Ringseis. Krinneruvijcn, II, p
?. Allycineine deutsclie Lli(J!/rapiiie,iirt.\yai,gr\cr (Johann-Martin), XL,p.518.
4. On trouve ces nutts dans le dernier fragment sur l'art écrit par Overbeck (Howitt, op.cii.Al,]). 350). Cf. Il, p. 345 : Overbeck n'admet pas qu'on le (lualifie d'exclusif {riiiseilif/) pour s'être consacré uniquement à la ' peinture religieuse.
4. Howitt, op. rit.. II, p. 121 : << Elever nos artistes à l'école de l'antique, c'est faire comme ceux qui, dit l'Evangile, veulent récolter des raisins dans les épines. »
5. Howitt, op. rit.. II. p. 08. — Cf. II, p. 120: « Nous restons si loin derrière les anciens, parce que nous oscillons entre deux buts, incertains si nous servirons Dieu ou Baal. »
les dieux d'autan, qui n'avaient cessé d'être propriétaires de l'Olympe que pour devenir locataires des ateliers de peintres, devaient recevoir leur congé. La technique des anciens, elle, méritait peut-être plus de respect: on en pouvait tirer profit, « ainsi que firent les enfants d'Israël lorsqu'ils dérobèrent à l'Egypte les vases précieux pour les affecter au service du vrai Dieu ^ » ; mais l'emploi du nu dans l'art devait être proscrit ; et, comme desimpies dieux de l'Olympe, les modèles, à leur tour, étaient mis à la porte des ateliers -. Le vide, ainsi, semblait s'y faire ; mais qu'importaient ces émigrations successives, puisqu'il restait, dans ces laboratoires du beau, ainsi transformés en cellules désertes , quelques âmes d'artistes, et puisque l'art nouveau devait être l'émanation de ces âmes et le resplendissement de leur propre sainteté ^ ? En vain le sénateur
1. Ilowitt, op. cit., Il, p. G8: ces mots sont tirés du commentaire écrit par Ovcrbock, en 1840, pour le tableau le Triomphe de la Religion. — Mèuic idée (Howitt, op. cit., II, p. 344), dans une lettre adressée par Overbeck, en 1860, à Téditeur du Dictionnaire de la Conversation.
2. Sur la haine d'Overbeck pour l'étude cadavérique et pour l'observation du modèle féminin, voir Howitt. op. cit., I, p. 72, et Spahn, Philipp Veit, p. 30. — Schadow, fondateur de l'école de Dusseldorf, ne partageait pas cette haine du nu : « C'est là une erreur, écrivait-il, connue si l'esprit du christianisme prohibait la représentation du nu. Le plus haut objet du christianisme, c'est le Christ nu sur la croix. " {Ueber den Einfluss des Christenthums au f die bildendc Kunst : Yorlesunij gehalten. am 30 septemher 1842 vor der General Versammlung des Congrès scientifiguc zu Strasslmrg, p. 5, Dusseldorf, Buddeus, 1842). Cf. Finko, Karl Mullcr, p. 36-38 (Cologne,- Bachem). — Le pieux Steinle lui-même estimera, plus lard, qu'Overbecto. n'eût pas dû tant négliger la nature {Edward v. Sleinle's IJriefwecItsel, II, ]). 44. Fribourg, Herder, 1897).
3. Howitt, op. cit., II, p. 117: « Le but de l'art chrétien est de donner gloire à Dieu moyeiuiant la sanctification des âmes. » — II, p. 343-3'i.k lettre au prince Maximilien de Bavière :« Les œuvres d'art chrétien doivent être conçues dans un saint enthousiasme ; seule, une àme enllammée peut enflammer et élever en haut d'autres âmes ; et c'est le but de l'art chrétien. » — Cf. II, }). 375 et suiv., la page d'Overbeck sur les vierges sages symbole de l'art.
Overbeck avertissait-il son fils de « peindre de la chair ^ ». Frédéric était une âme qui voulait, avec le pinceau, incarner aussi immatériellement que possible les âmes du paradis. Enfin la vie même des artistes devait changer : le vieil homme, en eux, était indigne de manier la palette ; il fallait qu'un homme nouveau se créât, et que cet homme nouveau, dans la lutte interne et quotidienne contre les puissances du Mal, fut sans cesse vainqueur : à ce prix, il demeurerait artiste, et d'autant plus vraiment artiste que plus profondément pieux-. Et si, de pieux, il pouvait devenir saint ; de converti, apôtre, et d 'apôtre, thaumaturge, quelles merveilles d'art, alors, ne pourrait-il enfanter? Un pâtre, du nom de Guillaume Achtermann, s'en fut àRome, sur le tard, pourmanier l'ébauchoir ; il y fit des conversions, puis fut réputé, même, faire des miracles^: comment la Descente de Croix dont il orna la cathédrale de Munster ne serait-elle pas un miracle d'expression ? Aussi Dorothée Schlegel tenait-elle, avant l'heure, le langage d'une a Nazaréenne », lorsque, le 11 février 1809, elle écrivait à son hls le peintre Jonas Veit, pour accélérer sa conversion : « 11 n'y a pas d'art de peindre, si l'on ne connaît pas le christianisme ; et tu ne peux pas espérer faire des progrès dans quelque autre voie. Pour
i. Howitt, op. cil., I, p. 2r)8.
2. '< Quelle idée se faisait-on naguère d'un artiste ! écrivait Bœhnier en 1819. C'était quelqu'un qui ne savait pas tenir son intérieur, qui avait une vie folle. Qu'ils sont autres, ces artistes allemands ! Tranquilles, de bonnes mœurs, pleins de savoir, sérieux en leurs aspirations. » (Janssen, liohmer'ft Lehen und Briefe, II, p. 35.)
3. Gurlitt, Die deulsche Kunst des neunzehnten Jahrhunderts, p. 289-291 (Berlin, Bondi, 1900).
celui qui ne croit pas, n'espère pas, n'aime pas, la nature est un désert où il ne voit que luimt^me, et l'art, en conséquence, n'est aussi qu'un vain miroir de son orgueilleuse imagination'. » « Seule, la prière ininterrompue du cœur, disait Overbeck, est capable de maintenir l'enthousiasme de l'artiste; seule, une vie réglée, pure, irréprochable, lui donne cette paix de l'esprit et du cœur, absolument nécessaire pour produire des œuvres vraiment pures ^. » Ainsi l'art devenait une méditation, une mystique jouissance succédant à de mystiques renoncements, et les couronnant. Il ne cherchait plus à traduire ni à susciter des sensations ; il aspirait à ne plus compter avec la matière, avec cotte matière môme dont pourtant il avait besoin. Arrière donc, et pour toujours, ces artistes luxuriants et luxurieux, qui courtisaient l'opulence ou les morbidesses de la chair 3 î « Art chrétien, expliquait Overbeck, ne
1. Raich, Doro/liea Schlefjel, l, p. 327. — Et définissant à Jonas et à Philippe, peu de temps après, la morale du christianisme, elle leur disait: « Ne pas chercher sa propre utilité ou son propre plaisir, et espérer, souffrir, mourir, pour ce qui est juste et saint: c'est la morale du christianisme. » (I, p. .34.').) — Non seulement pour être artiste, mais pour être connaisseur d'art, il faut, au dire de Dorothée, être chrétien ; elle écrit de Vienne aux deux Veit, le 2ô novembre ISOS: « Plus fréqueninuiiit vous lirez la Bible et les récits sacrés, plus profondément vous reconnaîtrez, dans les vieilles peintures, l'intention des artistes. » (I, p. 312.) Et, le 30 mars 1811, elle écrit à son tils Jouas, devenu depuis son bajjtème « Jean » Veit, qui à Venise admirait les Bellini : « Ton idée que les tableaux d'autel à Venise t'ont i)aru vouloir expliciuer les mystères du christianisme, me plait beaucoup : ceitainement c'était aussi la pensée des vieux artistes dans leurs tableaux sacrés, et l'on ne jieut ti'aiter ces ouvrages de réussis qu'autant (juils remplissent réellement cet objet. Mais ils n'expliqueront pas le mystère du christianisme à quehiu'nu qui n'est pas croyant avec humilité et obéissance. " (II. p. l'.l.)
2. Howitt, o/j. cit., I, i>. 182: c'est en I8ll (iuOver])eck écrit ces imits dans son journal.
3. Cf. Raich, Durothea Sc/ilcf/el, II, p. 30, une lettre de Jean Veit. du 7 juin 1811, critiquant la thèse de l'origine sensualiste de l'art. On dirait
veut rien dire autre chose que l'expression pleine et appropriée, par les formes, les couleurs ou les tons, d'une foi vivante, dont l'artiste doit être rempli ; et le but de l'art chrétien ne peut être que d'éveiller ou d'entretenir cette foi chez d'autres, ou de gagner des cœurs à la vérité par la beauté ^ »
Une oraison au point de départ, une apologétique au point d'arrivée ; ainsi se résumait cette conception nouvelle. Tandis que la littérature du romantisme ne cherchait souvent dans le christianisme qu'une satisfaction esthétique -, l'art devenait « une harpe de David, sur laquelle Overbeck voulait chaque jour entonner des psaumes à la louange du Seigneur-^». Goethe, en 1814, saluait avec quelque bienveillance cet etfort des Nazaréens'*; et puis il les traita de « bigots », de
(lii'Henri Heino vent, par des iTfloxions invorsos, apporter dt^s arf,niineiits à la thèse des Nazaréens lorsqu'il écrit : « La chair florissante qui brille sur les tableaux du Titien n'est que le protestantisme, et les reins de ses Vénus sont des thèses plus concluantes que celles qui furent affichées par le hardi moine allemand sur la porte de l'église de Wittenberg. » [De. l'Alkmaf/ne. I, p. 201.)