{iMiil.- d une >i.llc -a maiii.'.! . c«| as>iiic yiw . ." hirycs luiic^.i l;i l;i<:iiii ;tni,'l;iisc ipi.- |>ar;ii>-Hiil. en i:ciiiT;il, li;iil»'r de si mtcr<*>siint»' nianicic le^ ;irli>lc«. ninniclmi»

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MUNICH PITTORESQUE. — Chaque année plus rares, quelques aspects villageois sont disseniines dans Muni.li, .jui apparaît ainsi une ville de nature en même temps qu'une ville d art.

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