‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 32 sur 164 · I -ll'~l (• .11 Hi · texte numérisé non relu

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OU dos à l'air. Quelques-uns ont le corps rouge comme un écorché : ce sont ceux qui attrapèrent le coup de soleil pour avoir omis de se mouiller. Le public est composé d'ouvriers, d'employés, de marchands, d'artistes.

Un peu plus loin, des bains pareils sont installés pour les fenunes.

L'HYGIÈNE ALIMENTAIRE Le service de LE LAIT, LA VLANDE o o l'hygiène alimentaire est aussi remarquablement dirigé en Allemagne.

Dans les charcuteries, vous ne trouverez pas un jambon qui ne soit timbré par le service d'hygiène, qui l'a contrôlé au microscope.

Vous portez un morceau de sucre au laboratoire du Bureau d'hygiène; l'analyse est faite rapidement, et, si le sucre est reconnu falsifié, le Gouvernement poursuit aussitôt le vendeur.

Nous nous plaignons que nos salades, nos radis, toutes les verdures provenant des environs de Paris soient contaminés. Pourquoi n'avons- nous pas, comme à Berhn, une station pour l'étude des maladies des plantes, légumes et fruits, dans notre Jardin des Plantes?

A Berlin, on ne boit que de l' eau des puits artésiens. On en a creusé beaucoup qui ont coûté chacun 8 millions.

La surveillance du lait n'est pas théorique. Tous les jours de nombreux inspecteurs arrêtent les voitures de laitiers dans les rues, pèsent le liquide; s'il n'est pas conforme aux prescriptions du Bureau d'hygiène, le lait est renversé dans la rue, et procès- verbal dressé contre le délinquant. Aussi les cas de fraude deviennent-ils extrêmement rares.

La vente au détail mérite une mention spéciale. La plus grande laiterie de

Berlin est la laiterie Bolle, dont on voit les voitures blanches dans tous les quartiers de la ville. Elle reçoit 140.000 Htres de lait par jour, qui lui arrivent de 100 kilomètres à la ronde et qu'elle a stérilisés dans une grande usine occupant deux mille ouvriers. Tout ce lait est distribué à domicile dans 250 voitures plombées à la sortie de l'usine. Chaque voiture est disposée de telle sorte que le lait peut être extravasé sans qu'il soil possible de rien introduire dans les récipients. Quatre gamins accompagnent chaque voiture pour le service de la clientèle à domicile. Le problème de la nonfalsification paraît résolu.

On ne peut s'empêcher de comparer cette organisation hygiénique à la nôtre, hélas ! et de retour à Paris, voir les jarres plus ou moins noires de crasse où les laitiers peuvent se livrer à toutes les chimies qui leur conviennent, songer aux boites qui demeurent des heures sur le trottoir, à la porte des crémiers, exposées aux insolences de tous les chiens qui passent, à la poussière, à toutes les ordures... et le lait ensuite sophistiqué par les épiciers, les crémiers eux-mêmes, le lait, seule nourriture de cent mille enfants, qui meurent de ce breuvage ingrat.

LA LUTTE CONTRE L'État et Ics villos LA TUBERCULOSE ne sc contentcut pas d'améliorer les conditions d'hygiène générale, de veiller à la salubrité des habitations et de l'alimentation; ils protègent aussi la santé publique au moyen de services de surveillance médicale qui fonctionnent périodiquement et de façon efficace, grâce à la conscience professionnelle des fonctionnaires qui en sont chargés.

Dès qu'un cas de variole, de diphtérie, de typhoïde, de peste, de choléra, est

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signalé au Bureau d'hygiène par le médecin, — qui n'y manque jamais, — Tordre de désinfection est donné; le médecin officiel court à la maison infectée, se rend compte des moyens de prophylaxie nécessaires et les applique séance tenante.

Dans les écoles, un service d'inspection médicale, qui fonctionne avec régularité, examine tous les enfants périodiquement.

Et quand la moindre maladie ou prédisposition à la maladie est découverte, l'écolier est signalé et soigné. Les plus malades sont envoyés à la mer, dans des colonies forestières, ou des sanatoria. Soixante de ces sanatoria furent installés par la Croix Rouge. D'autres sociétés contribuent à leur entretien ; une quantité de villes les subventionnent.

Spécialement, la tuberculose est traquée avec une ardeur admirable. On sait que dans les écoles de Paris, par exemple, la moyenne des enfants atteints ou menacés de tuberculose s'élève à plus de 60 p. 100. Que fait- on pour combattre le terrible mal? Allez voir ce qu'il reste, dans les quartiers pauvres, d'écoles sans air et sans lumière ! Cherchez les médecins-inspecteurs chargés de lutter contre la propagation du fléau... Je me suis trouvé à Francfort et à Berlin avec un jeune médecin français, le D^ Raoul Huleux, venu en Allemagne pour étudier la prophylaxie de la tuberculose à l'école. Ses constatations sont saisissantes.

Il m'a fait part de ses observations.

Ici les écoles sont surveillées, au sens strict du mot, par des médecins-inspecteurs, attachés spécialement à ce service, iiiunis de connaissances spéciales de puériculture, et qui, n'ayant pas de clientèlo î)rivée, se dévouent entièrement à leurs fonctions comme a un apostolat. Tous U:s enfants sont auscultés et examinés

régulièrement. Des fiches individuelles sanitaires, contenant le signalement anthropologique, physiologique et organique, établies pour chacun d'eux, les suivent d'école en école, jusqu'au service militaire. « Dresser, dès l'entrée de l'enfant à l'école, un tel signalement, connaître son poids, sa taille, son périmètre thoracique, se livrer à la recherche des ganglions, faire un examen attentif de la poitrine suivant la méthode du D^ Grancher, se renseigner sur les antécédents héréditaires et personnels de l'enfant, c'est rechercher tous les éléments du diagnostic précoce de la tuberculose... » La fiche scolaire est donc imposée à tous les enfants des écoles. On en discute encore chez nous l'utiUté.

LES ÉCOLES DE PLEIN AIR C'CSticiqu'est

née l'idée des écoles en plein air , les Waldschulen. Écoutez parler le jeune savant sur la Waldschule de Charlottenbourg.

La clientèle de l'école est fournie par les enfants fréquentant les établissements scolaires de la ville ; on y reçoit les anémiés, les tuberculeux, les cardiaques, les scrofuleux ; on en exclut toutefois, en même temps que les enfants atteints d'affections cardiaques non compensées, les tuberculeux qui à la période d'expectoration pourraient être un danger de contamination, les enfanU atteints d'épilepsie, d'hystérie ou de danse de Saint- Guy. Une première sélection est faite par le médecin-insportour de l'école urbaine; r.idniission delimtiv»' <st prônnnrpo nprès un second exaru'n fait par h' mt'd.M in do l'école lui-même.

L'école, oustrte d'avril en décembre, c'est-à-dire pendant neuf mois de l'année, située dans un»' vaste forêt à proximité d»' la ville, occupe une superficie de 2 hectares environ.

La simplicité de l'installation frappe le visiteur. Les constructions sont limitées à l'indispensable. Deux baraques Dœcker servent de pavillons- écoles et, tout à fait exceptionnellement, en cas de fort mauvais temps, de réfectoire et de salles de récréation, largement aérées et éclairées, munies de tables mobiles et de simples sièges en bois adaptés à la taille des enfants. De chaque côté de ces baraques, une aile sert de vestiaire, l'un pour les garçons, l'autre pour les filles. Une troisième baraque construite sur le même type abrite l'économat et sert de chambre de visite au médecin de l'école. Non loin, un autre pavillon où se trouvent les bains, comprend six cabines, deux baignoires et trois appareils à douche. Enfin deux hangars : sous l'un deux, des tables, portant le numéro de chaque classe, constituent le réfectoire habituel ; à l'entrée de ce hangar, un tableau indique la température de la journée prise à huit heures, à onze heures et à sept heures, la direction du vent, la hauteur barométrique et l'état du ciel. L'autre hangar, ouvert d'un côté vers le sud, est protégé contre la pluie par un toit en saillie : c'est là que les enfants, en cas de mauvais temps, font leur sieste après le repas, se livrent aux exercices de gymnastique et de chant. Çà et là dans le bois, quelques bancs qu'abrite un léger toit en branches ou en planches constituent tout le mobilier d'une classe. Telle est dans toute sa simplicité l'installation complète de l'école.

Chaque jour un service spécial de tramways amène les écoliers, dont le nombre n'a fait qu'augmenter depuis la fondation. Les enfants arrivent à 7 h. 45 : ils reçoivent immédiatement une assiette de soupe chaude et une tartine de beurre. A 8 heures, la classe com-

mence pour deux divisions, tandis que les autres prennent leurs ébats, pieds nus dès que la saison le permet, jouent ou s'exercent à la gynmastique. A 10 heures les enfants reçoivent une ou deux tasses de lait (environ un 1/2 litre) avec une tranche de pain noir beurré.

Puis la classe continue pour deux autres divisions. A midi et demi, la cloche sonne le repas principal. Chaque écolier doit se laver les mains avant de paraître à table. Les enfants prennent place, par classe, aux tables disposées sous le hangar, puis, munis de leur assiette, se rendent en ordre parfait à la baraque qui sert de cuisine, pour y recevoir leur repas. Celui-ci se compose de 200 grammes de viande et 200 grammes de légumes ( pommes de terre, haricots, lentilles, légumes verts). Pourtant rien n'est absolument fixe, et la quantité d'aliments que chaque enfant reçoit est en réalité basée sur son appétit. La nourriture est simple, substantielle, appétissante, de quahté irréprocîiable.

Après ce repas principal se place une sieste de deux heures, à laquelle la direction médicale de l'école attache la plus grande importance. Les enfants vont prendre leur chaise longue, leurs pliants, et leurs couvertures, se choisissent, si le temps est beau, une petite place à l'ombre et s'y reposent ; si le temps est mauvais ou froid, ils se rendent sous le hangar dont nous avons fait mention plus haut. La surveillance d'un maître a vite raison de la turbulence de toute cette jeunesse, et la plupart des enfants arrivent à dormir durant tout le temps consacré à cette sieste.

A 3 heures, classe pour deux nouvelles divisions : repos pour les autres. A 4 heures, repas, se composant, comme celui de 10 heures, d'un demi-htre de lait

avec du pain noir et de compote. Enfin, à 6 h. 45, peu avant le départ pour la maison paternelle, dernier repas dont le menu est celui-ci : bouillie d'avoine, cacao ou pudding, pain noir avec du beurre.

Tel est, d'une façon générale, l'emploi du temps. L'hiver amène dans la vie de la Waldschule quelques modifications.

Les classes se font dans les baraques scolaires ; mais, afin de rendre la cure d'air aussi profitable que possible, les repas sont pris dehors fort avant dans la saison. Quand le froid devient par trop vif, le repas de midi se donne dans la grande salle de l'une des baraques scolaires ; mais, quelle que soit la température, le déjeuner du matin et le goûter sont toujours pris en plein air ; afin de ne pas se refroidir, les enfants ne s'assoient pas et mangent en marchant.

La sieste est également faite dehors, sinon dans la forêt même, du moins sous le hall abrité ; les enfants s'étendent, n'ayant à découvert que le visage, complètement enveloppés dans leurs couvertures. (Ils ont à cette époque trois couvertures et une cape à leur disposition).

Le personnel chargé de l'éducation ou de la surveillance de tout ce petit monde se compose d'un médecin, de six instituteurs, de trois institutrices, d'une infirmière de la Croix- Rouge et de cinq femmes de peine ; en tout seize personnes. L'entretien des enfants, ou plutôt leur nourriture, a coûté en moyenne 50 pfennigs (près de 65 centimes). Le principe de cette école n'est pas la gratuité absolue ; certes, bien peu de familles peuvent rembourser la somme si modique de 50 pfennigs ; mais toutes font preuve de la meilleure volonté et arrivent à payer

20 à 25 pfennigs, souvent lunins, mais toujours quelque chose.

Les enfants qui forment la {lus grande partie de la clientèle de l'école sont parfois incapables, par suite de leur développement retardé, de suivre la «lasse ordinaire ; le surmenage imposé dans l'école urbaine ne fait qu'augmenter cette infériorité. Ici, pas d'encombrement, pas de surmenage ; mais une limitation et une répartition rationnelles des heures de repos et de travail. Avec leur santé corporelle renaît pour ainsi dire leur santé intellectuelle. Ces retardés, ces indifférents ne tardent pas à s'intéresser, à prendre une part active à l'enseignement qu'on leur donne. Rares sont les élèves dont l'application laisse à désirer, et lorsque les petits colons de la Waldschule se retrouvent parmi leurs camarades des classes de la ville, ils prennent dans l'ensemble une fort bonne place et souvent même se distinguent par leur zèle au travail.

PROPHYLAXIE H cxistc daus tout DES MALADIES l'Empire 25 instituts

CONTAGIEUSES x • * i •

vaccmogenes qui fabriquent la lymphe pour la vaccination des enfants et des adultes.

Aussi ne compte-t-on plus de morts de varioleux en Allemagne.

Je causais un soir avec un savant berlinois marié à une Française, qui adore la France, — il le prouve, — et qui n'est pas suspect de partialité envers son propre pays, je dirai même : au contraire, car il se montre souvent très sévère, trop sévère vis-à-vis de ses compatriotes. De plus, c'est un républicain, presque un socialiste, sans aucune complaisance pour le gouvernement monarchique delà Prusse.

Et voici ce qu'il me disait :

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