Esch, op. cit., p
2o8 PENSÉE CATHOLIQUE ET PENSÉE ALLEMANDE
les Kaunitz et les Pombal, les Tannucci et les Du Tiilot, grands et petits ministres du despotisme réformateur, eussent été importunés par le spectacle de cet homme d'Etat qui, tout ensemble, tenait compte des exigences de \ Aufklàrung et provoquait l'épanouissement de toutes les formes de vie chrétienne.
Ministre de l'évêquede Munster à partir de 1762, et puis, à partir de 1780, exclusivement préposé à l'instruction publique^, il fit de cette terre d'Eglise un centre typique d'institutions scolaires. Au sens oii Napoléon créa T Université de France, on peut dire que Fûrstenberg organisa, dans le diocèse de Munster, une sorte d'Institut national d'éducation, dans lequel les divers degrés de l'enseignement, primaire, secondaire, supérieur, étaient rattachés entre eux par un lien très étroit, comme les parties d'un même corps-. Il avait commencé par l'enseignemeut secondaire, et c'était — chose curieuse — la lecture même de son programme de réformes, publié en 1776% qui avait jadis attiré la princesse Gallitzin à Munster, pour l'éducation de ses enfants. Survenue comme une disciple, elle s'était transformée en collaboratrice'', courant l'Allemagne en poste avec Ffirstenberg pour observer les nouveautés scolaires, et s'en allant jusqu'à