LES DUELS
La leçon de sabre. — Chaque apri'S-midi, liHudiant se rend à la salle d'armes et s'y entraine
à la ra|)ière et au sabre.
UN DUEL. — Les préparatifs. — Comme il s'agit seulement de se balafrer, les adversaires portent une cravate ouatée, des bandes de cuir, un brassard, un plastron, un tablier de cuir el des lunettes.
Planche iSi.
LES DUELS. — La leçon de sabre. - ( :ii.i<|iif :i|ir,'s-iiiiili. I ilinli.nil m' hmkI .-i I;i >.illf ir;irun-. ol s'y t'iilraiin'
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UN DUEL. Les préparatils ( miiiin' ilsauil <i'iiliMnciil de «.i- l>;ii:ilici-. le- ;i.lviT^;mf< porliMit iiiu'
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LALLE MAGNE MODERNE
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qui leur barre la poitrine transversalement, diffère un peu.
Les Corps sont tous propriétaires d'une maison où ils se réunissent chaque jour. Ces immeubles sont plus ou moins élégants, suivant la fortune des membres. J'ai visité celle de H annotera, qui fut la corporation de Bismarck. Elle en est fière. C'est une coquette petite maison neuve, au rezde-chaussée surélevé, aux toits de tuiles, avec une tour à créneaux surmontée d'un drapeau ; un jardinet l'entoure. Dans un angle rentrant de la façade, se dresse la statue de pierre d'un chevalier armé. On accède à l'entrée par quelques marches aboutissant à une sorte d'étroit vestibule couvert par un auvent de tuiles que soutiennent deux ou trois colonnes trapues.
La plus grande pièce de la maison, — celle où l'on boit — est la Kneipesaal Sur les murs s'étalent les silhouettes de tous les membres de la corporation depuis sa création : celle de Bismarck, très reconnaissable à son profil déjà de bouledogue coiffé de la casquette rouge ornée d'un galon doré et d'un galon bleu. Sur la cheminée, trois statuettes de bronze représentant Guillaume P^", Bismarck et de MoUkC; à côté d'un immense broc à bière qui paraît être le dieu de l'endroit.
Accrochées de-ci, de-là, parmi des armes, des écussons, des gravures, des lithographies quelconques, on voit de grandes pipes de porcelaine et des cornes énormes, dans lesquelles les étudiants boivent la bière lors des concours de vitesse...
Dès le seuil, une odeur d'iodoforme m'avait monté au nez. Elle m'accompagna dans toutes les pièces, depuis celle où se trouve la boite à pansement, jusque dans les chambres et au grenier rempli de rapières, de sabres et de casquettes rouges.
J'ai visité aussi une maison de « Bur-
schenschaft », celle de Y Allemania. Elle a été payée par les anciens, au nombre de 150, chacun donnant suivant ses moyens.
Les 25 membres actifs qu'elle comprend généralement, tous jeunes gens, n'auraient pu s'offrir ce luxe.
Entourée d'un jardin et précédée d'une véranda, elle est moins élégante, moins bien tenue que celle des corps. Sa Kneipesaal sert à la fois de salle de conversation, de cabinet de lecture et de cabaret. Mais surtout on y boit. Au mur, les silhouettes noires des anciens, coiffés de la Deckel violette avec lisérés rouge et blanc ; sur la table, le livre des Commers {Commershuch) rempli de chansons patriotiques et de chansons à boire.
Ces sociétés sont prises très au sérieux par leurs membres. Leur instinct d'union, joint au petit besoin sentimental qu'ils ne satisfont pas avec les filles, fait qu'ils se donnent entièrement à leur groupe. Les couleurs de leur société deviennent pour eux sacrées. Ils se passionnent pour l'amitié entre «frères de couleur», et pour l'honneur de la corporation ils seraient même prêts à sacrifier leur vie, tant ils mettent d'« idéalisme» dans ce premier don qu'ils font d'eux-mêmes.
Idéalisme sans valeur, du reste, et qui disparaît avec l'âge : il a tout juste celle des premiers serments d'amour. Pourtant, plus tard, et même toute la vie, les « frères », pourvu que cela ne les gêne pas trop, se pousseront dans l'existence quand ils en auront l'occasion. Ainsi un professeur, un médecin, un avocat, voit arriver chez lui un jeune quidam qui se met à le tutoyer : c'est un membre d'une Saxonia, d'un Hannovera^ d'une Allemania^ à laquelle il appartint autrefois. Il est tenu de le recevoir avec affabilité, de l'inviter
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chez lui, de le présenter à sa famille et à ses amis, et de lui rendre tous les services qu'il pourra. On m'assure qu'on n'y faillit jamais... Mais ceci n'est plus de l'idéalisme, c'est du réalisme pratique le plus pur, car puisque chacun doit aider les autres, tous y ont un avantage évident, et le sentiment disparaît devant cette solidarité utilitaire. C'est une société mutuelle de protection et de favoritisme. Mais j'admets que pendant les années d'Université la camaraderie soit parfaitement désintéressée et l'enthousiasme des sentiments sincère.
SÉVÉRITÉ DES Les règlements du Corps RÈGLEMENTS ^ gt de la Bursckenschaft sont très sévères. Plus pauvres que les étudiants américains, qui mangent à leurs clubs, les étudiants allemands mangent dans les brasseries. Chaque société a son restaurant ou sa brasserie d'élection. Deux ou trois corporations peuvent fort bien choisir le même restaurant, mais, pour assurer la paix, il est convenu tacitement que là où une Bursckenschaft aura élu domicile, il sera défendu aux Corps de fréquenter, et inversement.
Si un membre va manger dans un autre restaurant ou fréquente un café autre que celui de sa société, il paye 10 marks d'amende.
Admirez, ou n'admirez pas, cette discipline.
Il est formellement ordonné, quand on se rencontre dans la rue, de se saluer en ôtant sa casquette. Et je l'ai dit, ils l'ùtent, avec ferveur !
S'il n'est pas malade, le sociétaire doit assister aux Kneipen, c'est-à-dire aux beuveries. Quatre fois la semaine au moins. il est t^fiii ilf 'lirhTavecsesfrèresdecoiiK'iir. Défeiiàt.' Je sortir daiL> la rue cuifîé autre-
ment que de sa casquette (Miitze). S'il se montre avec une fille, il est puni sévèrement : il perd le droit de porter la casquette pendant plusieurs semaines.
« C'est une dure punition, me dit un « Hannoveran », presque le déshonneur. »
Quelque chose comme l'anathème au moyen âge !
Le règlement punit également ceux qui font trop de bruit dans les rues, qui ne conservent pas leur dignité. Mais nous verrons que ce sont là des phrases...
Je m'étonnais de ces sévérités. On me répondit :
« Quand un officier est en uniforme, il se doit à lui-même de se respecter s'il veut qu'on le respecte. Pourquoi l'étudiant montrerait-il moins de souci de son honneur.
Refus de répondre à une provocation :
Mort. C'est-à-dire : exclusion.
Si, ayant manqué à la discipline universitaire, ou si, gifié par un camarade, le battu va se plaindre au recteur de l'Université, le gifleur est enfermé pour un ou plusieurs jours dans un cachot ad hoc.
Demème, s'il s'est battu au sabre et que le recteur l'apprenne, il va au cachot. Bismarck connut le cachot pour s'être battu au pistolet. A présent le pistolet n'a plus cours.
J'ai voulu voir ce cachot, car je n'y croyais pas. Il existe. \u troisième étage de VAula (c'est un grand bâtiment où se trouvent les liur>Mu\ >\*- !'a(lniiriistration universitaire, la salle des fêtes, etc.), quatre petites chambres ont été aménagées en cellules... Les murs l)lan<'his a la chaux sont couverts de dessins, de silhouettes. do raricat ui'ps, de dfvisfs, d'iiiltTjt'cf i,i[i^ d'' vt'fs t't de chausun.s. Pour tout m'ihili''!', un lit de fer avec une couvertures de laine grise, un banc, une tabh\ une
chaise, une minuscule cuvette, un poêle de fonte. Des souvenirs pendus au mur : casquettes de toutes les couleurs. Au milieu d'un panneau, un prisonnier a eu l'idée d'ouvrir le livre des réclamations ; et, depuis, chacun y ajoute au crayon son désir. J'y relève : une clef (pour sortir), un matelas, une bibliothèque, un miroir, un appareil pour ouvrir les persiennes, etc. Sur le parquet du couloir, les prisonniers, à qui il est permis de s'y promener, ont écrit des plaisanteries, des enseignes : Hôtel Bellei>ue, Hôtel de la Liberté académique. En somme, peu d'imagination.
Les prisonniers ne sont pas très à plaindre. Ils reçoivent la visite de leurs « frères de couleur», qui leur apportent à profusion du vin, de la bière, des victuailles et des cigares. C'est, en somme, l'occasion de petites orgies inofîensives.
Voici le biomètre de l'étudiant à Gœttingue : entre sept et huit heures du matin, avant de sortir, il prend son café au lait. Puis il va à la brasserie du Rathskeller, où il boit un ou plusieurs verres de bière avec quelque bout de saucisson :
cela s'appelle le Friiïtschoppen, ou « chope matinale». A une heure, c'est son dîner, qu'il prend en corps. Je suppose qu'il va un peu à l'Université, de temps en temps. Mais ce n'est pas sûr, car il faut qu'il s'entraine à la rapière, au sabre ; qu'il se rende par conséquent chaque après-midi à la salle d'armes, qu'il assiste aux réunions, aux agapes (A>2('/'/>r«), aux duels. De sorte qu'il est convenu qu'un étudiant perd trois, quatre ou cinq semestres à ces jeux. Pendant ce temps, les autres étudiants travaillent. Car les membres des corporations où le duel est obligatoire, il faut bienledire à llionneur des universités allemandes, constituent la minorité des étu-
diants. A Gœttingue, par exemple, sur 2.000 étudiants, il n'y en a pas plus de 400 à 500, comme je l'ai dit, qui appartiennent à ces groupements où il faut boire et se battre par ordre.
La vie est assez bon marché pour les jeunes gens. Ils trouvent un très bon logement pour 25 marks par mois. En moyenne, ils dépensent 1 mark 50 (1 fr. 85) pour le principal repas, le dîner de midi, et mangent le soir 50 pfennigs de charcuterie avec un morceau de pain. Pour 100 marks par mois, l'étudiant peut donc se loger, se nourrir et se blanchir. Reste la bière obligatoire dans les corporations.
Mais cela, c'est le gouffre...
J'ai vu plusieurs chambres d'étudiants : elles ressemblent à la chambre ordinaire du quartier Latin, mieux tenues cependant, en général. Aux murs, des casquettes nombreuses, car il faut que la Miitze soit toujours extrêmement propre, et il arrive souvent qu'après une orgie de bière (nous parlerons plus loin de ces charmantes récréations) la casquette est tachée ou fripée. On la conserve comme trophée et pour fixer la chronologie des ivresses. En fait, comme la couleur en est toujours vive, un mur tendu de cette chapellerie est joli à regarder. Chez l'un des charmants garçons qui ont bien voulu me documenter sur les mœurs des étudiants, je vis une collection de rubans des différents corps auxquels appartenaient ses amis. Quelquesuns étaient tachés de sang. 11 me montra la collection des photographies de ses adverisaires de duel. Sur 23, il en avait blessé 22 ; lui-même avait été blessé 19 fois. Mais les coups donnés par lui s'élevaient à 68, alors quil n'en avait reçu que 52.
« Je suis content, me dil-il. La nioyenne est bonne. »
Chez un ancien étudiant, aujourd'hui
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pharmacien, Taimablo M Xeise, j'admirai les photographies des superbes costumes qu'il porta lui-même autrefois en qualité de membre du Conseil d'un corps. Coiffé d'un CereviSy sorte de galette brodée d'or, ou de polo, vêtu d'une veste chamarrée que traverse une écharpe aux couleurs de la corporation, portant des bottes très hautes recouvrant la culotte blanche, et des gants à crispins qui serrent une longue épée d'archange, le brave pharmacien d'aujourd'hui, avec ses balafres et sa moustache relevée, apparaît redoutable et splendide.
Tout cela, ce sont des amusettes, des joujoux que cette jeunesse prend au sérieux, auxquels les professeurs, les autorités affectent de donner de l'importance, et qui m'ont paru servir à distraire ces jeunes gens de soucis plus dangereux...
La raison pour laquelle, en effet, beaucoup d'Allemands conservateurs approuvent cette vie des corporations, c'est qu'elle écarte les jeunes gens de la politique et qu'elle les discipline. Il est interdit aux étudiants de s'occuper de politique, sous peine de renvoi de l'Université. A cet âge, on a souvent des tendances libérales. Au lieu de les exciter, la vie des corporations
les combat, car ils 'doivent sans cesse obéir, refréner leurs élans, quand ils en ont. Sans compter que le simple fait de consentir à ne pas parler politique pendant leursannéesd'études prouve déjà delà docilité, qui paraîtra inacceptable à la jeunesse libre et vivante de nos pays, et même de la Russie, où les étudiants sont l'âme de l'admirable mouvement politique actuel.
J'ai essayé de causer politique avec quelques étudiants. Leur ignorance est touchante et leur indifférence attriste.
Un sommeil possède ces cerveaux puérils. Malgré leur air sérieux, ils sont encore bien plus jeune que leur âge. Cette obéissance, cette discipline qu'on admire, quand elle est consciente et raisonnée et quand elle a l'ordre pour objet et pour résultat, apparaît ici néfaste. Il leur est défendu de s'occuper de politique, et ils obéissent, sans même discuter l'interdiction. De sorte qu'à l'âge de devenir électeurs, alors que nos jeunes Méridionaux ont déjà marqué leur préférence — sauf à en changer — entre les différentes nuances des partis, les jeunes Allemands consentent à fermer leur esprit — par ordre — aux problèmes passionnants de la vie moderne. Et cela seul suffirait à expliquer l'espèce d'atonie politique de ce grand peuple.
l'h' l. IH.kU',. I',lr
UN DUEL. -- Le pansement. ~ l.otiiu-l anôlé, le chirui<;ieii, écarUtut le^ uuias .r' la plaio, raiiliseptise et, à l'aide d'une forte ai^-uillc de tapissier, recoiul preslemeiit les lèvres des balafres i)éanles.
LES SUTURES sont faites grossièrement, afin (pie la ciealriee en reste hicn visible.
LES BALAFRES sont des décorations et des Iropiiées. Klies fout les héros dignes d'être aimés.
Planche ih3.
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UN DUEL. Le pansement. l.c.lm'l aiivlr. I,- .lunn i;i,.ii. .■f.ul.mi i.-s im.i.is .h- |:i |. !.,,.•. I .mlis.'j.tiv,.
cl, ;< liii.li- .liiiir r.-ili- ;.i-iiill,> ,1,. |,i[,i.vi,.|-, I 1.1 |,|VsliMm-l!l 1.-^ i^\iv> .!,.>, IriLilV.-, l.r.Mit.'s.
LES SUTURES sonl f;iiU'> lirns^it ri'iiiciil. :iliii iinc Li cicaliici- m |■(•^ll• lilcM xisililc.
LES BALAFRES -Mil .1.-^ .Kr.u.tiM.n^ i-l ,!,•
Ir'ij.lii'.-. ril.- r..iil I,'~ |i,.|-.i^ ,ll^M.'~ .'■/■lie .linn'-
PLA^LH^ l^.^.
TABLE DES MATIÈRES
BERLIN. — ASPECT GÉNÉRAL. — Berlin est-il une vraie capitale ? — Caractéristiques de Berlin. — Les Linden. — Pariser Platz. — L'Ambassade de France. — La Friedrichstrasse. — Potsdamer Platz. — V ordre dans la circulation. — Le Tiergarten. — Le Reichstag. — Charlottenbourg. — Le vieux Berlin. — Les quartiers populaires. — Le Mayershof. — Les faubourgs Page 1
L'AVENIR. — Nouveaux quartiers. — Schœneberg et Wilmersdorf. — La fièvre de la bâtisse. — Une voie del2 kilomètres : Kaiserdamm. — Architectures originales. — Confort des maisons modernes. — Tape-à- VœiX et camelote. — Croissance extraordinaire de Berlin. — Communes suburbaines. — Le budget de la capitale.
— Avenir de Berlin. — Activité des édiles. — Berlin-Chicago Page 11
OFFICIERS ET SOLDATS. — Origine des officiers. — Éducation militaire et culture générale. — Corps aristocratiques. — Régiments chers. — Il faut 20 000 francs de rente aux cuirassiers de la garde. — Budget d'un officier. — Officiers pauvres. — Dépenses somptuaires obligatoires. — Ordre de V Empereur. — Tenue brillante et tables frugales. — Les dettes et le jeu. — Opinions d'officiers et de professeurs à l'École de Guerre. — Historique de la formation du corps d'officiers prussiens. — Pas de brillants sujets. — Simplicité du caractère.
— Un grave défaut : le pédantisme. — Visite de casernes. — Les Mess. — Fraternité. — A propos des mauvais traitements dans l'armée. — Du bist ein schwein. — Suicide d'un sous-officier. — Le pas de parade. — Officiers francs -maçons. — L'Empereur approuve la franc-maçonnerie. — Les campagnes antimilitaristes dans l'armée. — Les social-démocrates font les meilleurs soldats. — Éducation et goût militaristes du peuple allemand.
— Le siècle des officiers de réserve. — Le colonel von Pluskow. — Critique de l'armée française par des officiers allemands. — L'avancement. — Différence d'origine. — *État d'esprit du corps d'officiers vis-à-vis de la guerre
— Deux cloches, deux sons. — La faute de Louis XIV et la faute de Bismarck. — Propos d'un ministre russe au sujet de l'alliance avec la France. — Les grands chefs de demain. — L'Empereur bon colonel et bon capitaine de vaisseau Page 15
DIMANCHES BOURGEOIS ET POPULAIRES. — La vie dominicale. — La banlieue. — Forêts et restaurants. — Physionomie de la foule. — Propreté. — Flegme. — Bonhomie. — Les familles et leurs provisions. — Les restaurants pris d'assaut. — Forêt de Griinewald. — Treptow. — Wannsee. — La plage de Berlin. —
— Mœurs primitives. — Peu de caleçons. — Femmes en chemise. — Le nu berlinois. — Évocation de l'HeUade Page 35
HOTELS ET RESTAURANTS. — On mange à toute heure. — Aschinger. — Kaiserhof. — Bristol. — Continental. — Adlon. — Le Jardin zoologique. — Hiérarchie des mangeurs. — Le Rheingold. — Architecture de Walhalla Page 39
MONDAINS ET SNOBS. — Pas de vrai luxe ni de vraie élégance. — Pas de réunions mondaines publiques.
— Chronologie des fêtes de la Cour. — L'Ordenfest. — La Defiliercour. — L'Impératrice n'aime pas les fêtes.
— Présentation à la Cour. — Le cercle. — Les grandes familles s'éloignent du Palais. — Aristocratie nouvelle.
— Le luxe augmente. — Les femmes mariées ne dansent plus. — C'est la faute de l'Impératrice, de ses maternités, de sa dévotion. — Rigorisme des mœurs au Palais. — Le W. — Salons privés. — Mœurs mondaines. — On ne cause plus. — En quoi consiste le snobisme berlinois. — Américains mal élevés. — La mode française triomphante. — La gloire de M'°^ Paquin. — Voyages et villégicUures. — L'Ile de Riigen Heringsdorf. — Norderney. — Les «.verboten^ d'une ville d'eau. — Comment on se baigne Page 43
LES GARTENLAUBEN. — Une idée française qui progresse très vite en Allemagne. — Tableau des environs des villes. — Colonies berlinoises. — La police des jardins ouvriers. — Leur organisation. — La Croix-Rouge, œuvre de défense sociale. — La générosité de l'Impératrice. — Le retour à la terre Page 57
LE MARCHÉ AUX OIES. — L'oie nourriture nationale. — Friedrichfelde. — Vingt-cinq mille oies débarquent de mauvaise humeur. — D'où elles viennent, où elles vont. — L'engraissage. — Le gavage. — Le marché. — Le bain. — Cinq millions d'oies russes aux yeux bleus. — L'Allemand à table Page 61
L'HOPITAL VIRCHOW. — Un hcpital modèle. — Deux mille malades. — Pavillons séparés. — Arbres, fleurs, pelouses, massifs. — Ordre et propreté. — L'isolement. — Les salles de malades. — Organisation pratique. — Les bains. — Les salles d'opération. — Perfection technique. — L'économat. — Les gens riches se font soigner dans les hôpitaux Page 64
LA SPREEWALD. — Les Wendes, race vaincue. — Ils se cantonnent dans la Spreewald. — LUbbcnau. — Pas de roules, des canaux. — Voyage nocturne. — Le dimanche à Burg, — Défilé des Spreevfalderinnen. — A l'église. — Spectacle champêtre Page 70
LA PROPRETÉ. — L'HYGIENE. — Propreté générale. — « Ici on applique la loi». — Salubrité des rues.
— Tramways-arrosoirs. — Charlottenbourg. — Engraissement des porcs municipaux avec'les reliejs^des cuisines privées. — Les 20 000 balayeurs de Berlin. — Chemins de fer, hôtels, bureaux. — Bains municipaux. — La Ligue du Professeur Lassar. — « Un bain par semaine à chaque Allemand: — Les bains populaires à Hambourg, Berlin, Hanovre, Munich, etc. — Bains pour chiens. — Bains gratuits. — Bains de soleil. — L' alimentation. — Surveillance du lait. — La tuberculose traquée. — Les écoles de plein air. — Prophylaxie
des maladies contagieuses. — Le choléra russe. — Surveillance efficace. — Nous n'avons rien fait. . . Page 74
MAYENCE. — Persistance de notre langue et des souvenirs français aux bords du Rhin. — Bonaparte-toucheà-tout. — Ressemblance du Rhénan et du Français. — Hessois et Prussiens. — La joie de vivre. — Mayence, ville favorite de Napoléon. — Minois déluré des jeunes filles. — Le Hessois royaliste et grand-ducal. — Un grand-duc libéral et Mécène. — Réalisme allemand et idéalisme germanique. — Philharmonistes marchands de vins. — L'amour du faste. — Le Verkerverein vérifie les additions d'hôteliers. — Scepticisme. — Zèle du bourgmestre et des échevins. — Leurs traitements. — Bourgmestres allemands et maires français. — Confiance dans r autorité. — Écoles populaires et hospices. — V État serviteur du public Page 88
FRANCFORT. — Le Mahizeit des banquiers francfortois. — Accueil sympathique. — La Marseillaise acclamée. — L'émotion d'un patriote. — Souvenirs historiques. — Le gfietto et la maison des Rothschild. — Le papier de tenture de la première caisse rothschildienne. — L'auteur se plaît à la superstition. — Les millionnaires francfortois. — Beaucoup de Millions et peu de voitures. — L'impôt sur le revenu. — Rothschild ignore le chiffre de sa fortune. — Extension de la ville. — Absorption des communes voisines. — Ce qu'elle sera dans cinquante ans. — Francfort, ancienne ville libre, garde le sentiment de son indépendance. — Abondance des entreprises privées. — Fondateurs de bibliothèques, de musées, d'hôpitaux. — Le trésor municipal. — Le Palmengarten. — Démocratisme de ville libre. — Les banques. — Rivalité de Berlin et de Francfort. — Dividendes fabuleux. — Les premiers commerçants d'Allemagne. — La charité. — Éducation des orphelins. — Assistance aux enfants abandonnés. — L'enseignement du français. — Les méthodes Page 98
KRUPP. — Un nom fameux qui s'éteint. — Le berceau de l'acier fondu en Allemagne. — Les usines de Rheinhausen. — Hauts fourneaux de 600 mètres cubes. — Promenade à travers les fours Thomas et Martin. — Un hall de 480 mètres. — On se dispute les morts. — Essen, ville de briques noires et de fumée. — Histoire d'une industrie. — 57 000 salariés. — 2-30 000 individus, vivant de Krupp. — Statistiques colossales. L'hôtel Krupp.
— Ses hôtes. — Les peuples trinquent avant de s'égorger. — Une auberge qui coûte cher. — Officiers turcs en balade. — Comment on reçoit les clients. — Frédéric Krupp. — Sa vraie nature. — Bruits calomnieux sur sa mort. — .V/'°« Krupp. — La villa Hiigel. — Mépris des officiers pour les ingénieurs. — La Kruppiana. — 12 millions de revenu. — Le Directoire des usines. — Un aveugle qui voit clair. — Le fermier Sans-Souci. — Chacun chez soi. — 2 millions pour une prairie. — L'œuvre de Krupp est-elle menacée ? — Deux héritières choyées. — .V/"^« Bertha et Barbara. — Le secret pour bien diriger les empires et les usines : savoir s'entourer Page 114
KRUPP ( suite i. — LES ŒUVRES PATRONALES. — Le patronat allemand donne l'exemple. — Les œuvres d'assistance de Krupp. — Dortoirs. — Réfectoires. — Konsuius. — Les salaires. — Différentes sortes de pensions. — Chambres particulières. — Maisons pour familles. — Une boulangerie monstre. — • Cités ouvrières et colonies. — Les ouvriers se baignent. — Retraités et convalescents. — Plus de bâtisses orgueilleuses I
— Maisonnettes séparées. — Jardinets. — Les veuves. — - Les vieux se reposent. — Les blessés du travail. — Uniforme cocasse. — L'empereur et son fils dans les cuisines. — La marquise de Caraba. — Écoles pratiques.
— Remboursement du prix des études. — Après le travail. ■ — La soirée d'un ouvrier. — Lectures. — La sollicitude de Krupp s'étend à ses ingénieurs et à ses employés. — Champs de golf et de polo. — Canotage. — Escrima.
— Équitation. — Gymnastique. — Tennis. — L'ordre de l'Obus. — Le revers de la médaille. — Pessimisme du point de vue ouvrier Page 124
L'EMPEREUR. — Qu'est-ce qu'un Empereur ? — Quatre silhouettes. — Le diable et l'archange. — Guillaume II vu par ses sujets. — Les confidences de la douairière. — Hérédité maternelle : timidité, diversité d'aptitudes. — Hérédité paternelle : facilité de parole. — Pacifisme. — Une conversation de Guillaume II au Marmorpalais. — L' Empereur croit à sa mission divine. — Un mot de Bebel. — Faculté énorme de travail. — L'œuvre des Hohenzoilern. — Impulsivité et réflexion. — • Abondance d'idées personnelles. — Les partis à la Cour. — Quelques a gaffes ». — Amour excessif du panache. — ■ Voyages retentissants. — Plus d'esprit de justice que de générosité. — L'esthétique impériale. Ce qu'en pensent artistes et écrivains Page 133
L E.MPEREUR. - LA F.\MILLE. ^ LA POLITIQUE. — Ce qu'il faut penser des <i fugues impériales». - Un mf.ia.,'<? uni. L Impératrice. — .M'inage compensateur d'une spoliation. — Race restaurée. - La santé de i' tnipereur. - - 1 100 coups de fusil par jour. — Le Kronprinz. — .Ses amourettes. — Plus sportif qu'esthète. — Sévérité de l' Empereur pour ses fils. — />? respect de la hiérarchie. — ■ Comrrwnt la princesse de Cumberiand n'est pas devenue impératrice. — .Mélancolie des dames hanovriennes. — La Knmpnnzcssin et sa nwr>;. — Simplicité, amabilité et pitié. — La belle-mire et le gendre. — Popularité du prince Eitel. — Les autres enfants. — Un parent qu'il ne faut pas oublier : l'Oncle. — La politique impériale. - Les plus loyalistes ne l'approuvent pas toujours. — Quelques reproches. — Isolement attristant. — La politique de l' Etape rtur est une politiq'xe miu-j.l/nan.';. — Ce qu'il faut peri.^'-r de V alliance anglofrançaise Pa^>' l'il
LE CARACTERE ET LES MŒURS. - Psychologie empirique. — La vérité dans le ^in. La voix des ancêtres. — l^es Françau '-n .■\.Uernas,ne, leur etnt d'esprit. — Tristesse des « rigolos» teutons. Les Allemands n aiment pcis la contradiction Ju-^etnent sur leur bonne foi. — .Imbition. - Bonhomie. — L'auteur préfé-
rerait vivre en .-{Uerna^ne qu'en .An^lf-terre. Pédantisme. - - Pontificat. Ls titres ! Indifférence poli-
tique. — Ignorance. ---- Le Bourgmestre .Maître Jacques. — L' Empereur toul-puLssant. - Quand i .■iilernanà se réveillera... — Le péché d'amour honni et l' ivrognerie pardonnée. - - FaLstaff et Roméo. — Avarice et pauvreté : ne pas confondre. — Le rnarckandag", coutume nnlionale. — Le confort et le sens pratique. — En voya;;e. -— P is de concierge. Les veilleurs de nuit font la vie dure aux cambrioleurs. — Économie des bouts de cii^ares.
— .-{dministration tutélaire. - Une maison bun organisée. -■ Mendiez ailleurs ! Sous retardons. Pagu 148
TABLE DES MATIERES
COLOGNE. — Ville active, ambitieuse et fière. — Le Rhin est-il un fleuve français ? — Le caractère rhénan.
— Richesse discrète des grandes familles. — Domination ploutocratique des populations protestantes. — ■ La cathédrale. — La procession des Rameaux. — Le Rathaus. — Bourgmestre et adjoints. — Leur zèle administratif. — Fierté du citoyen de Cologne. — Supériorité des populations rhénanes. — Écoles techniques. — Promenades et voies publiques. — Im destruction des vieux remparts. — Le Ring, anneau de verdure. — Cologne plus grande que Berlin. — Hôpitaux et orphelinats. — L'hôpital d'enfants. — Une « Goutte de lait» qui peut compter. — Le lait, nourriture gratuite. — Pompes à incendie et postes de secours aux malades. — L£ budget de la ville. — Prospérité. — L'électricité, l'eau, le gaz, les tramways monopolisés par la ville. — Bénéfices bien employés. — La légende des deux chevaux blancs et du mari incrédule. — Le port. — Les millions dépensés. — A défaut de subventions du gouvernement, les citoyens y vont de leur poche. — Souvenirs napoléoniens. — Activité silencieuse. — Propreté des quais. — Mécaniques perfectionnées. — Douze ou treize mille bateaux arrivent chaque année de Hollande, de Russie, d'Allemagne, d'Amérique. — Wagons-réservoirs et bateauxciternes. — Un wagon de 18 000 litres vidé en une demi-heure. — Les caves. — Industries florissantes. — L'usine électrique de Bruhl. — L'usine Humboldt : installations minières. — Fabriques de câbles métalliques de Nippes et Leverkus. — L'Allemagne possède 8 millions de mètres de câbles sous-marins. — Elle fournit des câbles à l'Angleterre. — Communications directes avec ses colonies. — Le monopole anglais vaincu. — Progression de 1896 à 1906. — Dépendance de la France vis-à-vis de V Angleterre et de l'Allemagne. — La fabrique de chocolat de M. Stollwerk. — Un homme qui aime la France. — La France maîtresse de la fabrication du chocolat. — Menier imbattable. — Visite de l'usine. — Un douanier allemand, élève du Conservatoire de Paris Page
DÛSSELDORF. — Rivalité entre Cologne et Dûsseldorf. — Émulation économique. — L'impôt sur le revenu.
— Diisseldorf, ville de résidence et capitale de district le plus industriel de l'Allemagne. — Physionomie de la ville. — Des fleurs et de la verdure partout. — Mise en régie de Veau, du gaz, de l'électricité, etc. — Traitement des bourgmestres. — Souvenirs de Napoléon. — Son entrée à Diisseldorf. — La maison de Henri Heine.
— Brouille entre la Westphalie et Guillaume II. — Adoration de Bismarck. — La gaffe des usiniers westphaliens. — Petit ridicule de Diisseldorf. — Les prétentions artistiques. — Le Malkasten. — La chambre de Goethe.
— Artistes joueurs de quilles. — Le major prussien, artiste révolutionnaire. — Le trésor du lieu : signatures de Guillaume I^, de Mollke et des officiers de la mission française. — Il y a une École des Beaux-Arts à Diissel- ^rf. — Des femmes n'y peuvent poser pour le nu. — L'homme qui pose les Chloés et les Suzannes au bain. — Jusqu'où va la pudibonderie. — La peinture commerciale. — Héros du patriotisme local. — Le marbre brisé.
— Collections du professeur Œder. — La vie de luxe. — Le Park-HôteL — Les cafés. — Cabinets particuliers inconnus à Diisseldorf Page
TRAITS DE MŒURS. — La pudeur germanique menacée. — Vogue des œuvres d'Oscar Wilde. ■ — La vie nocturne à Magdebourg. — Économie de fiacres. — L'Allemagne ne veut pas désarmer. — La limitation des armements et l'avantage du nombre. — Les Animierkneipen. — Buveuses moroses. — Un bal public. — Cérémonial des calicots. — L'Allemand danse en mesure. — Peuple sans gaité. — Griindlich et raffiniert. — La fille de Noé. — Galanterie et point d'honneur. — Les poubelles encombrantes. — La vie de famille à la brasserie. — Amxjur populaire du confort. — Fierté de l'ouvrier de Francfort. — Les castes. — Des enfants qui mangent leur pain trempé d'alcool. — Lutte contre l'alcoolisme. — Pieds nus. — Analyses agricoles. — Restaurateurs légiférants. — Un mot d'Alfred Capus Page
UN VILLAGE FRANÇAIS EN ALLEMAGNE. — Friedrichsdorf. — Enseignes françaises. — Physionomies françaises. — Le pasteur Hahn raconte l'histoire de la colonie. — La sottise de Louis XIV. — Exode de protestants français à la révocation de l'Édit de Nantes. — Le landgrave Frédéric à la Jambe d'argent accueille avec empressement les réfugiés. — Il leur accorde des privilèges. — Persistance des coutumes françaises. —• Prospérité du petit village d'artisans. — « Nous ne sommes pas des serfs .'» — Ce qu'il est devenu cent ans après sa fondation. — Sauvegarde donnée au village par les armées françaises pendant les guerres de la Révolution.
— Rancunes contre le premier Empire et Napoléon. — Métissage franco-allemand. — Les mariages mixtes depuis 1S40. -Les prêches se font dans les deux langues. — L'Allemand déborde. — Persistance de divers patois français. — Défonnatione allemandes. — La tournée du village. — Superstitions. — Le bassin des teinturiers. — Vestige des premurs réfugiés. — Le bourdon et la colombe. — Une visite au père .-ichard. — L'horloger Boutrny et le chef de pension Garnier. — Point de regret de la patrie originelle. — Les enfants qui ne veulent plus parler français ^^ge