I. A L L E M A G N E MODERNE
de tous ceux qui se présentent à eux l'hiver.
Un M. Schuster, dont le fds était mort à la suite d'un refroidissement, a légué 100.000 marks à la ville pour offrir des chaussures aux enfants pauvres.
Une société s'organise, elle a besoin de capitaux. Elle demande à tous ceux qui ont des galeries de tableaux ou de curiosités (ils sont nombreux à Francfort!) de fixer un jour ou deux, par semaine, où le public sera admis pour 1 ou 2 marks.
CITÉS OUVRIERES Une autre forme de la bienfaisance consiste à mettre des capitaux à la disposition dune œuvre charitable, sans intérêts, ou du moins réduits à un taux infime, un demi pour 100, par exemple, jusqu'à 3 ou 3 1/2 p. 100. (Les capitaux industriels rapportent ici entre 7 et 20 p. 100.) C'est ainsi qu'ont été construites les cités ouvrières des faubourgs. La ville y participe en louant les terrains pour quatre vingt- dix- neuf ans, à un prix très bas qui équivaut presque à la gratuité.
Je les ai visitées, ces maisons à « bon marché » ! C'est un leurre. Les moindres logements se louent 19 et 20 marks (25 francs) par mois, soit 300 marks par an. C'est se moquer du monde. En mettant le salaire moyen d'un ouvrier allemand à 3 marks 50, soit 4 f r. 25 (je lui fais la part belle et je suis au-dessus de la vérité), son salaire annuel (puisqu'il ne travaille pas plus de 290 jours) est donc de 1.000 marks, et il doit là- dessus consacrer 3(X) marks à son logement, c'est-àdire 30 p. 100 ! Or les bourgeois français calculent que le prix de leur loyer ne doit pas dépasser le dixième de leur revenu. Seulement, la cité est fort bien tenue et très confortable. Belles façades claires.
exposées au midi, balcons sur le côté, verdure et fleurs.
Cette cité abrite 1.800 personnes.
J'ai vu une douzaine d'appartements.
Tous à peu près se ressemblent. Voici une maison habitée par huit familles. Un garçon de magasin gagnant 3 fr. 75 par jour occupe avec sa femme et cinq enfants trois pièces : lits blancs et couvertures roses, canapé, armoire à glace, commode. Il paye 31 fr. 25 ! Un ouvrier tailleur, gagnant 4 marks par jour, avec trois enfants, logé dans deux pièces, paye 25 francs. Toutes les familles ont l'usage de la cave et de la buanderie. Un autre appartement, dans une maison plus récemment bâtie, se compose de trois chambres. Son locataire gagne 4 marks 50, soit 145 francs par mois ; son fds aîné, âgé de dix- huit ans, gagne 90 francs par mois et donne 50 francs à ses parents. La famille a donc 195 francs de ressources mensuelles et dépense 45 francs, soit le quart environ, pour se loger. Elle a un salon, deux chambres et une cuisine, cheminée ornée, grande glace, canapé. Dans la cave, une baignoire avec robinets d'eau chaude et d'eau froide est à la disposition des locataires, qui doivent s'entendre pour en user à un jour dit.
Voici un système ingénieux de compteurs à gaz qui existe dans plusieurs villes de France, mais que les municipalités devraient bien générahser. Pour 10 centimes qu'on glisse dans une fente de l'appareil, on a un débit de gaz de trois heures, délai plus que suffisant pour préparer dans les cuisines populaires le repas du jour.
Ces prix sont intéressants en ce qu'ils montrent le cas que l'Allemand, même le plus humble, fait du confort de la vie. Il mangera mal, car il se soucie bien plus
LA KAISERSTRASSE"esl'5iune'|des voies principales de Francfort ; elle traverse un beau quartier neuf et aboutit à la place où s'élève uneremarquable statue de Gutenberg.
Netie Jhot. Ge^-llsi-iiatt, H.
LA ROSSMARKT. — Une des plus belles places de la ville où s'achève la Kaiserstrasse et sur laiiunule moaumeul élevé à Gutenberg et à ses associés Furst et Scba'fer a été érigé en 18."»8.
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, SCS musées, ses écoles, ses théâtres, son janlia zoolopique lui donnent l'aspect d'une véritable capitale. Elle se trouve éléRa reliées par de nombreux ponts dont l'un a, di'| uis 1222, résisté aux épreuves du temps.
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Planches 82-83.